L'heure de début de la négociation sur le marché boursier américain : le NASDAQ vers un système financier ininterrompu

Il y a quelque temps, les investisseurs asiatiques négociant des actions américaines devaient veiller tard dans la nuit pour suivre le marché. Aujourd’hui, cette situation est sur le point de changer — mais à un prix bien plus complexe qu’on ne l’imagine. Mi-décembre 2025, le Nasdaq a officiellement soumis une demande à la Securities and Exchange Commission (SEC) pour prolonger les heures de négociation des actions américaines, passant de 16 heures par jour (pré-marché/marché/après-marché) sur 5 jours par semaine, à 23 heures par jour, 5 jours par semaine. Si cette demande est approuvée, la négociation des actions américaines s’étendra du dimanche soir 21h00 au vendredi soir 20h00, avec une seule heure de maintenance quotidienne (20h00-21h00). La logique derrière cette proposition dépasse largement le simple « répondre aux besoins des investisseurs asiatiques » : il s’agit d’une opération systémique hautement coordonnée, visant à propulser la finance traditionnelle vers un avenir tokenisé « jamais fermé ».

Du trading en soirée à une disponibilité 24/7 : à quelle heure le marché américain adoptera-t-il ces nouvelles règles ?

La question de savoir à quelle heure commencer à négocier sur le marché américain semble simple, mais cette réforme implique en réalité une mise à niveau coordonnée de tout le système financier traditionnel. Outre le Nasdaq lui-même, de nombreux acteurs sont concernés : courtiers, chambres de compensation (DTCC), régulateurs, sociétés cotées, etc. Pour supporter un système de trading 23 heures, tous les participants doivent se réorganiser en profondeur :

Les coûts pour les courtiers et brokers explosent. La négociation 24h/24 nécessite que le service client, la gestion des risques, et les systèmes de maintenance soient opérationnels en continu, ce qui entraîne une augmentation directe des coûts de personnel en rotation et de maintenance des systèmes. Il ne s’agit pas seulement d’une mise à niveau technologique, mais aussi d’une réorganisation majeure des ressources humaines.

Les chambres de compensation doivent reconstruire leurs systèmes. La DTCC et ses filiales, comme la DTC, doivent mettre à jour leurs systèmes de traitement des transactions et de compensation pour couvrir des horaires prolongés jusqu’à 4h du matin, afin de respecter la nouvelle règle de « règlement le jour suivant » pour les opérations nocturnes. Cela implique une refonte complète du flux de données, de la gestion des marges, de la surveillance des risques, etc.

Le calendrier de divulgation des sociétés cotées est bouleversé. Les résultats financiers et autres annonces importantes ne seront plus uniquement intégrés dans le prix durant les heures de marché, mais pourront réagir instantanément en dehors des horaires traditionnels, complexifiant la gestion des relations investisseurs.

Cela explique pourquoi le Nasdaq ne propose pas une ouverture 24/7 immédiate, mais conserve une heure de « pause » — selon ses déclarations, cette heure est principalement consacrée à la maintenance, aux tests et à la clôture des transactions. Dans le système actuel de compensation centralisée, une période de coupure physique est nécessaire pour traiter les lots de données, la gestion des marges et la vérification des garanties. C’est là la « faiblesse » de l’architecture financière traditionnelle.

Pour les traders en Asie, dans le fuseau horaire UTC+8, le mode 5×23 offre un avantage substantiel — ils peuvent participer en temps réel sans veiller tard. Mais derrière cette avancée, le Nasdaq réalise en réalité un test de résistance extrême, vérifiant la capacité de ses infrastructures financières existantes à supporter une opération continue. En comparaison, les actifs cryptographiques basés sur la blockchain disposent intrinsèquement d’une capacité de négociation 7×24×365, grâce à des registres décentralisés et des contrats intelligents permettant un règlement atomique, sans besoin d’arrêt pour maintenance ni de fenêtre fixe pour les processus clés.

Risque de fragmentation de la liquidité : la reconfiguration du pouvoir de fixation des prix en mode 5×23

Bien que l’extension des heures de négociation puisse théoriquement attirer plus de capitaux transfrontaliers, la réalité montre une situation à double tranchant.

D’abord, le risque de « fragmentation » de la liquidité. La demande limitée est dispersée sur une période plus longue, notamment durant la séance nocturne où le volume est historiquement faible. En prolongeant les heures de marché, cette faible liquidité peut entraîner une augmentation des spreads, des glissements lors des ordres, et accroître les coûts pour les investisseurs particuliers. Plus risqué encore, dans un environnement de faible liquidité nocturne, quelques capitaux peuvent provoquer de fortes fluctuations, avec des phénomènes de manipulation de marché comme le « pump and dump » ou le « short squeeze » plus fréquents.

En réalité, l’activité en dehors des heures traditionnelles connaît une croissance explosive. Selon les données du NYSE, au deuxième trimestre 2025, le volume des transactions hors heures de marché a dépassé 20 milliards d’actions, pour un montant de 620 milliards de dollars, représentant 11,5 % du volume total des actions américaines ce trimestre, un record historique. Les plateformes de trading nocturne comme Blue Ocean ou OTC Moon voient leurs volumes continuer à augmenter, et le trading nocturne n’est plus marginal. Il s’agit en fait d’une demande réelle des traders mondiaux, notamment des investisseurs particuliers asiatiques, de « trader les actions américaines dans leur propre fuseau horaire ».

