

La directrice générale d’Ark Invest, Cathie Wood, avance que le Bitcoin est en train de supplanter l’or comme véhicule d’investissement privilégié, à mesure que le métal précieux traditionnel perd de son attrait auprès des investisseurs contemporains. Cette analyse intervient alors que l’univers de l’investissement connaît une mutation profonde et que les actifs numériques s’imposent progressivement dans le paysage financier mondial.
Dans une présentation vidéo approfondie publiée par Ark Invest, Wood démontre, à partir d’analyses de données exhaustives, que les matières premières n’ont pas constitué, sur plusieurs décennies, une couverture fiable contre l’inflation. Ses travaux mettent en lumière la stagnation, voire le repli, des prix réels des matières premières depuis le début des années 1980, une fois ceux-ci corrigés de l’inflation.
« Nous observons ces dernières années des tendances similaires à celles constatées au début des années 1980 », explique Wood, citant le Bloomberg Commodity Index. « Si l’on examine ces chiffres bruts, la faiblesse relative des prix des matières premières apparaît encore plus marquée. Corrigés de l’inflation, leur valorisation serait nettement inférieure. »
Cette analyse offre un éclairage essentiel sur l’évolution des stratégies des investisseurs, qui cherchent désormais à diversifier leurs réserves de valeur au-delà des matières premières classiques, le Bitcoin s’imposant comme une alternative majeure dans ce nouveau paradigme d’investissement.
L’écart de performance historique entre le Bitcoin et l’or met en évidence une divergence significative des rendements sur la dernière décennie. En janvier 1981, l’or se négociait autour de 555 $ l’once ; bien qu’il ait surpassé de nombreuses autres matières premières dans les décennies suivantes, sa progression demeure modérée. Le métal précieux a atteint environ 1 800 $ en 2011, et plus de dix ans plus tard, sa valorisation progresse peu, illustrant les limites inhérentes aux placements dans les matières premières traditionnelles.
À l’opposé, le parcours du Bitcoin s’est révélé exceptionnel. Depuis ses premières cotations en 2011, le Bitcoin a enregistré une croissance exponentielle, surclassant l’or sur pratiquement toutes les périodes de référence. Cette performance remarquable s’est produite malgré l’ancienneté millénaire de l’or comme valeur refuge, alors que le Bitcoin n’existe que depuis peu.
Wood rappelle que l’architecture décentralisée du Bitcoin et son plafond fixé à 21 millions d’unités en font, du point de vue de la rareté, un équivalent fondamental de l’or, au point d’être qualifié par de nombreux analystes « d’or numérique ». Mais le Bitcoin bénéficie d’atouts supplémentaires : meilleure divisibilité, portabilité accrue et authentification simplifiée.
Un exemple marquant du statut émergent du Bitcoin comme valeur refuge est survenu lors de la crise bancaire américaine de mars 2023. « Le Bitcoin a bondi d’environ 40 %, alors que le KRE – l’indice des banques régionales – chutait lourdement », observe Wood, évoquant cette crise qui a affecté de nombreux établissements financiers liés à la crypto. Si l’or a lui aussi progressé dans ce contexte d’incertitude, ses gains sont restés bien plus modestes que ceux du Bitcoin, ce qui tend à confirmer que les investisseurs voient de plus en plus dans le Bitcoin une couverture supérieure en période de tensions financières systémiques.
Cette différence de performance en période de crise traduit un basculement profond dans la perception des investisseurs : les actifs numériques commencent à remplir le rôle de valeur refuge autrefois réservé aux métaux précieux.
L’arrivée des ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis en janvier 2024 a constitué une étape décisive pour l’adoption des cryptomonnaies, offrant de nouveaux enseignements sur le comportement des investisseurs et la dynamique des marchés. Après le lancement de plusieurs ETF au comptant, le Bitcoin a connu un repli passager face à l’or, un mouvement que Wood attribue à la mécanique classique du « vendre la nouvelle ».
Ce phénomène survient lorsque les spéculateurs accumulent un actif dans l’attente d’un événement positif, puis prennent leurs bénéfices dès que celui-ci se réalise. Mais cette phase de faiblesse s’est avérée brève, le cours du Bitcoin retrouvant rapidement ses niveaux antérieurs au lancement, ce qui témoigne de la vigueur sous-jacente de la demande.
