L’économie canadienne a défié les attentes plus modérées au premier trimestre, avec une croissance du PIB à un rythme annualisé de 2,2 % — dépassant la prévision consensuelle de 1,7 %. Cependant, derrière cette solidité apparente se cache un tableau mitigé qui complique les perspectives de politique monétaire de la Banque du Canada, notamment alors que la demande intérieure montre des signes de refroidissement.
Le rallye axé sur l’exportation masque des préoccupations plus profondes
Statistique Canada a publié les chiffres vendredi, révélant que l’expansion du premier trimestre marquait le cinquième trimestre consécutif de croissance supérieure à 2 %, une amélioration modeste par rapport à la hausse révisée de 2,1 % du trimestre précédent. La surperformance provient principalement d’une hausse des exportations, avec les expéditions automobiles et les équipements industriels en tête, alors que les entreprises se dépêchaient de devancer la mise en œuvre prévue des tarifs américains.
L’accumulation d’inventaire a également renforcé le chiffre global, compensant en partie les vents contraires liés à un investissement des entreprises et une consommation plus faibles. Pourtant, cette composition soulève des questions sur la durabilité. La demande intérieure finale — la mesure la plus large des dépenses internes — a reculé de 0,1 % en rythme annualisé après avoir augmenté de 5,2 % au trimestre précédent, ce qui indique que la vigueur à court terme de l’économie canadienne pourrait reposer sur des facteurs temporaires liés au commerce plutôt que sur une vitalité fondamentale.
La demande intérieure montre une détérioration claire
Le ralentissement de la consommation des ménages constitue le signe d’alerte le plus net. La croissance annuelle des dépenses a fortement ralenti à seulement 1,2 % contre 4,9 % au trimestre précédent, avec un investissement résidentiel particulièrement touché. L’activité de revente de logements a connu sa plus forte baisse depuis début 2022, tandis que les dépenses publiques ont également reculé.
Ce recul reflète une fragilité économique plus large. Les dirigeants de la banque ont signalé une baisse du sentiment des consommateurs et une faiblesse du marché immobilier comme préoccupations principales, plusieurs grands prêteurs ayant récemment augmenté leurs provisions pour pertes sur prêts. Le PDG de la Banque Royale du Canada, David McKay, a reconnu jeudi que, bien qu’il ne prévoit pas de récession ni au Canada ni aux États-Unis, « l’incertitude actuelle signifie que les consommateurs dépensent moins, notamment pour les biens discrétionnaires, et que les entreprises gèlent leurs grands projets d’investissement. »
Le dilemme de la banque centrale
La Banque du Canada doit désormais jongler avec un équilibre délicat. La banque centrale avait prévu une croissance de 1,8 % pour le premier trimestre et a suspendu son cycle de réduction des taux en avril après sept baisses consécutives depuis juin. Avec une croissance du PIB supérieure aux attentes mais une demande sous-jacente en dégradation, la voie à suivre reste incertaine.
Selon Dominique Lapointe, directeur principal de la stratégie macroéconomique chez Manulife Investment Management, « si le conseil d’administration cherchait plus de clarté lors de sa décision d’avril avant de décider de la prochaine étape, il n’y en a pas. » Le marché anticipe désormais peu de chances d’une baisse de taux lors de la réunion du 4 juin de la Banque du Canada, Lapointe prévoyant un « maintien dovish » et une éventuelle réduction en juillet si la faiblesse économique persiste.
Une histoire de deux économies
La performance du PIB canadien contraste fortement avec celle des États-Unis. Le PIB américain a reculé de 0,2 % au cours du trimestre — la première contraction depuis début 2022 — laissant le Canada en tête en matière de croissance. Pourtant, cette force comparative pourrait être de courte durée, car l’économie canadienne fait face à ses propres vents contraires, notamment la faiblesse de la demande intérieure et l’incertitude persistante autour de la politique commerciale.
Les inventaires hors secteur agricole ont rebondi après une baisse à la fin de 2024, et les importations ont augmenté, suggérant que la majeure partie de la dynamique à court terme provient d’une anticipation d’activité avant d’éventuelles augmentations tarifaires plutôt que d’une résilience économique sous-jacente. À mesure que ces facteurs temporaires s’estomperont, la croissance canadienne devrait ralentir de manière significative, incitant les décideurs à rester prudents quant à la possibilité d’augmenter davantage les taux.
