
Les marchés des cryptomonnaies ont subi leur plus forte baisse mensuelle depuis février, avec des volumes d’échange en chute libre à 1,59 trillion de dollars et des ETF Bitcoin enregistrant des sorties nettes de 3,48 milliards de dollars. Ce recul brutal s’explique principalement par les spéculations autour d’une possible hausse des taux par la Banque du Japon, qui a ravivé les craintes d’un débouclage massif du carry trade sur le yen.
Ce repli généralisé s’est accentué lorsque le Bitcoin a franchi à la baisse le seuil des 86 000 dollars, provoquant la liquidation de plus de 600 millions de dollars de positions avec effet de levier. Cette chute soudaine a prolongé les pertes initiées plusieurs semaines auparavant, alors que la principale cryptomonnaie mondiale avait déjà décroché depuis son sommet historique à 126 251 dollars. La dynamique de prix ainsi créée a propagé son effet à l’ensemble de l’écosystème crypto, impactant aussi bien investisseurs particuliers qu’institutionnels.
L’activité de trading sur les plateformes centralisées a diminué de 26,7% par rapport aux 2,17 trillions de dollars du mois précédent, atteignant son plus bas niveau depuis les 1,14 trillion observés en juin. Ce net repli des volumes traduit une attitude généralisée de prudence chez les acteurs du marché, sur fond d’incertitude macroéconomique et de préoccupations réglementaires qui pèsent sur la confiance des investisseurs.
Un acteur majeur du secteur a conservé sa position de leader, malgré un volume mensuel tombé à 599,34 milliards de dollars, en forte baisse par rapport aux 810,44 milliards du mois précédent. D’autres plateformes de référence ont affiché des baisses similaires, avec des volumes s’étendant de 93,41 à 105,8 milliards de dollars selon les places. Ce recul homogène sur l’ensemble des principaux acteurs atteste d’une contraction systémique du marché, plutôt que d’un déplacement des parts de marché.
Les volumes sur les plateformes d’échange décentralisées (DEX) ont reflété le repli global du marché, s’établissant à 397,78 milliards de dollars contre 568,43 milliards le mois précédent, soit le plus bas niveau mensuel depuis juin. La baisse de l’activité DEX s’est révélée particulièrement marquée, indiquant que ces plateformes ont été affectées de façon disproportionnée par la correction.
La plateforme DEX leader, Uniswap, a enregistré un volume mensuel de 79,98 milliards de dollars, en recul par rapport aux 123,88 milliards du mois antérieur. PancakeSwap affiche 70,57 milliards de dollars, contre 102,02 milliards précédemment. Ces chutes marquées soulignent les difficultés auxquelles sont confrontées les plateformes de Finance décentralisée (DeFi) lors des périodes de tension, les utilisateurs se tournant alors vers les plateformes centralisées à la recherche de liquidité accrue et d’un sentiment de sécurité renforcé.
Le ratio de volume DEX/CEX est tombé à 15,73% contre 17,56% le mois précédent, ce qui confirme une tendance continue vers les plateformes centralisées alors que les conditions de marché se détériorent. Cette évolution montre qu’en période de volatilité et d’incertitude accrues, les traders préfèrent la profondeur de liquidité et la rapidité d’exécution propres aux plateformes centralisées.
Les mouvements du Bitcoin ont rythmé la volatilité sur la période, la cryptomonnaie passant d’environ 110 000 dollars en début de mois à un plancher proche de 81 000 dollars avant une légère reprise. Cette baisse spectaculaire de 26% en un mois constitue l’une des corrections les plus marquantes de l’histoire récente du marché crypto, révélant combien l’actif reste exposé à des variations rapides de valorisation.
Au cours d’une séance asiatique particulièrement agitée, le Bitcoin a chuté de 6% à 85 616 dollars, portant la baisse totale depuis le sommet précédent à 32%. Ce mouvement a déclenché des liquidations massives : 564,3 millions de dollars sur les positions longues, dont 188,5 millions pour le Bitcoin et 139,6 millions pour Ethereum. Sur l’ensemble des positions longues et courtes, les liquidations ont dépassé 641 millions de dollars, illustrant le recours important à l’effet de levier et l’effet de chaîne provoqué par les fluctuations rapides des prix.
Les spéculations grandissantes sur une hausse des taux en décembre par la Banque du Japon (BOJ) sont devenues le principal moteur du krach. La stratégie du carry trade, qui consiste à emprunter du yen à taux bas pour investir dans des actifs à rendement supérieur comme les cryptomonnaies, a subi une pression intense de débouclage à mesure que les attentes de hausse des taux japonais se renforçaient.
Les acteurs du marché des prédictions estiment désormais à 52% la probabilité d’une hausse de 25 points de base lors de la prochaine réunion de la BOJ, tandis que les investisseurs obligataires la jugent encore plus probable à 76%. Cette différence d’appréciation traduit l’incertitude persistante sur la politique de la banque centrale et sur l’impact potentiel de tout ajustement de taux.
