Lorsque deux systèmes monétaires entrent en collision : leçons du casse-tête monétaire de Hong Kong

Le taux de change fixe inébranlable du dollar de Hong Kong par rapport au dollar américain a longtemps été considéré comme l’un des piliers financiers de l’Asie. Pourtant, les secousses récentes du marché dues aux changements monétaires en Chine continentale révèlent une tension fondamentale : que se passe-t-il lorsqu’un centre financier autonome doit naviguer à travers les effets de contagion d’une monnaie voisine en transformation ?

La configuration : systèmes séparés, destin partagé

Depuis 1997, Hong Kong fonctionne selon le cadre « un pays, deux systèmes ». La Hong Kong Monetary Authority (HKMA) gère le dollar de Hong Kong, tandis que la Banque populaire de Chine supervise le yuan chinois — ce dernier représentant à la fois la monnaie papier chinoise physique et, de plus en plus, les transactions transfrontalières numériques. Pendant des décennies, les deux monnaies ont maintenu leur propre ancrage au dollar américain, créant une relation stable. Le HKD est resté verrouillé dans une bande étroite (7.7500-7.8500 contre USD), la HKMA défendant rigoureusement ce régime.

Cette structure à double monnaie fonctionnait sans problème lorsque les deux suivaient des trajectoires identiques liées au dollar américain. Cependant, le jeu a changé fondamentalement le 11 août 2015, lorsque la Banque centrale chinoise a supprimé l’ancrage du yuan et adopté un modèle basé sur un panier de devises. Du jour au lendemain, le lien entre ces deux systèmes monétaires — et la stabilité financière de Hong Kong — est devenu beaucoup plus complexe.

La vague de choc : janvier 2016

Le véritable test est arrivé début 2016. Lorsque la PBOC a resserré la liquidité dans les centres bancaires offshore de Hong Kong pour contrer les vendeurs à découvert du yuan, le taux d’emprunt offshore en yuan (CNH HIBOR) a grimpé à un niveau extraordinaire de 66,8 % le 12 janvier. Ce n’était pas qu’un chiffre sur un écran ; cela signalait une tension financière potentielle se propageant du continent vers les marchés précédemment protégés de Hong Kong.

Pendant la même période, les actions chinoises ont chuté, le nombre de touristes chinois à Hong Kong a diminué de 10 % en glissement annuel, et les prix de l’immobilier à Hong Kong ont baissé de 9,5 % en six mois. Les flux de capitaux, autrefois prévisibles, étaient devenus erratiques. L’argent qui aurait pu rester à Hong Kong s’est désormais évaporé vers les marchés européens offrant des options de financement moins chères.

L’anxiété centrale chez les investisseurs était claire : si le yuan — une monnaie encore fortement influencée par la politique plutôt que par les forces du marché — continuait à se déstabiliser, le régime d’ancrage du dollar de Hong Kong pouvait-il survivre ?

Le dilemme fondamental

Voici où le problème structurel apparaît. Le rôle de Hong Kong en tant qu’intermédiaire entre la Chine continentale et les marchés mondiaux crée un conflit de politique. Le yuan s’oriente de plus en plus vers une tarification basée sur le marché, tandis que le HKD de Hong Kong reste artificiellement ancré au dollar américain par le mécanisme de défense de la HKMA. Cette divergence devient particulièrement douloureuse alors que la Réserve fédérale américaine envisage des hausses de taux, ce qui renforcerait le dollar et rendrait le HKD lié moins compétitif.

De plus, le ralentissement économique de la Chine continentale — avec des objectifs de croissance révisés à 6,5-7 % en 2016 — impacte directement l’économie de Hong Kong. L’activité commerciale ralentit. Le tourisme diminue. Le marché obligataire dim-sum, qui avait atteint 205,3 milliards de yuans en volume d’émission en 2014, s’est effondré à seulement 17 milliards de yuans en 2015, alors que les entités chinoises cherchaient à se financer en Europe à la place.

Réponse du marché et pression continue

La Hong Kong Monetary Authority a publié des assurances le 27 janvier 2016, promettant de « protéger le régime de taux de change lié du HKD ». Le marché s’est brièvement stabilisé. Pourtant, sous la surface, la pression ne s’est pas vraiment dissipée.

La volatilité financière en Chine continentale continue. L’Assemblée populaire nationale a maintenu le soutien aux marchés financiers fermement à l’ordre du jour. Tant que le yuan — et par extension, les marchés boursiers et de crédit en Chine — resteront dans un état d’incertitude, le système monétaire supposément indépendant de Hong Kong ressentira la tension.

L’ancrage tient, pour l’instant. Mais les traders doivent reconnaître la fragilité sous-jacente : deux systèmes monétaires qui, autrefois en harmonie parallèle, tirent de plus en plus dans des directions opposées, Hong Kong étant pris au milieu, tentant de maintenir son ancrage traditionnel face à des flux de capitaux déstabilisants provenant d’un voisin de plus en plus imprévisible.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
0/400
Aucun commentaire
  • Épingler

Trader les cryptos partout et à tout moment
qrCode
Scan pour télécharger Gate app
Communauté
Français (Afrique)
  • 简体中文
  • English
  • Tiếng Việt
  • 繁體中文
  • Español
  • Русский
  • Français (Afrique)
  • Português (Portugal)
  • Bahasa Indonesia
  • 日本語
  • بالعربية
  • Українська
  • Português (Brasil)