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La croissance du PIB canadien s'accélère à 2,2 % au premier trimestre, mais la faiblesse sous-jacente indique une prudence pour les décisions de taux
L’économie canadienne a défié les attentes plus modérées au premier trimestre, avec une croissance du PIB à un rythme annualisé de 2,2 % — dépassant la prévision consensuelle de 1,7 %. Cependant, derrière cette solidité apparente se cache un tableau mitigé qui complique les perspectives de politique monétaire de la Banque du Canada, notamment alors que la demande intérieure montre des signes de refroidissement.
Le rallye axé sur l’exportation masque des préoccupations plus profondes
Statistique Canada a publié les chiffres vendredi, révélant que l’expansion du premier trimestre marquait le cinquième trimestre consécutif de croissance supérieure à 2 %, une amélioration modeste par rapport à la hausse révisée de 2,1 % du trimestre précédent. La surperformance provient principalement d’une hausse des exportations, avec les expéditions automobiles et les équipements industriels en tête, alors que les entreprises se dépêchaient de devancer la mise en œuvre prévue des tarifs américains.
L’accumulation d’inventaire a également renforcé le chiffre global, compensant en partie les vents contraires liés à un investissement des entreprises et une consommation plus faibles. Pourtant, cette composition soulève des questions sur la durabilité. La demande intérieure finale — la mesure la plus large des dépenses internes — a reculé de 0,1 % en rythme annualisé après avoir augmenté de 5,2 % au trimestre précédent, ce qui indique que la vigueur à court terme de l’économie canadienne pourrait reposer sur des facteurs temporaires liés au commerce plutôt que sur une vitalité fondamentale.
La demande intérieure montre une détérioration claire
Le ralentissement de la consommation des ménages constitue le signe d’alerte le plus net. La croissance annuelle des dépenses a fortement ralenti à seulement 1,2 % contre 4,9 % au trimestre précédent, avec un investissement résidentiel particulièrement touché. L’activité de revente de logements a connu sa plus forte baisse depuis début 2022, tandis que les dépenses publiques ont également reculé.
Ce recul reflète une fragilité économique plus large. Les dirigeants de la banque ont signalé une baisse du sentiment des consommateurs et une faiblesse du marché immobilier comme préoccupations principales, plusieurs grands prêteurs ayant récemment augmenté leurs provisions pour pertes sur prêts. Le PDG de la Banque Royale du Canada, David McKay, a reconnu jeudi que, bien qu’il ne prévoit pas de récession ni au Canada ni aux États-Unis, « l’incertitude actuelle signifie que les consommateurs dépensent moins, notamment pour les biens discrétionnaires, et que les entreprises gèlent leurs grands projets d’investissement. »
Le dilemme de la banque centrale
La Banque du Canada doit désormais jongler avec un équilibre délicat. La banque centrale avait prévu une croissance de 1,8 % pour le premier trimestre et a suspendu son cycle de réduction des taux en avril après sept baisses consécutives depuis juin. Avec une croissance du PIB supérieure aux attentes mais une demande sous-jacente en dégradation, la voie à suivre reste incertaine.
Selon Dominique Lapointe, directeur principal de la stratégie macroéconomique chez Manulife Investment Management, « si le conseil d’administration cherchait plus de clarté lors de sa décision d’avril avant de décider de la prochaine étape, il n’y en a pas. » Le marché anticipe désormais peu de chances d’une baisse de taux lors de la réunion du 4 juin de la Banque du Canada, Lapointe prévoyant un « maintien dovish » et une éventuelle réduction en juillet si la faiblesse économique persiste.
Une histoire de deux économies
La performance du PIB canadien contraste fortement avec celle des États-Unis. Le PIB américain a reculé de 0,2 % au cours du trimestre — la première contraction depuis début 2022 — laissant le Canada en tête en matière de croissance. Pourtant, cette force comparative pourrait être de courte durée, car l’économie canadienne fait face à ses propres vents contraires, notamment la faiblesse de la demande intérieure et l’incertitude persistante autour de la politique commerciale.
Les inventaires hors secteur agricole ont rebondi après une baisse à la fin de 2024, et les importations ont augmenté, suggérant que la majeure partie de la dynamique à court terme provient d’une anticipation d’activité avant d’éventuelles augmentations tarifaires plutôt que d’une résilience économique sous-jacente. À mesure que ces facteurs temporaires s’estomperont, la croissance canadienne devrait ralentir de manière significative, incitant les décideurs à rester prudents quant à la possibilité d’augmenter davantage les taux.