
Les virus de cryptominage désignent des logiciels malveillants qui s’infiltrent discrètement dans les ordinateurs, smartphones ou autres appareils numériques. Leur objectif est d’exploiter la puissance de calcul de l’appareil infecté afin de miner des cryptomonnaies, produisant ainsi des coins numériques pour le compte des attaquants.
Ce type de malware transforme l’appareil en une « ferme de minage » au service de cybercriminels. Les revenus générés par le minage profitent exclusivement aux auteurs, jamais au propriétaire de l’appareil. Les victimes subissent uniquement les conséquences : performances ralenties, composants en surchauffe, consommation électrique accrue.
La mission centrale d’un virus de cryptominage consiste à lancer un processus de minage invisible qui résout en continu des calculs complexes pour générer de nouveaux blocs de cryptomonnaies. Le virus fonctionne en arrière-plan, cherchant à rester indétectable le plus longtemps possible. Cette activité sollicite fortement le CPU et le GPU, entraînant des ralentissements et une surchauffe perceptible.
Une utilisation prolongée sous forte charge accélère l’usure des composants. Processeurs et cartes graphiques peuvent tomber en panne prématurément, ce qui implique des réparations ou remplacements coûteux. Les frais d’électricité augmentent également de manière significative, puisque l’appareil fonctionne à pleine puissance en continu.
Les cybercriminels, principalement des groupes de hackers organisés, développent et diffusent des virus de cryptominage pour générer des profits illicites. Ces attaques sont désignées sous le terme cryptojacking (cryptojacking), c’est-à-dire l’utilisation non autorisée des ressources informatiques d’autrui à des fins de minage de cryptomonnaies.
Ce type de cybercriminalité s’est largement développé à la fin des années 2010, période marquée par une forte hausse des cryptomonnaies, en particulier Bitcoin et d’autres coins numériques. Les attaquants ont vu l’occasion de profiter de la puissance de calcul d’autrui plutôt que d’investir dans du matériel coûteux.
Les virus de cryptominage présentent plusieurs avantages pour les cybercriminels. D’abord, ils opèrent de façon discrète, si bien que les victimes peuvent rester ignorantes pendant longtemps. Les appareils infectés peuvent ralentir ou surchauffer, mais de nombreux utilisateurs attribuent ces symptômes à l’usure du matériel ou à des problèmes logiciels.
Ensuite, contrairement aux ransomwares ou chevaux de Troie voleurs de données, les mineurs n’entraînent pas de perturbations visibles. Ils ne bloquent pas l’accès aux fichiers ni ne dérobent de données personnelles, ce qui réduit le risque de détection rapide et de suppression.
Enfin, la création et la diffusion de mineurs nécessitent peu de compétences techniques : des solutions prêtes à l’emploi et des services de malware personnalisés sont disponibles sur le darknet.
Les virus de cryptominage peuvent infecter les appareils par de nombreux vecteurs. Comprendre ces méthodes d’attaque aide à mieux s’en prémunir.
Téléchargement de logiciels infectés : il s’agit d’une méthode très fréquente. Les mineurs se cachent sous forme de programmes piratés, activateurs Windows, cracks de jeux ou autres applications populaires. Les utilisateurs qui téléchargent ces fichiers via des torrents ou des sites non fiables installent le virus en même temps que le logiciel recherché.
Par l’intermédiaire de virus dropper : petits malwares qui s’installent d’abord, puis téléchargent et installent le mineur. Les droppers peuvent être intégrés à différents fichiers ou exploiter des failles système.
Par e-mail et phishing : les attaquants envoient des e-mails contenant des pièces jointes infectées ou des liens vers des sites de phishing. Lorsque l’utilisateur ouvre la pièce jointe ou clique sur le lien, le mineur est téléchargé sur l’appareil.
Exploits et vers réseau : certains mineurs se propagent automatiquement en exploitant les failles des systèmes d’exploitation ou applications installées. Ils peuvent repérer et infecter seuls des appareils vulnérables sur un réseau, sans intervention de l’utilisateur.
