
La majorité des utilisateurs de Polymarket, plateforme décentralisée de marchés prédictifs, misent sur l’identité du mystérieux créateur du Bitcoin, Satoshi Nakamoto. D’après les données issues de la plateforme, 51 % des votants pensent que Len Sassaman, technologue et cryptographe américain décédé en 2011, pourrait être l’auteur anonyme de la première cryptomonnaie mondiale.
Sassaman comptait parmi les figures de proue du mouvement cypherpunk, un collectif d’activistes et de technologues promouvant l’usage de la cryptographie et des technologies de protection de la vie privée au service du changement social et politique. Membre de l’Internet Engineering Task Force (IETF), il a participé à l’élaboration de nombreux standards et protocoles internet. Tout au long de sa carrière, il a publié des articles et travaux techniques sur la cryptographie, la confidentialité numérique et les systèmes de communication anonymes. Cette expertise a amené de nombreux membres de la communauté crypto à envisager son implication dans la création du Bitcoin, notamment en raison du timing de ses travaux ainsi que de sa maîtrise des technologies à la base du protocole Bitcoin.
Mais Sassaman n’est pas le seul prétendant. Hal Finney, développeur californien et pionnier du Bitcoin, reste un candidat majeur. Finney fut parmi les premiers à recevoir une transaction Bitcoin directement de Satoshi Nakamoto et a joué un rôle actif dans le développement initial du projet, avant de décéder en 2014 des suites d’une SLA. Sa participation dès les débuts et ses échanges avec Satoshi en font un favori régulier des spéculations sur l’identité du créateur du Bitcoin.
D’autres pistes portent sur des personnalités notoires du secteur cryptographique et technologique. Nick Szabo, chercheur connu pour ses travaux sur les contrats numériques et le concept de « bit gold » (précurseur du Bitcoin), est régulièrement cité grâce à ses écrits sur la cryptomonnaie antérieurs à l’émergence du Bitcoin. Adam Back, CEO de Blockstream et inventeur de Hashcash (un système de proof-of-work à l’origine de la conception du Bitcoin), est également évoqué. S’ajoutent à la liste Dorian Nakamoto, ingénieur systèmes nippo-américain faussement présenté comme Satoshi dans un article de Newsweek en 2014, et Paul Le Roux, développeur controversé visé par plusieurs théories d’enquête.
À noter que 27 % des votants sur Polymarket considèrent que la véritable identité de Satoshi Nakamoto pourrait différer de tous les noms fréquemment évoqués, ou que « Satoshi » serait en réalité un pseudonyme collectif de plusieurs développeurs ayant collaboré à la création du Bitcoin. Cette hypothèse rejoint certains constats sur le code et le whitepaper du Bitcoin, qui, selon des experts, témoigneraient de l’intervention de plusieurs contributeurs aux profils variés.
L’attente grandit dans la communauté crypto avec l’arrivée du documentaire HBO Money Electric : The Bitcoin Mystery, diffusé le 8 octobre. Réalisé par Cullen Hoback — spécialiste des enquêtes sur les identités cachées et mystères d’internet — le film promet un éclairage inédit sur une question qui captive le secteur depuis plus de dix ans.
Selon les supports promotionnels et extraits dévoilés, les réalisateurs pourraient avoir identifié l’individu ou le groupe derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Pourtant, la bande-annonce ne confirme pas explicitement une révélation définitive, entretenant un suspense qui attise la curiosité du public. Les précédents travaux de Hoback, dont une série documentaire sur l’identité du responsable de QAnon, lui ont valu la réputation d’un réalisateur capable de traiter des investigations complexes sur des figures anonymes du web.
L’enjeu de ce mystère est considérable. Si l’identité de Satoshi Nakamoto était avérée, la personne ou le groupe concerné deviendrait l’une des entités les plus riches au monde. Les portefeuilles supposés contrôlés par Satoshi compteraient environ un million de bitcoins, soit près de 66 milliards de dollars lors de certains pics, bien que la valeur exacte dépende de la volatilité du Bitcoin. Au-delà de l’aspect financier, la révélation aurait un impact profond sur la perception du Bitcoin, pouvant influer sur sa valeur, son traitement réglementaire et son positionnement philosophique en tant que monnaie décentralisée.
