Le nouveau projet de loi du Sénat américain cible les revenus passifs des stablecoins, une nouvelle tournure dans la régulation des cryptomonnaies

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Le Comité bancaire du Sénat américain a réalisé une avancée majeure en matière de réglementation des stablecoins. Selon le projet de loi bipartite récemment publié, à l’avenir, les utilisateurs ne pourront plus percevoir d’intérêts ou de récompenses sous quelque forme que ce soit sur des stablecoins laissés en veille dans leur compte. Cette nouvelle version du « Projet de loi sur la structure du marché des cryptomonnaies », pilotée par le président du Comité bancaire du Sénat, Tim Scott, marque un changement fondamental dans l’attitude de la régulation vis-à-vis des modes de revenus des actifs numériques.

Stablecoins inactifs sans gains : comment la nouvelle loi redéfinit la donne

La clause principale du nouveau projet de loi stipule que les fournisseurs de services d’actifs numériques ne peuvent pas verser de récompenses aux utilisateurs qui « détiennent simplement des stablecoins de paiement ». Cette disposition vise à combler une faille réglementaire évoquée par le secteur bancaire — bien que la loi GENIUS, adoptée en juillet 2025, interdise aux émetteurs de stablecoins de verser directement des intérêts, elle n’a pas réussi à empêcher des plateformes comme Coinbase de contourner cette interdiction en offrant des récompenses aux utilisateurs.

Cependant, le nouveau projet de loi laisse une marge d’action à l’industrie. Si les gains ou récompenses sont directement liés à des comportements spécifiques, tels que des transactions, du staking, la fourniture de liquidités ou des opérations de collatéral, ils ne sont pas interdits. Cette approche de compromis provient de la sénatrice démocrate Angela Alsobrooks, qui tente de tracer une ligne rouge réglementaire tout en conservant la flexibilité opérationnelle nécessaire à l’industrie. Selon cette logique, les exchanges peuvent offrir des récompenses en stablecoins lorsque les utilisateurs effectuent des opérations concrètes, mais pas lorsque leurs fonds restent inactifs.

Pourquoi le secteur bancaire et les exchanges de cryptomonnaies sont en opposition

Ce projet de loi a pu voir le jour grâce à l’intense controverse autour de la question des revenus des stablecoins. Le secteur bancaire estime que les failles existantes ont été exploitées à outrance et doivent être fermement fermées par une législation claire. Les entreprises de cryptomonnaies, quant à elles, soutiennent que cette problématique a été résolue lors des négociations sur la loi GENIUS, et accusent les banques d’essayer de limiter la concurrence par le biais de nouvelles lois. Coinbase a même averti que si la législation restreignait excessivement les programmes de récompenses, elle pourrait envisager de retirer son soutien à l’ensemble du projet de loi.

Le fond du différend réside dans la compréhension différente de la nature des stablecoins : le secteur bancaire les considère comme des produits de quasi-dépôt, soumis à la régulation financière traditionnelle ; l’industrie crypto, en revanche, voit dans les stablecoins uniquement un moyen de paiement, dont la politique de rémunération doit être déterminée par le marché. Ce nouveau projet de loi tente de trouver un compromis.

Développeurs exonérés, absence de clauses éthiques : le prix du compromis

Le nouveau projet de loi intègre également les propositions des sénateurs Cynthia Lummis et Ron Wyden. La clause exclut explicitement les développeurs de logiciels et les fournisseurs d’infrastructures (tels que les mineurs ou opérateurs de nœuds) du statut de « intermédiaires financiers », garantissant qu’ils ne seront pas soumis à des obligations réglementaires supplémentaires en raison de la rédaction de code open source. Cette protection est considérée comme essentielle pour la communauté open source.

Il est également notable que le projet de loi ne comporte pas de clauses éthiques concernant le président Trump et ses activités dans le secteur des cryptomonnaies. Selon Bloomberg, la famille Trump aurait déjà réalisé un profit d’environ 6,2 milliards de dollars via des projets comme World Liberty Financial. Certains membres du Parti démocrate ont fortement plaidé pour l’inclusion de restrictions sur les conflits d’intérêts, mais des modérés comme le sénateur Ruben Gallego ont averti qu’un volet éthique trop radical pourrait faire échouer l’ensemble du projet. Finalement, un compromis a été trouvé.

La coordination entre les deux chambres en vue : combien de rebondissements encore ?

Ce projet de négociation publié est considéré comme une étape clé pour faire avancer la loi, en préparant le débat officiel du Comité bancaire du Sénat cette semaine. Par ailleurs, le Comité sénatorial de l’agriculture a reporté à la fin du mois une audition prévue prochainement, indiquant qu’il faut plus de temps pour intégrer les avis de toutes les parties.

Sur le plan procédural, les versions du Comité bancaire et du Comité de l’agriculture doivent être harmonisées avant leur transmission au Sénat pour un vote en plénière. Ensuite, les législateurs devront également faire face à la version de la « Loi sur la clarification du marché des actifs numériques (Clarity Act) » adoptée précédemment à la Chambre des représentants. Enfin, ce projet de loi, qui encadre l’industrie des cryptomonnaies, devra obtenir l’approbation des deux chambres pour être soumis à la signature du président américain Trump. Tout le processus reste incertain, avec de nombreux rebondissements possibles dans la négociation entre régulateurs, acteurs de l’industrie et parlementaires.

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