Les taux des obligations d’État japonaises à deux ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 2008, tandis que l’appréciation du yen a ravivé les inquiétudes quant à la liquidation des positions massives de carry trade accumulées pendant des années de taux ultra-bas. La hausse du yen alourdit le coût du maintien des positions empruntées, contraignant de nombreux investisseurs à vendre leurs actifs crypto pour rembourser leurs prêts en yen.
L’augmentation des taux de base au Japon, associée à la fermeté du yen, entraîne l’obligation de déboucler les positions de carry trade, conduisant à la vente d’actifs risqués. Ce phénomène rappelle le scénario d’août de l’an dernier, où une hausse surprise des taux par la BOJ avait provoqué une chute de 20% du Bitcoin à 49 000 dollars et 1,7 milliard de liquidations. Ce précédent alimente les inquiétudes actuelles face à d’éventuels changements de politique.
Selon un récent sondage économique, 53% des économistes anticipent une hausse des taux à court terme, principalement en raison du risque d’inflation importée et de la réduction de la pression politique pour maintenir une politique accommodante. Cette évolution du consensus traduit une prise de conscience croissante que la BOJ pourrait devoir normaliser sa politique, même au risque de perturbations de marché, face à la montée de l’inflation et aux préoccupations sur la dépréciation monétaire.
Les ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis ont enregistré leur plus forte sortie mensuelle depuis février, avec 3,48 milliards de dollars de retraits nets, effaçant entièrement les entrées de 3,42 milliards du mois précédent. Ce revirement marqué des flux d’ETF traduit une nette évolution du sentiment des investisseurs institutionnels, les préoccupations sur l’évolution des prix à court terme et les vents contraires macroéconomiques ayant provoqué de nombreux rachats.
L’ETF Bitcoin d’un grand gestionnaire d’actifs a mené la tendance avec 2,34 milliards de dollars de sorties mensuelles, dont un record de 523 millions retirés en une seule journée. Malgré ces retraits massifs, le flux net cumulé des fonds Bitcoin américains demeure élevé, à 57,71 milliards de dollars en fin de période, avec 119,4 milliards d’actifs nets représentant 6,56% de la capitalisation totale du Bitcoin. Cela montre que, malgré les flux récemment négatifs, la tendance d’adoption institutionnelle reste forte.
Les ETF Ethereum au comptant ont également enregistré leur plus forte sortie mensuelle historique, à 1,42 milliard de dollars, reflétant des inquiétudes similaires sur la performance future des prix et le contexte de marché. À l’inverse, les nouveaux ETF sur les altcoins font exception, les ETF XRP affichant des entrées cumulées de 666 millions de dollars. Cette divergence indique que certains investisseurs se repositionnent sur des cryptomonnaies alternatives jugées plus prometteuses.
D’autres vents contraires sont apparus après l’annonce par un grand détenteur corporatif de Bitcoin qu’il pourrait vendre ses avoirs si son ratio de valeur nette modifiée (mNAV) devenait négatif. Le mNAV de la société est tombé à 1,19 depuis son important stock de Bitcoin, soulevant des craintes de ventes forcées susceptibles d’amplifier la pression sur les prix. Cette situation met en avant les risques inhérents aux stratégies d’accumulation de Bitcoin à effet de levier et la possibilité d’une pression vendeuse additionnelle si le marché continue de se dégrader.
Le volume de marché a baissé sous l’effet d’un sentiment plus négatif des investisseurs, des pressions réglementaires, de vents contraires macroéconomiques et de prises de bénéfices après les précédents rallyes. La baisse de la participation institutionnelle et la prudence accrue des acteurs du marché ont également contribué au recul de l’activité sur les principaux actifs crypto.
Les sorties de 3,5 milliards de dollars des ETF crypto sont imputables à la détérioration du sentiment de marché, à la diminution du volume de transactions à 1,6 trillion de dollars et à l’aversion au risque des investisseurs dans un contexte général de volatilité et d’incertitude sur le secteur.
La baisse du marché s’explique par des vents contraires macroéconomiques, une demande institutionnelle en retrait et des prises de bénéfices après les derniers rallyes. Les sorties d’ETF traduisent la prudence des investisseurs face à la hausse des taux et aux incertitudes géopolitiques qui affectent les actifs risqués.
Des volumes faibles et des sorties d’ETF exercent généralement une pression baissière sur les prix en réduisant la liquidité et la confiance des investisseurs. Un volume élevé favorise les tendances haussières, tandis que les sorties de fonds signalent un affaiblissement de la demande. Ces facteurs alimentent la dynamique baissière lors des corrections de marché.
En période de repli, diversifiez votre portefeuille, adoptez une stratégie à long terme, privilégiez l’investissement progressif (dollar-cost averaging), sécurisez vos actifs dans des portefeuilles froids et procédez à une analyse approfondie avant d’investir. Les projets solides tendent à rebondir et offrent des opportunités d’achat lors des marchés baissiers.
Il s’agit d’une correction cyclique au sein d’un marché haussier global. Les tendances historiques indiquent un potentiel de reprise marqué en 2026. Les fondamentaux du marché restent solides, avec une adoption institutionnelle dynamique, ce qui suggère une consolidation à court terme plutôt qu’un retournement baissier durable.











