

Japan Exchange Group étudie de nouvelles mesures pour freiner la progression des sociétés cotées détenant d’importantes réserves de crypto-actifs, face à des pertes récentes engendrées par la vague d’accumulation et à des inquiétudes croissantes sur la protection des investisseurs. Cette démarche illustre l’attention accrue portée par les régulateurs aux risques liés aux stratégies d’accumulation de cryptomonnaies par les entreprises, d’autant que la volatilité des marchés a exposé les investisseurs particuliers à d’importantes pertes.
Selon les dernières informations, l’opérateur de la Bourse de Tokyo envisage de renforcer la mise en œuvre de ses règles relatives aux cotations par voie détournée (« backdoor listing ») et pourrait exiger de nouveaux audits pour les entreprises prenant d’importantes positions en crypto-actifs. Ces changements réglementaires potentiels visent à garantir que les sociétés cotées maintiennent des standards de gouvernance et de transparence élevés lors de l’adoption de stratégies de trésorerie en cryptomonnaies. D’après des sources proches du dossier, aucune décision définitive n’a encore été prise, les autorités poursuivant leur réflexion sur le cadre de supervision le plus adapté.
Le rapport indique également que, ces derniers mois, trois sociétés cotées ont interrompu leurs projets d’achat de cryptomonnaies après des réserves émises par JPX. Ces sociétés se sont vu indiquer que leurs capacités de levée de fonds pourraient être restreintes si elles poursuivaient une stratégie axée sur l’acquisition de crypto-actifs. Cette intervention illustre la capacité de l’opérateur boursier à anticiper les risques avant qu’ils ne deviennent des enjeux majeurs pour le marché.
JPX ne dispose pas de règles universelles interdisant l’accumulation de cryptomonnaies par les sociétés. Un porte-parole a déclaré que la bourse surveille les entreprises présentant des risques en matière de gouvernance ou d’exposition, dans le but de protéger actionnaires et investisseurs. Cette approche ciblée permet l’intégration légitime des actifs numériques dans l’activité des sociétés tout en limitant les virages spéculatifs susceptibles de nuire aux intérêts des actionnaires à long terme.
Les valeurs des sociétés accumulant des crypto-actifs ont fortement chuté après une envolée début et mi-2024, laissant les investisseurs particuliers avec d’importantes pertes latentes. Ce retournement met en avant les risques de volatilité propres aux stratégies de trésorerie en cryptomonnaies. Strategy Inc., qui a constitué un portefeuille de Bitcoin estimé à environ 66 milliards de dollars, a vu son titre perdre près de la moitié de sa valeur depuis son pic au troisième trimestre 2024. Ce recul constitue une mise en garde pour les entreprises envisageant des stratégies similaires et incite les régulateurs à réévaluer le niveau approprié de supervision.
Les bourses asiatiques se montrent de plus en plus prudentes vis-à-vis des cotations de sociétés de trésorerie en crypto-actifs. Hong Kong et d’autres marchés régionaux ont freiné l’introduction de nouvelles sociétés de trésorerie en crypto-actifs, tandis que le Japon recense aujourd’hui 14 sociétés publiques acheteuses de Bitcoin, ce qui en fait le marché asiatique le plus dynamique pour l’accumulation de cryptomonnaies par les entreprises, selon les observateurs du secteur. Cette concentration de sociétés de trésorerie crypto au Japon rend le marché particulièrement exposé aux variations de prix et renforce l’urgence d’une réponse réglementaire.
Les cotations par voie détournée consistent généralement à accéder à la Bourse via une fusion plutôt qu’une IPO classique, ce qui permet souvent d’échapper à certains contrôles imposés aux introductions classiques. JPX interdit déjà ces cotations et envisage d’étendre cette interdiction aux sociétés cotées qui réorientent leur cœur de métier vers l’accumulation de cryptomonnaies. Cette extension potentielle des règles comblerait une faille permettant à des sociétés déjà cotées de modifier radicalement leur modèle d’activité sans subir le même niveau de contrôle que lors d’une nouvelle introduction.
Le repli du marché intérieur a intensifié le débat réglementaire sur la détention de crypto-actifs par les entreprises. Metaplanet, premier opérateur japonais de trésorerie en crypto-actifs coté à Tokyo, a perdu plus de 75 % depuis son sommet du deuxième trimestre 2024, après une envolée de 420 % plus tôt dans l’année. Cette volatilité extrême illustre les risques qui inquiètent les régulateurs et les défenseurs des investisseurs.
