Du storytelling aux chiffres : la ligne de démarcation entre vie et mort des projets cryptographiques en 2026

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Vouloir raconter une histoire a autrefois été l’arme la plus puissante du financement en cryptomonnaie. Un white paper bien présenté, une vision ambitieuse, une narration émouvante suffisaient à convaincre les investisseurs. Mais aujourd’hui, tout cela se désagrège à une vitesse visible à l’œil nu.

I. Fin de l’ère du « spray and pray » : les VC ne croient plus aux histoires, mais uniquement aux données

Les données de Wintermute Ventures illustrent de manière frappante à quel point cette transformation est profonde. En 2025, cette société de market-making de premier plan a examiné 600 projets, pour n’en approuver que 23 — un taux d’approbation de seulement 4%. Même ceux en phase de due diligence ne représentaient que 20%. Le fondateur Evgeny Gaevoy affirme clairement qu’ils ont complètement abandonné le modèle du « spray and pray » de 2021-2022.

Tout l’écosystème VC en cryptomonnaie vit cette même mutation. Le nombre de transactions en 2025 a chuté de plus de 60 %, passant d’un peu plus de 2 900 en 2024 à environ 1 200. Mais le changement le plus crucial concerne la réorientation des flux financiers : le total des investissements en cryptomonnaie reste à 4,975 milliards de dollars, mais se concentre de plus en plus sur quelques projets seulement.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les investissements en phase avancée représentent 56 %, tandis que les tours d’amorçage se contractent à un niveau historiquement bas. Le marché américain illustre encore mieux cette tendance — le nombre de transactions a diminué de 33 %, mais le montant médian par opération a doublé, atteignant 5 millions de dollars. Cela signifie que les investisseurs préfèrent soutenir massivement quelques projets plutôt que de croire à la logique spéculative du « pari à cent fois ».

L’échec de la narration s’explique principalement par une concentration extrême de la liquidité. En 2025, le marché crypto est dominé à 75 % par des fonds institutionnels, mais la majorité de cet argent reste bloqué dans des actifs majeurs comme BTC et ETH. Les données OTC montrent que, bien que la part de marché de BTC et ETH ait légèrement diminué à 49 %, la part des actifs de grande capitalisation a en réalité augmenté de 8 %.

Plus inquiétant encore, le cycle de narration des altcoins est passé de 61 jours en 2024 à seulement 19-20 jours en 2025. Les fonds n’ont tout simplement pas le temps de s’écouler vers des projets de taille moyenne ou petite. Par ailleurs, les investisseurs particuliers se tournent vers l’IA et les actions technologiques, laissant le marché crypto sans flux de capitaux additionnels. Le cycle traditionnel du « marché haussier de quatre ans » a été totalement brisé.

II. Les trois seuils pour les projets en tour d’amorçage : une belle histoire ne suffit plus face aux données concrètes

Dans cet environnement d’une précision extrême, le tour d’amorçage n’est plus le point de départ pour brûler de l’argent, mais une étape cruciale où il faut prouver sa capacité à générer des revenus.

Premier seuil : la vérification réelle de l’adéquation produit-marché (PMF). Les VC ne se contentent plus de plans d’affaires ou de visions. Ils veulent voir des données concrètes : au moins 1 000 utilisateurs actifs ou un chiffre d’affaires mensuel supérieur à 100 000 dollars. La rétention des utilisateurs est encore plus critique — si le ratio DAU/MAU est inférieur à 50 %, cela indique un désintérêt total. Beaucoup de projets échouent à cette étape : ils ont de beaux white papers, une technologie impressionnante, mais ne parviennent pas à prouver que les utilisateurs utilisent réellement leur produit ou sont prêts à payer.

Deuxième seuil : l’efficacité du capital. Les VC anticipent l’émergence de nombreux « zombies profitables » — des entreprises avec un revenu récurrent annuel (ARR) de seulement 2 millions de dollars et une croissance annuelle de 50 %, incapable d’attirer un financement en série B. Cela impose aux équipes en tour d’amorçage de garantir leur « survie prédéfinie » : ne pas dépenser plus de 30 % de leur revenu mensuel en burn, ou atteindre la rentabilité dès le début.

Cela peut paraître sévère, mais dans un contexte de liquidité rare, c’est la seule voie possible. Les équipes doivent se limiter à moins de 10 personnes, privilégier les outils open source pour réduire les coûts, voire recourir à des services de conseil pour compléter leur trésorerie. Les projets qui dépensent des dizaines de personnes à un rythme effréné ne peuvent plus espérer obtenir une nouvelle levée cette année.

Troisième seuil : l’évolution technologique. En 2025, les données montrent que pour chaque dollar investi par un VC, 40 cents vont vers des projets crypto en IA — un doublement par rapport à l’année précédente. L’IA n’est plus un bonus, mais une nécessité. Les projets en tour d’amorçage doivent démontrer comment l’IA peut réduire leur cycle de développement de 6 à 2 mois, ou comment elle peut piloter des transactions de capitaux ou optimiser la liquidité DeFi.

Par ailleurs, la conformité et la protection de la vie privée doivent être intégrées dès le code. Avec la tokenisation des RWA (actifs du monde réel), les projets doivent utiliser la preuve à connaissance zéro pour garantir la confidentialité. Ceux qui ignorent ces aspects seront considérés comme « dépassés ».

