Les procureurs américains demandent un nouveau procès pour le développeur de Tornado Cash, Roman Storm, après qu’un jury n’a pas réussi à se mettre d’accord sur les accusations de blanchiment d’argent.
La demande de nouveau procès fait suite à une décision de jury divisé, laissant en suspens les charges de sanctions et de complot de blanchiment d’argent.
Roman Storm risque une peine de prison pouvant aller jusqu’à 40 ans s’il est reconnu coupable par un nouveau jury des deux autres infractions fédérales.
Les procureurs américains ont demandé un nouveau procès pour le développeur de Tornado Cash, Roman Storm, sur deux accusations criminelles non résolues. La demande fait suite à un verdict partagé du jury lors du procès de Storm l’année dernière devant un tribunal fédéral. La demande a été déposée lundi par les autorités du district sud de New York. Les procureurs ont demandé que la date du nouveau procès soit fixée à début octobre 2026. Selon le ministère de la Justice, le nouveau procès durerait environ trois semaines.
🚨BREAKING : LE DOJ DEMANDE UN NOUVEAU PROCÈS POUR ROMAN STORM, CO-FONDATEUR DE TORNADO CASH
Le ministère de la Justice américain a demandé aux tribunaux de rejuger Roman Storm pour des accusations de blanchiment d’argent et de violation des sanctions après que le jury n’a pas réussi à se mettre d’accord lors de son premier procès, proposant un nouveau procès début octobre. pic.twitter.com/4yJyQYcaPo
— Coin Bureau (@coinbureau) 10 mars 2026
Storm est un co-fondateur et un mélangeur de cryptomonnaies non custodial, Tornado Cash, qui vise à maximiser la confidentialité des transactions. Selon les autorités américaines, le protocole aurait facilité le blanchiment de plus d’un milliard de dollars de fonds illégaux. L’affaire a suscité l’intérêt tant dans l’industrie de la cryptographie que dans la communauté juridique. Beaucoup d’observateurs considèrent cette affaire comme un test de responsabilité pour les développeurs de logiciels open-source.
Cette demande est formulée dans une lettre adressée à la juge fédérale Katherine Polk Failla. La requête a été déposée par les procureurs du district sud de New York. Le procureur fédéral de Manhattan, Jay Clayton, a demandé au tribunal de commencer le nouveau procès entre le 5 et le 12 octobre. Selon les procureurs, la procédure durerait probablement trois semaines.
Le ministère de la Justice a expliqué qu’il pourrait commencer le nouveau procès plus tôt si l’agenda le permettait. Cependant, les avocats de la défense ont indiqué que leur disponibilité ne correspond pas à une date antérieure. Les procureurs ont donc proposé la période d’octobre pour éviter de nouveaux retards. La lettre précise également que le gouvernement reste prêt à avancer plus tôt si les deux parties s’accordent.
Cependant, l’équipe juridique de Storm a indiqué que fixer une date de nouveau procès pourrait être prématuré. Ils ont souligné qu’une motion en cours doit encore être examinée par le tribunal. Malgré cette position, la défense a confirmé sa disponibilité pour une période de trois semaines à la fin septembre ou début octobre. La défense a également indiqué sa disponibilité début décembre.
Storm faisait auparavant face à plusieurs accusations criminelles liées à l’exploitation de Tornado Cash. Le premier procès s’est tenu en août, lorsque le jury a rendu un verdict. Storm a été reconnu coupable par les jurés d’avoir planifié de gérer une activité de transmission d’argent non autorisée. Cependant, le jury n’a pas pu se mettre d’accord à l’unanimité sur deux autres charges. De plus, Roman Storm a continué à collecter des fonds pour payer des frais juridiques croissants.
Les charges non résolues concernent le complot de blanchiment d’argent et le complot pour violer la législation sur les sanctions américaines. Étant donné que le jury n’a pas réussi à se mettre d’accord sur ces chefs d’accusation, les procureurs ont encore la possibilité de les rejuger. Le ministère de la Justice tente maintenant de relancer ces charges devant un tribunal fédéral.
Storm a maintenu que les procureurs n’ont pas réussi à prouver l’intention criminelle lors du procès. Son équipe juridique a également déposé une motion en vertu de la règle 29, demandant un acquittement. La cour a prévu d’entendre les arguments sur cette motion le 9 avril. Malgré cela, les procureurs ont demandé au tribunal de fixer une date pour un nouveau procès, en dépit de la motion en cours.
L’affaire juridique de Storm a suscité de fortes réactions dans l’industrie de la cryptographie. Plusieurs groupes de défense et développeurs soutiennent que la rédaction de logiciels open-source ne devrait pas entraîner une responsabilité pénale. Les supporters mettent aussi en garde contre l’impact que cette affaire pourrait avoir sur la manière dont les tribunaux traitent les développeurs de logiciels décentralisés.
De nombreux acteurs du secteur ont contribué financièrement à la défense juridique de Storm. Les dons de la communauté crypto ont atteint des millions de dollars. Les supporters pensent que cette affaire pourrait influencer la protection juridique des développeurs qui publient du code blockchain.
Par ailleurs, les décideurs politiques continuent de débattre du rôle des outils de confidentialité crypto. Un récent rapport du département du Trésor destiné au Congrès a reconnu que les mixers crypto peuvent servir des objectifs légitimes de confidentialité. Le rapport indique que certains utilisent ces outils pour protéger leur vie privée financière ou pour des dons caritatifs.
Cependant, les autorités continuent aussi de souligner les risques liés au financement illicite. Elles associent souvent les mixers à des activités de blanchiment d’argent liées à la cybercriminalité et aux violations des sanctions. La controverse autour de Tornado Cash illustre ainsi un conflit plus général entre la technologie de confidentialité et la régulation financière.
L’affaire Storm a débuté sous l’administration de l’ancien président Joe Biden. Depuis, le gouvernement fédéral a montré des signes d’évolution de sa position politique. Les responsables ont de plus en plus évoqué la différence entre le développement logiciel et la conduite financière directe.
Des déclarations antérieures de hauts responsables du ministère de la Justice suggéraient que l’écriture de code ne devrait pas automatiquement entraîner une responsabilité pénale. Par ailleurs, les sanctions liées à Tornado Cash ont également été examinées en justice. En 2025, le département du Trésor a levé ses sanctions de 2022 contre le protocole, suite à une décision judiciaire.
Le paysage juridique des outils de confidentialité et des protocoles décentralisés continue d’évoluer. Le nouveau procès de Storm pourrait avoir des conséquences pour les développeurs d’applications blockchain non custodial. Les tribunaux pourraient examiner si les créateurs de logiciels sont responsables de l’utilisation que des tiers font des protocoles décentralisés.