L’identité de Satoshi Nakamoto reste l’une des questions les plus persistantes de l’écosystème crypto depuis la création du Bitcoin. La récente vague de spéculations, alimentée par le sondage Polymarket et le documentaire HBO, relance les débats sur les réseaux sociaux, les forums spécialisés et dans les médias généralistes.
Dans ce contexte, Craig Wright, informaticien et entrepreneur australien, continue d’affirmer être Satoshi Nakamoto. Il a publié une déclaration sur son site personnel pour réitérer sa position face à la reprise des spéculations. Pourtant, ses affirmations ont été catégoriquement invalidées en justice. Un jugement de la Haute Cour britannique a statué sans ambiguïté que Wright n’était pas Satoshi Nakamoto, constatant qu’il avait orchestré une vaste fraude pour soutenir sa fausse revendication.
Les conclusions du tribunal sont accablantes. Selon un avertissement légal désormais affiché sur le site de Wright : « Le tribunal a jugé que le Dr Wright a menti à plusieurs reprises dans ses témoignages et tenté de créer un faux récit en falsifiant massivement des documents. Tous ses mensonges et documents falsifiés soutenaient son plus grand mensonge : sa prétention d’être Satoshi Nakamoto. » Ce jugement marque une étape notable dans la saga des origines du Bitcoin, l’une des rares fois où une autorité judiciaire s’est prononcée aussi catégoriquement sur le sujet.
En conséquence, Wright risque désormais des poursuites pour parjure de la part du Crown Prosecution Service britannique. Ces accusations découlent de ses affirmations sous serment quant à sa prétendue paternité du Bitcoin, des déclarations étayées par des preuves fabriquées. Les conséquences judiciaires de l’affaire Wright soulignent les risques majeurs liés à la revendication mensongère de l’identité de Satoshi, en particulier sous serment ou avec des documents falsifiés.
Len Sassaman était un cryptographe de renom, engagé dans le développement du chiffrement PGP et des technologies open source de confidentialité pour la défense de la liberté individuelle. Il a marqué la cryptographie et la défense de la vie privée, bien qu’il soit décédé en 2011. Son influence sur le domaine reste majeure.
Certains avancent que Len Sassaman pourrait être Satoshi Nakamoto en raison de ses liens étroits avec des figures majeures du Bitcoin comme Hal Finney et Adam Back. Sa femme soutient également cette hypothèse. Cependant, aucune preuve irréfutable ne permet de valider cette spéculation.
L’identité de Satoshi Nakamoto demeure non vérifiée car aucune personne ou groupe n’a pu prouver de façon certaine sa revendication. Ce nom est généralement considéré comme un pseudonyme utilisé par l’auteur du livre blanc et développeur initial du Bitcoin. Plusieurs individus en ont revendiqué la paternité, mais sans preuve ou vérification définitive.
Polymarket est une plateforme de marchés prédictifs où les utilisateurs parient sur divers scénarios. Un marché dédié à l’identité de Satoshi Nakamoto y a été ouvert, et actuellement 58 % des parieurs considèrent que Len Sassaman, cryptographe reconnu, serait le candidat le plus plausible.
Une telle révélation pourrait provoquer une forte volatilité des marchés et modifier le sentiment des investisseurs. La notoriété de Sassaman renforcerait la crédibilité du Bitcoin, tout en entraînant d’éventuelles fluctuations à court terme. Les effets à long terme dépendraient de l’évolution du sentiment général et de la dynamique d’adoption.
Satoshi Nakamoto a sans doute choisi de rester anonyme pour éviter la pression réglementaire, les menaces à sa sécurité et l’attention indésirable. Cet anonymat a permis au Bitcoin de croître sans lien avec un individu précis, limitant les risques de centralisation et préservant l’intégrité du protocole et sa capacité d’innovation.
La crédibilité dépend de la fiabilité des sources et de la présence de preuves concordantes. Une confirmation nécessiterait des documents légaux authentifiés, une preuve cryptographique ou une déclaration d’autorités reconnues. Les prédictions actuelles sur Polymarket reflètent des paris spéculatifs plutôt qu’une vérification d’identité avérée.