Wood établit un parallèle avec l’histoire des ETF sur l’or : lors du lancement du premier ETF or en 2004, la performance du métal précieux avait d’abord été modérée avant de connaître huit ans de hausse spectaculaire, le prix passant d’environ 400 $ à 1 800 $ l’once. Ce précédent suggère que la dynamique de croissance du Bitcoin, portée par les ETF, ne fait que débuter.
Un indicateur clé de la confiance des investisseurs de long terme dans le Bitcoin s’observe à travers les analyses blockchain. Les données on-chain révèlent qu’environ 15 millions de BTC, sur les 19,5 millions en circulation, sont conservés par des « mains fortes » — c’est-à-dire des Bitcoins n’ayant pas bougé sur la blockchain depuis au moins 155 jours. Ce constat montre que la majorité des détenteurs sont des investisseurs de long terme, non des spéculateurs à court terme, ce qui constitue une base solide pour une appréciation future.
« Le narratif du Bitcoin comme valeur refuge ou valeur de qualité s’impose à nouveau sur les marchés », déclare Wood. « On observe un effet de substitution manifeste : les investisseurs arbitrent les actifs refuges traditionnels au profit du Bitcoin. Nous pensons que cette tendance va s’accélérer, désormais que l’accès au Bitcoin via des ETF régulés est nettement plus simple et sans friction. »
Ark Invest fait partie des neuf sociétés de gestion ayant lancé avec succès des ETF Bitcoin au comptant le 11 janvier 2024. L’ETF ARK 21Shares Bitcoin, après une première journée sans flux nets post-lancement, a rapidement renoué avec des souscriptions positives. Le fonds a accumulé des encours importants, preuve de l’intérêt institutionnel et grand public pour une exposition régulée au Bitcoin.
Cette avancée représente une évolution structurelle majeure pour l’adoption du Bitcoin : les ETF lèvent de nombreux obstacles techniques qui freinaient auparavant l’accès des investisseurs traditionnels à la crypto. Leur disponibilité via des comptes de courtage classiques permet à des millions d’investisseurs d’intégrer le Bitcoin dans leurs portefeuilles aux côtés d’actifs conventionnels, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’adoption et de valorisation de l’actif.
Le Bitcoin présente un potentiel de croissance nettement supérieur à celui d’un or arrivé à maturité. En tant que classe d’actifs émergente, il offre des perspectives d’appréciation élevées, soutenues par une adoption mondiale rapide, ce qui en fait un choix attrayant pour diversifier un portefeuille.
L’or est une valeur stable et éprouvée, forte d’une longue résilience historique. Le Bitcoin, lui, combine fort potentiel de croissance et volatilité plus marquée. L’or assure sécurité et préservation, tandis que le Bitcoin conjugue innovation numérique et nouvelles opportunités de marché pour les investisseurs contemporains.
Cathie Wood estime que le Bitcoin prend la place de l’or comme réserve de valeur, car il offre une portabilité, une divisibilité et une rareté supérieures. Le Bitcoin s’affirme comme un actif de couverture numérique, avec des coûts de transaction réduits et une accessibilité élargie par rapport à l’or physique, ce qui le rend plus adapté aux investisseurs modernes cherchant à préserver leur capital.
Le Bitcoin présente une volatilité bien supérieure à celle de l’or, avec des variations de prix marquées. Il existe également des incertitudes réglementaires et des risques liés à la maturité du marché. Toutefois, le Bitcoin offre un potentiel d’appréciation à long terme supérieur et constitue une couverture moderne contre l’inflation pour les investisseurs tournés vers l’avenir.
Avantages du Bitcoin : fort potentiel de croissance, décentralisation, rareté programmable, transferts aisés. Inconvénients : volatilité extrême, historique limité, absence de sous-jacent physique. Avantages de l’or : valeur stable, historique éprouvé, actif tangible. Inconvénients : croissance limitée, coûts de stockage, liquidité réduite dans les transactions.