Ensuite, la possible transformation de la structure du pouvoir de fixation des prix. Le Nasdaq tente de réintégrer les ordres décentralisés vers des plateformes OTC comme Blue Ocean ou OTC Moon dans le cadre du mode 5×23. Mais le problème de fragmentation de la liquidité pour les investisseurs institutionnels persiste : il ne s’agit plus seulement de « dispersion hors marché », mais aussi de « répartition intra-marché en temps réel », ce qui impose des coûts de gestion des risques et de contrôle très élevés.

Enfin, la amplification des risques de « black swan ». Dans un cadre de négociation 23h/24, tout événement imprévu majeur (chute de résultats, déclaration réglementaire, conflit géopolitique) peut instantanément se traduire en ordre de marché. Le marché ne dispose plus d’une période de « dormir et digérer » la nuit, ce qui rend la réaction immédiate plus susceptible de provoquer des réactions en chaîne, surtout dans un environnement de liquidité faible. En tenant compte du décalage horaire avec l’Asie, un événement « black swan » dans une région peut entraîner une volatilité explosive lors de la séance nocturne américaine.

Cela montre que le mode 5×23 n’est pas simplement une extension d’horaires, mais une reconstruction systémique du mécanisme de découverte des prix, de la structure de liquidité et de la répartition du pouvoir de fixation des prix.

Feuille de route de la tokenisation : régulation, infrastructure, échanges en synergie

En regardant plus loin, les actions récentes de Nasdaq ne sont pas le fruit d’une impulsion soudaine, mais une pièce d’un puzzle stratégique soigneusement préparé, dont l’objectif ultime est de doter les actions d’une capacité de circulation, de règlement et de fixation des prix semblable à celle des tokens.

Nasdaq a choisi une voie de réforme douce, à l’image de la finance traditionnelle, avec une logique d’évolution progressive :

Mai 2024 : première étape de la mise à niveau infrastructurelle. La réduction du délai de règlement des actions de T+2 à T+1, bien que conservatrice, est cruciale. En raccourcissant la période de règlement, le marché s’habitue à un flux de capitaux plus rapide.

Début 2025 : annonce de l’extension des horaires. Nasdaq commence à évoquer une « négociation 24h/24 » pour une mise en service prévue fin 2026. Par ailleurs, l’intégration du système Calypso avec la blockchain pour automatiser la gestion des marges et des garanties 7×24 est en cours — une évolution qui, pour les investisseurs individuels, ne change rien de visible, mais envoie un signal clair aux acteurs institutionnels : le back-office est prêt pour la compensation on-chain.

Mi-2025 : avancées réglementaires. En septembre, Nasdaq dépose une demande officielle auprès de la SEC pour la « tokenisation » des actions ; en novembre, la stratégie prioritaire est clairement affichée : accélérer la tokenisation des actions américaines. Par ailleurs, le président de la SEC, Paul Atkins, a déclaré dans une interview que la tokenisation représentait l’avenir des marchés de capitaux, permettant une meilleure propriété et une meilleure traçabilité des actifs, avec une migration vers la blockchain prévue « dans environ 2 ans », pour tous les marchés américains.

Décembre 2025 : dépôt de la demande pour la négociation 23h/24. Presque simultanément, Nasdaq dépose une demande auprès de la SEC pour un système de négociation 5×23. La DTC reçoit une lettre d’absence d’objection de la SEC, validant la fourniture de services de tokenisation d’actifs réels en environnement contrôlé, avec une mise en production prévue pour la seconde moitié de 2026.

Ce calendrier révèle une synergie impressionnante : régulateurs (SEC), infrastructures (DTCC/DTC) et places de marché (Nasdaq) avancent en rythme coordonné en 2025. La SEC assouplit la réglementation tout en laissant entendre une volonté de « tout en chaîne » ; la DTCC consolide ses bases pour la compensation et la garde des actifs tokenisés ; Nasdaq pousse en front-office son projet de tokenisation des actions.

De ce point de vue, le système de négociation 23h/24 n’est pas une simple modification réglementaire, mais une étape incontournable du plan de tokenisation des actions. Car les actifs tokenisés de demain viseront une liquidité 7×24, et le mode 23h/24 actuel n’est qu’un « état de transition » proche du rythme on-chain. Une fois que les habitudes de trading seront remodelées par le mode 5×23, la patience pour la négociation instantanée et la fixation immédiate des prix sera renforcée, et la fin du cycle 7×24 sera peut-être plus proche qu’on ne le pense.

En conclusion : la boîte de Pandore est ouverte

Lorsque le mode « 5×23 » devient la nouvelle norme, les investisseurs ne manqueront pas de se poser la question suivante : pourquoi supporter cette coupure d’1 heure ? Pourquoi ne pas trader le week-end ? Pourquoi ne pas régler instantanément avec des stablecoins ?

Une fois que la demande humaine est libérée, elle devient irréversible. Lorsque l’appétit des investisseurs mondiaux sera totalement éveillé par le mode 5×23, l’architecture défaillante de la finance traditionnelle sera confrontée à sa dernière grande épreuve. Seuls des actifs natifs tokenisés en 7×24 pourront combler cette dernière heure vide.

C’est pour cela que Coinbase, Ondo, Robinhood et MSX, entre autres, accélèrent la cadence — il ne s’agit pas de savoir qui lancera en premier la tokenisation des actions, mais qui s’adaptera le plus vite à ce futur financier « jamais fermé ». L’heure de début de négociation des actions américaines n’est plus une simple question de timing, mais un indicateur de l’évolution globale du système financier.

Le temps laissé à l’« ancienne horloge » est désormais compté.

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