Enfin, le dernier défi concerne la liquidité : les projets crypto doivent dès le tour d’amorçage planifier leur accès aux canaux de liquidité, notamment en établissant des connexions avec des ETF ou des DEX institutionnels. En 2025, la part des fonds institutionnels atteint 75 %, et le marché des stablecoins a explosé, passant de 206 milliards à plus de 300 milliards de dollars — un signal fort. Les projets doivent se concentrer sur des actifs compatibles ETF, nouer des partenariats précoces avec des exchanges, et construire des pools de liquidité. Ceux qui pensent « lever des fonds d’abord, puis entrer en bourse » ne survivront pas cette année.

Toutes ces exigences font que le tour d’amorçage n’est plus une simple étape de test, mais un véritable examen global. Les équipes doivent être pluridisciplinaires — ingénieurs, experts IA, conseillers financiers, spécialistes conformité —, et adopter une approche agile pour itérer rapidement, parler avec des données plutôt qu’avec des histoires, et bâtir un modèle d’affaires durable plutôt que de dépendre uniquement du financement.

Les chiffres sont sans appel : 45 % des projets crypto soutenus par des VC ont échoué, 77 % génèrent moins de 1 000 dollars de revenus mensuels, et 85 % des tokens lancés en 2025 sont sous l’eau. Ces données montrent que sans capacité à générer des revenus, un projet ne survivra pas à la prochaine levée, encore moins à une sortie réussie.

III. La ligne de démarcation pour les investisseurs : abandonner la narration, privilégier la sélection précise

Pour les investisseurs, 2026 sera une année charnière : il faudra s’adapter aux nouvelles règles ou disparaître du marché.

Le taux d’approbation de 4 % de Wintermute n’est pas une marque de sélectivité, mais un avertissement pour toute l’industrie — continuer à utiliser l’ancien modèle du « spray and pray » conduira à des pertes importantes. La racine du problème réside dans le fait que le marché a changé : il n’est plus spéculatif, mais institutionnel. Avec 75 % des fonds bloqués dans des retraites ou des hedge funds, et les particuliers qui se tournent vers l’IA, la rotation des cycles de projets de cryptomonnaie est passée de 60 à 20 jours. Continuer à investir dans des projets narratifs, c’est volontairement donner de l’argent.

Les données concrètes sont implacables : en 2025, les narratifs GameFi et DePIN ont chuté de plus de 75 %, les projets IA ont perdu en moyenne 50 %, et 19 milliards de dollars de levées de fonds en effet de levier ont été liquidés en octobre — autant de signaux que le marché ne croit plus aux histoires, mais uniquement à l’exécution et à la durabilité.

Les institutions doivent changer radicalement leurs critères d’investissement. Passer de « quelle taille peut atteindre cette histoire » à « ce projet peut-il prouver sa capacité à générer des revenus en tour d’amorçage ». Finies les largesses pour l’amorçage : il faut privilégier quelques projets de haute qualité, ou se tourner vers le mid et late stage pour réduire le risque. En fin d’année 2025, les investissements en phase avancée représentent 56 %, ce qui n’est pas une coïncidence, mais le résultat d’un vote du marché.

Le repositionnement des stratégies d’investissement est aussi nécessaire. La fusion IA-crypto n’est pas une tendance, c’est une réalité — en 2026, plus de 50 % des investissements croisés dans ces domaines seront consacrés à cette intersection. Les fonds qui continuent à miser sur des projets purement narratifs, à ignorer la conformité, la privacy, ou l’intégration IA, découvriront qu’ils ne peuvent pas accéder à la liquidité, ni entrer en bourse, ni sortir avec succès.

Enfin, l’évolution de la méthodologie d’investissement est incontournable. La prospection proactive doit remplacer l’attente passive des pitch decks, l’évaluation doit être accélérée, et la réponse rapide doit supplanter la bureaucratie. Il faut aussi explorer de nouvelles opportunités — AI Rollups, RWA 2.0, stablecoins pour paiements transfrontaliers, innovations fintech dans les marchés émergents.

Les VC doivent passer d’une mentalité de « pari à cent fois » à celle de « chasseurs de survivants ». Utiliser une vision à long terme de 5 à 10 ans plutôt que la logique spéculative à court terme pour sélectionner les projets.

Le rapport de Wintermute sonne comme un avertissement pour toute l’industrie : 2026 ne sera pas la suite naturelle du marché haussier, mais un terrain de jeu où les gagnants rafleront tout. Ceux qui auront su s’adapter rapidement aux nouvelles règles de sélection auront une longueur d’avance lorsque la liquidité reviendra. Ceux qui continueront à utiliser l’ancien modèle, avec leurs anciennes idées et standards, verront leurs projets échouer un par un, leurs tokens partir à zéro, et leurs voies de sortie se fermer.

Le marché a changé, les règles du jeu aussi. La seule constante : seuls les projets avec une vraie capacité à générer des revenus, à survivre jusqu’à l’entrée en bourse, méritent l’investissement. La fin de l’ère du storytelling est actée, celle du travail concret commence.

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