

Roger Ver, figure majeure de l’univers des cryptomonnaies, s’est engagé à verser 48 millions de dollars pour mettre fin à une affaire de fraude fiscale aux États-Unis. Cette étape marque un moment clé dans une saga qui a suscité une forte attention politique et met en lumière l’évolution de la régulation des cryptomonnaies sous l’administration du président Donald Trump.
À 46 ans, Ver s’est imposé dès les débuts du Bitcoin par son militantisme pour la technologie blockchain et les cryptomonnaies. Son rôle dans la démocratisation du Bitcoin lui a valu le surnom de « Bitcoin Jesus » dans la communauté crypto. Il est ainsi devenu un symbole du mouvement décentralisé et un défenseur intransigeant de la liberté financière.
Selon The New York Times, Ver a signé un accord provisoire de poursuite différée avec le Département de la Justice américain. Le règlement de 48 millions de dollars correspond au montant réclamé par les procureurs au titre des impôts dus. En contrepartie du paiement et du respect des conditions de l’accord, les poursuites pénales seraient abandonnées. Cet arrangement lui permet d’éviter un procès long et une éventuelle incarcération, sous réserve de respecter toutes les exigences.
En 2024, les procureurs fédéraux ont officiellement inculpé Ver pour fraude et évasion fiscale. Les autorités lui reprochent d’avoir dissimulé ses avoirs numériques et d’avoir omis de payer les impôts requis après la renonciation à sa citoyenneté américaine en 2014. Ce point est central, car les ressortissants américains qui renoncent à leur citoyenneté doivent s’acquitter d’une « exit tax » sur l’ensemble de leurs actifs mondiaux, y compris les cryptomonnaies.
Le Département de la Justice n’a pas encore soumis formellement l’accord devant le tribunal, et celui-ci pourrait faire l’objet de modifications avant adoption définitive. Les modalités exactes, dont les exigences de conformité et la durée de supervision, restent en négociation entre les parties.
Ce dossier survient alors que Washington modifie profondément sa politique envers les cryptomonnaies et la régulation des actifs numériques. Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, les régulateurs adoptent une attitude bien plus souple et favorable envers le secteur crypto. Cette évolution tranche nettement avec la période précédente, caractérisée par une répression active et le ciblage systématique des entreprises et des personnes du secteur.
Récemment, la Securities and Exchange Commission (SEC) a classé plusieurs affaires très médiatisées contre des plateformes majeures, y compris une bourse américaine de premier plan longtemps surveillée par les autorités. Cette plateforme, parmi les plus importantes aux États-Unis, était accusée d’opérer en tant que bourse de valeurs mobilières sans enregistrement. L’abandon de ces poursuites marque une évolution profonde de la philosophie réglementaire.
De plus, plusieurs personnalités du secteur crypto ont bénéficié de grâces présidentielles, signe d’une volonté politique de réexaminer certains dossiers instruits sous l’ancien cadre réglementaire. Cette dynamique alimente l’espoir d’un environnement plus stable et moins conflictuel pour les entreprises crypto américaines.
Trump a récemment gracié Ross Ulbricht, fondateur de la plateforme Silk Road, qui purgeait une peine à perpétuité pour avoir créé et exploité un site facilitant des transactions illégales. Il a aussi accordé sa clémence aux fondateurs d’une bourse de produits dérivés ayant reconnu des infractions aux lois anti-blanchiment. Ces décisions sont largement interprétées comme le signe d’une volonté de l’administration Trump d’adopter une approche plus équilibrée de la régulation crypto.
Face aux difficultés judiciaires, Ver s’est rapproché stratégiquement du réseau politique de Trump. Il s’agit d’une démarche calculée pour exploiter les changements réglementaires et obtenir une issue favorable à son affaire.
Au cours des derniers mois, Ver a versé 600 000 dollars à Roger Stone, allié de Trump, afin de faire pression sur les dispositifs fiscaux centraux dans son dossier. Stone, stratège politique aguerri et proche des Républicains, a été mandaté pour influencer les législateurs et les membres de l’administration concernant la fiscalité des cryptomonnaies et la renonciation à la citoyenneté.
Les registres de lobbying révèlent que Ver a aussi engagé les avocats Christopher Kise et Brian Ballard, tous deux liés de longue date au réseau politique de Trump. Kise a représenté Trump dans des affaires judiciaires majeures, tandis que Ballard dirige un cabinet de lobbying influent à Washington et en Floride, avec un accès privilégié aux décideurs. Cette stratégie, mêlant droit et politique, montre la détermination de Ver à mobiliser tous les leviers pour résoudre son litige.