Via des scripts de navigateur : ici, le minage se fait directement dans le navigateur lors de la visite de sites spécifiques. Du code JavaScript malveillant exploite les ressources de l’ordinateur pendant la navigation. Cette méthode ne nécessite pas l’installation d’un logiciel, mais ne fonctionne que lorsque le navigateur est ouvert.
Oui, les appareils mobiles sont également exposés aux virus de cryptominage. Il existe des malwares de minage pour Android, et de nombreux cas ont été recensés où des mineurs dissimulés étaient intégrés à des applications mobiles, certaines ayant même été publiées sur le Google Play Store officiel.
Les mineurs mobiles sont généralement moins efficaces que ceux sur PC, en raison de la puissance limitée des smartphones, mais ils restent dangereux : batterie qui se décharge rapidement, surchauffe, et risque de panne matérielle. Une surchauffe de batteries lithium-ion peut aussi présenter un danger réel.
Ces dernières années, les spécialistes en cybersécurité ont identifié de nombreux virus de cryptominage. Voici quelques-uns des plus connus et les plus dangereux :
CoinMiner : désigne de nombreux chevaux de Troie de minage ciblant différentes cryptomonnaies. Ces virus se propagent souvent via des fichiers infectés et des exploits.
XMRig : initialement un outil de minage légitime pour Monero. Grâce à son efficacité et à sa licence open source, XMRig est fréquemment détourné par des cybercriminels pour du minage non autorisé sur les systèmes des victimes.
WannaMine : mineur auto-propagé exploitant des failles Windows pour infecter automatiquement d’autres ordinateurs sur le réseau. Ce virus représente un risque particulier pour les réseaux d’entreprise, où il peut se répandre très rapidement.
HiddenMiner : mineur mobile conçu pour Android. Il s’intègre à des applications populaires et fonctionne en arrière-plan, provoquant surchauffe et décharge rapide de la batterie.
Smominru : l’un des plus vastes botnets de minage jamais découverts, ayant infecté plus de 500 000 serveurs et ordinateurs dans le monde. L’ampleur de ce botnet a généré d’importants revenus pour ses opérateurs.
Les revenus liés à la diffusion de virus de cryptominage peuvent être considérables. Selon des recherches en cybersécurité :
En 2018, environ 5 % de tous les Monero en circulation avaient été minés illégalement via des malwares de cryptominage, soit près de 175 millions de dollars. Ces chiffres montrent l’ampleur et l’attrait de cette forme de cybercriminalité.
Au second semestre 2017, les cybercriminels ont encaissé plus de 7 millions de dollars grâce aux mineurs malveillants, une période marquée par une activité intense liée à l’explosion des prix des cryptos.
De grands botnets composés de milliers d’appareils infectés peuvent générer des centaines de milliers de dollars par mois pour leurs opérateurs. Les coûts de démarrage et de maintenance restent faibles, ce qui fait du cryptominage une activité très lucrative pour les auteurs.
Il est essentiel de rappeler que ces revenus sont générés aux dépens des propriétaires des appareils infectés, qui paient pour la hausse des coûts électriques, les réparations matérielles et la perte de productivité.
Une détection précoce permet de limiter les dégâts sur votre appareil et d’empêcher la propagation du malware.
Baisse des performances : l’ordinateur ralentit, même lors de tâches simples comme la navigation ou l’édition de documents. Les programmes mettent plus de temps à s’ouvrir et le système perd en réactivité.
Surchauffe de l’appareil : si votre PC ou votre portable chauffe alors qu’aucune application exigeante n’est lancée, cela peut indiquer un minage caché. Les ventilateurs deviennent plus rapides et bruyants.
Processus suspects en cours : le Gestionnaire des tâches affiche des processus inconnus ou consommant des ressources CPU ou GPU anormalement élevées.
Utilisation élevée du CPU/GPU en continu : même au repos, sans programme ouvert, l’utilisation CPU ou GPU reste entre 70 % et 100 %. Cela indique probablement un processus de minage en arrière-plan.