L’entreprise, anciennement spécialisée dans l’hôtellerie, a opéré début 2024 une réorientation stratégique et accumulé plus de 30 000 Bitcoin, devenant l’un des plus grands détenteurs publics mondiaux. Ce changement profond soulève la question de la nécessité d’une approbation des actionnaires ou d’un renforcement de la supervision réglementaire pour ce type d’évolution. Convano, un réseau de salons de manucure ayant annoncé l’acquisition de 21 000 Bitcoin, est en baisse d’environ 60 % par rapport à son sommet à la fin de l’été 2024. Le passage de cette société du commerce de détail traditionnel à l’accumulation de cryptomonnaies illustre la tendance de sociétés extérieures au secteur à vouloir profiter de la dynamique crypto.
La pression ne concerne pas seulement le Bitcoin. Une analyse on-chain a signalé qu’Evernorth, véhicule axé sur XRP, affichait près de 78 millions de dollars de pertes latentes peu après la construction de sa position. Ce cas montre que les risques touchent l’ensemble des actifs numériques et que le cadre réglementaire doit englober tout le marché des cryptomonnaies, au-delà du seul Bitcoin. Même les géants comme Strategy ont été affectés par la volatilité, preuve que la taille et l’expérience n’immunisent pas contre les fluctuations du marché.
Hong Kong a également renforcé le contrôle des admissions en réponse à ces préoccupations. Selon les rapports, HKEX a interrogé au moins cinq candidats souhaitant devenir des trésoreries crypto majeures et a rappelé que les sociétés cotées doivent présenter une viabilité et une pérennité indépendantes de leurs actifs crypto. Le cadre exige l’intégration des crypto-actifs dans une ligne d’activité réelle, tout en limitant la détention excessive d’actifs liquides susceptibles d’exposer les actionnaires à des risques disproportionnés. Cette approche distingue les sociétés qui intègrent véritablement les technologies blockchain et les actifs numériques de celles qui accumulent des cryptomonnaies à des fins spéculatives. Le modèle hongkongais pourrait inspirer les régulateurs japonais dans l’élaboration de leur propre cadre de supervision des sociétés de trésorerie crypto.
Les régulateurs japonais cherchent à gérer les risques systémiques et à protéger les intérêts des investisseurs. Limiter la détention de cryptomonnaies réduit l’exposition à la volatilité, favorise la stabilité financière et renforce la supervision de la gestion d’actifs des sociétés cotées sur le marché crypto.
Les sociétés cotées japonaises seront soumises à une surveillance renforcée de leurs détentions crypto, avec des exigences accrues en matière de transparence et de contrôle des actifs. Cela augmentera les coûts de conformité, mais favorisera la transparence du marché et la confiance institutionnelle dans le secteur.
Les régulateurs japonais envisagent de plafonner la détention de cryptomonnaies par les sociétés cotées, de limiter les ratios d’exposition et de renforcer les exigences de transparence afin de maîtriser les risques financiers et de garantir la stabilité du marché.
Les sociétés cotées devront liquider ou transférer leurs avoirs crypto afin de se conformer à la nouvelle réglementation. Les actifs pourront être vendus, donnés à des fondations caritatives ou transférés à des filiales non soumises aux restrictions. Des périodes de transition sont généralement prévues pour permettre un désengagement progressif et limiter l’impact sur le marché.
Oui, cette politique aura un impact modéré sur le marché crypto japonais. Le renforcement des règles applicables aux sociétés cotées pourrait temporairement réduire la participation institutionnelle et le volume des transactions. Toutefois, elle favorise la transparence du marché et une croissance durable, renforçant ainsi la confiance et les perspectives de développement à long terme.
La plupart des pays n’imposent pas de restrictions spécifiques à la détention de cryptomonnaies par les sociétés cotées. Certaines juridictions, comme Singapour ou la Suisse, ont cependant publié des lignes directrices. La plupart des cadres réglementaires privilégient la transparence et la gestion des risques plutôt qu’une limitation stricte des détentions pour les sociétés cotées.