Le Département de la Justice accuse Ver d’avoir dissimulé la valeur réelle de ses avoirs en Bitcoin dans les documents relatifs à sa renonciation à la citoyenneté. À l’époque, la loi imposait aux citoyens américains une « exit tax » sur tous les actifs mondiaux, y compris les cryptomonnaies, dont le régime fiscal était incertain. Les procureurs estiment qu’en cachant ses avoirs, Ver a privé le gouvernement américain de recettes fiscales légitimes de plusieurs millions de dollars. Il aurait déclaré une valeur largement inférieure pour ses actifs numériques, réduisant ainsi de façon significative son imposition.
En 2024, Ver a été arrêté en Espagne après la demande formelle d’extradition des États-Unis. Il vivait alors en Espagne, où il avait établi sa résidence après avoir renoncé à sa citoyenneté américaine. Les autorités espagnoles ont coordonné l’exécution du mandat international avec leurs homologues américains.
Ver a porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, estimant que l’Espagne avait violé ses droits fondamentaux en validant son extradition vers Los Angeles. Dans son recours, Ver soutient que la procédure est motivée politiquement et que l’extradition enfreindrait les principes des droits de l’homme énoncés dans la Convention européenne. Cette démarche vise à empêcher, ou au moins à retarder, son transfert aux États-Unis pendant les négociations de règlement.
En janvier, Ver a publié une vidéo affirmant qu’il risquait une peine de plus de 100 ans s’il était condamné sur tous les chefs d’inculpation, qualifiant son procès de motivation politique et de persécution sélective par le gouvernement américain. Il a déclaré craindre que son dossier serve d’exemple de poursuites excessives et que son profil soit utilisé comme avertissement pour le secteur crypto.
Dans un message adressé au président Trump sur X (ex-Twitter), Ver a écrit : « Monsieur le Président, je suis américain et j’ai besoin de votre aide. Seul votre engagement pour la justice peut me sauver. » Cet appel public illustre la stratégie de Ver, qui mise sur la bienveillance de Trump envers le secteur crypto et son historique de grâces accordées à des personnalités controversées.
Si l’accord aboutit, il mettra fin à l’une des procédures fiscales les plus médiatisées impliquant un pionnier des cryptomonnaies. La communauté crypto internationale a suivi de près ce dossier, qui établit des précédents pour le traitement fiscal des actifs numériques dans les contextes internationaux et lors de la renonciation à la citoyenneté.
Pour Ver, salué pour avoir démocratisé le Bitcoin et comme investisseur majeur dès l’origine de l’écosystème, l’accord marque un tournant dans une trajectoire faite d’innovation et de controverses. Son parcours est marqué par des investissements précoces dans des projets comme Blockchain.com, BitPay et Kraken, ainsi que par son rôle dans la promotion du Bitcoin Cash lors des débats sur la scalabilité du Bitcoin.
Le dossier Ver révèle aussi les enjeux juridiques et réglementaires auxquels ont été confrontés les premiers utilisateurs de la crypto, notamment ceux qui ont pris des décisions financières et fiscales dans un contexte législatif incertain. À mesure que le secteur se structure et que la réglementation s’affine, de tels dossiers apportent des enseignements essentiels sur la conformité fiscale et la transparence dans les transactions d’actifs numériques.
Roger Ver est un investisseur et promoteur précoce du Bitcoin. Il est surnommé « Bitcoin Jesus » pour sa défense active du Bitcoin et ses combats juridiques pour le légitimer aux États-Unis.
Roger Ver est poursuivi pour évasion fiscale d’environ 50 millions de dollars, fraude postale et dépôt de fausses déclarations fiscales auprès des autorités américaines.
L’accord prévoit un fonds de règlement de 4 485 000 dollars destiné aux membres éligibles du groupe. Les demandes validées doivent être déposées pour obtenir une compensation. L’accord règle les réclamations sans reconnaissance de responsabilité.
Cette affaire alimente les débats sur les usages du Bitcoin et sa viabilité à long terme. Elle encourage la communauté à poursuivre les améliorations techniques. Malgré les difficultés, le Bitcoin a démontré sa capacité à s’adapter et à surmonter ce type de situations.
Roger Ver n’a pas explicitement reconnu sa culpabilité. Il a conclu un accord de règlement de 48 millions de dollars avec le Département de la Justice américain pour clore les poursuites pour fraude fiscale et infractions pénales.
Le montant total de 48 millions de dollars correspond aux impôts impayés, aux intérêts cumulés, aux pénalités pour non-conformité et aux amendes fiscales prévues par la législation américaine pour la période concernée.
Roger Ver évitera une condamnation grâce à un accord de poursuite différée. S’il respecte toutes les conditions pendant trois ans, les poursuites seront abandonnées et il évitera la prison, mettant ainsi fin à son long contentieux avec les États-Unis.