Ralentissements et blocages du système : les programmes s’ouvrent beaucoup plus lentement, la lecture vidéo saccade et le système peut se figer par moments.
Décharge rapide de la batterie : pour les appareils mobiles, une batterie qui se vide rapidement est un signal d’alerte classique. Le téléphone chauffe et perd sa charge bien plus vite, même avec une utilisation minimale.
Alertes antivirus : l’antivirus peut signaler des menaces telles que Trojan.Miner, Riskware.Miner ou équivalents, ce qui indique directement la présence d’un mineur.
Trafic réseau accru ou activité suspecte : les mineurs communiquent souvent avec des serveurs distants, ce qui entraîne une augmentation du trafic réseau et des connexions inconnues dans les paramètres réseau.
Si vous observez des signes d’infection par un virus de cryptominage, il est important d’agir rapidement pour stopper l’activité malveillante et limiter les dégâts.
La suppression manuelle nécessite des compétences techniques mais peut être efficace :
Déconnectez l’appareil d’Internet : cela empêche le mineur d’envoyer des données ou d’installer d’autres malwares.
Identifiez et arrêtez les processus suspects : ouvrez le Gestionnaire des tâches (Ctrl+Shift+Esc), vérifiez l’onglet « Processus » et recherchez ceux qui consomment beaucoup de CPU ou GPU ou qui portent un nom inhabituel.
Trouvez l’emplacement du fichier du mineur : faites un clic droit sur le processus suspect et sélectionnez « Ouvrir l’emplacement du fichier » pour localiser l’exécutable du virus.
Supprimez les fichiers du virus : une fois l’emplacement identifié, supprimez le fichier du mineur et tous les fichiers associés dans le même dossier.
Nettoyez les tâches de démarrage et planifiées : vérifiez les éléments de démarrage (via msconfig ou le Gestionnaire des tâches) et le Planificateur de tâches Windows. Supprimez toute entrée suspecte susceptible de relancer le mineur au démarrage.
Redémarrez le PC : redémarrez l’appareil après avoir supprimé les fichiers.
Analysez le système avec un antivirus : lancez une analyse complète pour détecter toute menace résiduelle.
Les outils antivirus spécialisés sont souvent plus sûrs et offrent une meilleure fiabilité :
Dr.Web CureIt! : téléchargez cet outil gratuit sur le site officiel de Dr.Web et effectuez une analyse complète. Une fois les menaces détectées, cliquez sur « Neutraliser » pour les supprimer automatiquement.
Microsoft Defender : antivirus intégré à Windows, présent sur toutes les versions récentes. Ouvrez le Centre de sécurité Windows, accédez à « Protection contre les virus et menaces » et lancez une analyse complète du système.
Autres antivirus gratuits : options telles que Malwarebytes Free (excellente détection de malware), Kaspersky Virus Removal Tool (scanner performant), ESET Online Scanner (sans installation), et Zemana AntiMalware Free (efficace contre les menaces furtives).
Certains virus de cryptominage utilisent des mécanismes d’autoprotection qui compliquent leur suppression :
Analysez en mode sans échec : redémarrez le PC en mode sans échec (généralement via F8 au démarrage) et effectuez des scans antivirus. De nombreuses protections malveillantes sont désactivées en mode sans échec.
Essayez un autre outil : si un outil échoue, utilisez des antivirus différents : chacun possède ses méthodes de détection.
Vérifiez et supprimez les autoruns et tâches du registre : certains mineurs se cachent profondément dans le registre. Utilisez l’utilitaire Autoruns de Microsoft pour identifier tous les éléments de démarrage automatique.
Consultez les forums d’assistance : les forums spécialisés regroupent des experts capables de vous aider face à des menaces persistantes.
Dernier recours : réinstallez le système d’exploitation : si aucune solution ne fonctionne, une réinstallation complète avec formatage du disque éliminera tout virus. N’oubliez pas de sauvegarder vos données importantes au préalable.
