

Lors de Devconnect Argentina, Xiaowei Wang, co-directrice exécutive de l'Ethereum Foundation, a prononcé un discours intitulé « Ethereum est une échelle », présentant la prochaine phase « Fusaka » du développement d’Ethereum. Ce discours a marqué une étape importante dans la feuille de route du réseau, Wang y détaillant la vision stratégique et les principes fondamentaux qui orienteront son évolution dans les années à venir.
La phase Fusaka représente un jalon essentiel dans la trajectoire d’Ethereum, tirant parti des précédentes mises à niveau tout en introduisant de nouvelles fonctionnalités et en renforçant les valeurs fondamentales du réseau. Wang a insisté sur trois piliers qui façonneront cette phase : fiabilité, flexibilité et responsabilité de gardien. Ces éléments, bien au-delà des objectifs techniques, illustrent une démarche globale visant à maintenir Ethereum comme référence des plateformes blockchain, tout en assurant sa durabilité et sa résilience à long terme.
Parmi les réalisations notables mises en avant par Wang figure la capacité d’Ethereum à garantir une production de blocs continue à 100 % lors des principales mises à niveau. Cette performance témoigne de la maîtrise technique du réseau et de l’implication de sa communauté de développeurs. La phase Fusaka vise à pérenniser ce niveau d’excellence et à en faire un standard intransigeant pour les développements futurs.
La fiabilité, dans le contexte d’Ethereum, ne se limite pas au temps de disponibilité. Elle englobe la régularité du traitement des transactions, la sécurité lors des transitions et le déploiement fluide des mises à niveau, sans nuire à l’expérience utilisateur. La phase Fusaka apportera des mécanismes avancés pour consolider ces capacités, intégrant les enseignements des mises à niveau précédentes comme la Merge et ses améliorations.
La flexibilité, deuxième capacité centrale, répond au besoin d’Ethereum de s’adapter aux évolutions technologiques et aux attentes des utilisateurs. Il s’agit de créer une infrastructure capable d’accueillir de nouveaux cas d’usage, de supporter des architectures d’applications variées et d’intégrer des technologies émergentes, tout en préservant la stabilité du réseau. La phase Fusaka se consacrera à élargir la capacité d’Ethereum à servir de plateforme polyvalente pour l’innovation, en maintenant ses garanties de sécurité essentielles.
Wang a développé une vision nuancée du rôle de l’Ethereum Foundation, la qualifiant de « bienveillante sans contrôle ». Cette philosophie traduit un équilibre entre l’accompagnement et le respect de la décentralisation propre à l’écosystème Ethereum. La Fondation agit comme garante, et non comme directrice, créant un environnement où l’orientation émerge naturellement des efforts de la communauté.
Cette posture de gardien implique des responsabilités clés. La Fondation soutient la recherche, assure la coordination entre parties prenantes et veille à la disponibilité des ressources pour les développements cruciaux. Elle évite toute décision descendante, favorisant la discussion et permettant à la communauté d’aboutir à un consensus sur les questions majeures.
La responsabilité de gardien consiste aussi à protéger les valeurs fondamentales d’Ethereum et à veiller à ce que les contraintes à court terme ne compromettent pas les objectifs à long terme. Cela suppose une vigilance constante et la capacité de défendre des principes qui peuvent parfois s’opposer aux intérêts commerciaux immédiats. Wang a souligné que ce rôle est indispensable pour garantir l’intégrité de l’écosystème Ethereum et sa pertinence dans l’univers blockchain.
Wang a proposé la métaphore de la « croissance composée par étapes » pour illustrer l’évolution d’Ethereum. Dans ce schéma, chaque composante de l’écosystème—recherche, clients, applications, communauté—sert de socle aux couches suivantes du développement. Cela engendre un effet cumulatif où le progrès dans un domaine accélère les avancées dans les autres.