La prévention reste beaucoup plus simple et moins coûteuse que la réparation d’une infection. Suivez ces recommandations pour sécuriser votre appareil :
Installez un antivirus fiable et maintenez-le actif : un antivirus à jour détecte et bloque la majorité des mineurs connus dès leur apparition. Ne désactivez jamais la protection, même temporairement.
Mettez à jour votre système et vos logiciels : installez toutes les mises à jour de sécurité pour Windows et vos applications. De nombreux virus exploitent des failles déjà corrigées par les mises à jour.
Évitez de télécharger des logiciels depuis des sources non fiables : privilégiez les sites officiels des développeurs. Évitez torrents, plateformes de partage et sites douteux proposant des versions « gratuites » de logiciels payants.
Faites preuve de vigilance avec les e-mails et liens : n’ouvrez pas de pièces jointes provenant d’expéditeurs inconnus. Vérifiez les liens avant de cliquer, et soyez particulièrement prudent face aux messages urgents ou offres alléchantes.
Utilisez des bloqueurs de pub et de scripts dans le navigateur : installez des extensions telles que uBlock Origin ou NoScript pour bloquer les scripts et publicités dangereuses, protégeant contre les mineurs dans le navigateur et autres menaces en ligne.
Surveillez l’état de votre appareil : contrôlez régulièrement le Gestionnaire des tâches pour détecter des processus suspects ou une utilisation excessive des ressources. Soyez attentif aux ralentissements, surchauffe, ou ventilateurs plus bruyants.
Sauvegardez vos données importantes : des sauvegardes régulières vous permettront de restaurer vos données en cas d’infection grave nécessitant une réinstallation du système.
Utilisez un compte utilisateur limité : réalisez vos tâches quotidiennes avec un compte non-administrateur pour limiter la capacité du malware à modifier les paramètres système.
Les virus de cryptominage sont des logiciels malveillants qui exploitent la puissance de calcul de votre appareil pour miner des cryptomonnaies sans votre consentement. Ils sont installés et exécutés discrètement, consomment de l’électricité et ralentissent le système.
Les signes fréquents incluent : carte graphique en surchauffe avec ventilateur bruyant, ralentissement marqué du système, usage élevé de la mémoire et du processeur, processus inconnus dans le Gestionnaire des tâches, et hausse de la facture électrique.
Les virus de cryptominage dégradent les performances du système, provoquent la surchauffe et accélèrent l’usure des composants. Ils sollicitent fortement CPU et GPU en arrière-plan, diminuant l’efficacité et la durée de vie du matériel.
Arrêtez les processus suspects via le Gestionnaire des tâches, désactivez les services suspects, utilisez des outils de suppression spécialisés (Malwarebytes, AdwCleaner), lancez une analyse antivirus complète et réinstallez le système si nécessaire.
Kaspersky, Bitdefender Free et Avast/AVG Free détectent et éliminent efficacement les malwares de cryptominage. Ces solutions disposent de fonctions de détection avancées et de bases de données régulièrement mises à jour pour une protection optimale.
Utilisez un antivirus et un pare-feu à jour, mettez régulièrement à jour votre système et vos applications, évitez les téléchargements sur des sites non fiables et ne cliquez pas sur des e-mails ou liens suspects. Surveillez l’utilisation du CPU et du GPU, installez des extensions de blocage de scripts dans le navigateur et vérifiez régulièrement les processus du système.
Les virus de cryptominage exploitent les ressources de votre PC pour miner des cryptomonnaies, ce qui ralentit les performances. Les ransomwares chiffrent vos données puis réclament une rançon pour les restaurer. Les mineurs volent la puissance de calcul ; les ransomwares bloquent l’accès à vos informations.
Les performances peuvent baisser de 30 à 70 % à cause de l’utilisation intensive du CPU et de la mémoire par le mineur. Les infections prolongées entraînent aussi l’usure du disque dur et la dégradation du système de fichiers, ralentissant davantage l’appareil.