La recherche pose les bases théoriques et explore de nouveaux horizons, repoussant les limites de la blockchain. Ces innovations nourrissent le développement des logiciels clients, qui intègrent nouvelles fonctionnalités et optimisations. Les applications déployées sur ces clients améliorés offrent des cas d’usage concrets et identifient les besoins d’amélioration. Enfin, l’adoption et les retours de la communauté stimulent de nouvelles orientations de recherche, bouclant le cycle.
Cette approche par étapes garantit une croissance durable et cohérente d’Ethereum. Plutôt que de privilégier une expansion rapide au détriment de la stabilité, l’écosystème progresse de manière méthodique, chaque étape reposant sur des fondations éprouvées. La phase Fusaka poursuivra cette tradition, introduisant des améliorations validées et testées par la communauté.
Wang a clos son intervention en rappelant trois principes fondamentaux qui forment l’identité d’Ethereum : décentralisation, neutralité crédible et résilience sous pression. Qualifiés « d’essentiels non négociables », ces principes ne souffrent aucune concession, sous peine de compromettre la structure même de l’écosystème Ethereum.
La décentralisation assure qu’aucune entité ne peut contrôler ou manipuler le réseau. Ce principe est au cœur de la valeur d’Ethereum et le distingue des systèmes centralisés. La phase Fusaka intégrera des mesures pour renforcer cette décentralisation, garantissant la résistance du réseau à toute tentative de captation.
La neutralité crédible traduit l’engagement d’Ethereum à traiter tous les utilisateurs et applications de façon équitable, sans favoriser des cas d’usage ou des acteurs particuliers. Ce principe est essentiel pour préserver la confiance et maintenir Ethereum comme bien public, et non comme instrument au service d’intérêts spécifiques. Le rôle de gardien de la Fondation inclut la défense de cette neutralité face aux pressions commerciales ou politiques.
La résilience sous pression recouvre la robustesse technique et la cohésion sociale. Ethereum doit pouvoir résister aux attaques, s’adapter aux changements et maintenir sa fonctionnalité dans les situations difficiles. Cela suppose une infrastructure solide et une communauté engagée, partageant des valeurs communes et capable de se coordonner en période de crise.
Wang a mis en garde : toute compromission de ces principes risquerait d’entraîner l’effondrement de l’ensemble. Ce message fort souligne l’importance de préserver sans relâche les valeurs fondamentales d’Ethereum, même face à des défis immédiats ou à des opportunités séduisantes qui pourraient compromettre sa viabilité à long terme. La phase Fusaka reposera sur ces principes, assurant une évolution fidèle à la vision originelle du réseau.
Fusaka est une phase à venir qui succèdera aux mises à niveau Prague et Electra, et vise à traiter les problématiques de gonflement d’état. Sa position exacte dans la feuille de route d’Ethereum est encore en discussion et développement.
Fusaka cible les défis de scalabilité d’Ethereum en s’appuyant sur la technologie du sharding, ce qui permet de réduire la congestion du réseau et d’augmenter considérablement le débit des transactions et la capacité à accueillir plus d’utilisateurs et d’applications.
La phase « Fusaka » vise une interopérabilité fluide entre les Layer 2 networks grâce à l’Ethereum Interoperability Layer (EIL), afin d’offrir une expérience cross-chain unifiée sans recours à des ponts complexes. Les résultats attendus incluent la simplification des transactions, le renforcement de la sécurité via une messagerie à confiance minimale et la standardisation du développement sur plusieurs chaînes.
La mise à niveau Fusaka est prévue pour le 3 décembre 2025. Elle portera la limite de gaz par bloc de 45 millions à 150 millions d’unités, réduira les frais de transaction et intégrera les technologies PeerDAS et Verkle tree, pour une vérification des données plus efficiente et un traitement des transactions accéléré.
Fusaka optimise la scalabilité en prenant en charge le stockage des données Rollup et les transactions complexes, là où Merge et Shanghai se concentraient sur l’efficacité du réseau et les évolutions du protocole. Fusaka intègre des mécanismes de sécurité assurant la vérification des blocs pour les nœuds, en mettant l’accent sur les progrès en termes de scalabilité et de sécurité.











