La question de savoir si les membres de la famille royale britannique remplissent leurs obligations fiscales a longtemps fasciné le public. Contrairement aux idées reçues, la situation fiscale de la monarchie est plus nuancée qu’une simple réponse oui ou non. La transition suite au règne de 70 ans de la reine Elizabeth II, avec le roi Charles III désormais sur le trône, a relancé l’intérêt pour la façon dont la famille royale finance ses opérations et gère ses responsabilités fiscales.
Les multiples sources de revenus de la famille royale
La monarchie britannique tire un soutien financier de plusieurs sources distinctes. Le gouvernement fournit la Sovereign Grant, une allocation annuelle calculée en pourcentage des profits du Crown Estate — le portefeuille important de propriétés et de terres détenu par le monarque en exercice. Pour l’année fiscale 2021-2022, le Crown Estate a généré un revenu net de 312,7 millions de livres, dont la famille royale a reçu 86,3 millions de livres (représentant 15 % des profits des deux années précédentes, plus une allocation supplémentaire de 10 % pour les coûts de rénovation du palais de Buckingham).
Au-delà de la Sovereign Grant, la famille royale maintient des flux de revenus privés importants. Le Duché de Lancaster, détenu par le souverain en exercice depuis 1399, a généré environ 24 millions de livres pour la reine Elizabeth II l’année précédente. Après l’ascension du roi Charles III, son fils le prince William a hérité du Duché de Cornouailles, qui possède des actifs dépassant 1 milliard de livres et un revenu annuel d’environ 23 millions de livres.
De plus, la famille royale possède une richesse personnelle considérable accumulée au fil des générations, comprenant des portefeuilles d’investissement, des collections d’art, des acquisitions de bijoux et des biens hérités. La maison royale ne divulgue pas publiquement tous les détails de ces finances privées, rendant les calculs précis de la richesse difficiles pour les observateurs extérieurs.
Gestion du Crown Estate et des duchés
Le Crown Estate représente l’un des patrimoines immobiliers les plus précieux de Grande-Bretagne, dont l’origine remonte à la confiscation des terres anglaises par Guillaume le Conquérant après 1066. Au fil des siècles, ces possessions ont été agrandies par les monarques successifs, et aujourd’hui, leur valeur totale dépasse 17 milliards de livres. Ce portefeuille étendu comprend des propriétés résidentielles, des terres agricoles, des locaux commerciaux et des établissements de vente au détail, générant des revenus par le biais des loyers, des dividendes d’investissements et des recettes commerciales. Un conseil d’administration nommé par le monarque supervise la gestion quotidienne.
Le Duché de Lancaster et le Duché de Cornouailles fonctionnent comme des domaines privés distincts, séparés du Crown Estate lui-même. Les revenus proviennent principalement de terres agricoles, commerciales et résidentielles situées dans leurs territoires respectifs, fournissant des flux de revenus dédiés à leurs titulaires.
Obligations financières annuelles et dépenses
La Sovereign Grant finance les coûts opérationnels importants liés au maintien des devoirs publics de la monarchie. Les membres de la maison royale participent à environ 2 300 engagements officiels chaque année au Royaume-Uni et à l’étranger. La plus grande dépense par ordre d’importance est l’entretien des propriétés, qui a coûté 63,9 millions de livres lors des dernières années financières. D’autres coûts importants incluent la paie du personnel royal (23,7 millions de livres), les déplacements officiels (4,5 millions de livres), la rémunération supplémentaire du personnel (3,8 millions de livres), les services publics (3,2 millions de livres), les services numériques et télécommunications (3,2 millions de livres), ainsi que l’entretien ménager et l’hospitalité (1,3 million de livres).
Responsabilités fiscales : conformité volontaire depuis 1992
Malgré des idées reçues, la famille royale britannique remplit en réalité ses obligations fiscales. Selon des déclarations officielles de la famille royale, la reine Elizabeth II a volontairement commencé à payer l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les plus-values en 1992, établissant un précédent qui a été maintenu. Depuis 1993, le revenu personnel du monarque est soumis à l’imposition selon le même cadre que celui appliqué aux contribuables ordinaires. La famille royale reste responsable de la TVA et paie volontairement les taxes foncières locales.
Lorsqu’il était duc de Cornouailles, le roi Charles III a volontairement payé l’impôt sur le revenu au taux marginal maximal de 45 % sur les revenus du Duché, bien que le Duché lui-même reste exempt d’impôt sur les sociétés et d’impôt sur les plus-values. Cette conformité volontaire montre la volonté de la monarchie de contribuer financièrement au-delà des obligations légales, car ni le monarque en exercice ni les membres de sa famille immédiate ne sont soumis par la loi britannique à l’obligation de payer l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les plus-values ou la taxe d’héritage.
L’approche de la famille royale en matière de responsabilités fiscales constitue une déviation importante par rapport à leurs droits légaux, illustrant un engagement envers la responsabilité financière publique et la transparence qui a considérablement évolué au cours des dernières décennies. En choisissant de payer des impôts sur leurs revenus personnels et ceux du Duché, malgré l’absence d’obligation légale, la monarchie montre son alignement avec les attentes plus larges du public concernant la contribution financière à l’État.
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Comprendre les obligations fiscales royales : La famille royale britannique paie-t-elle réellement des impôts ?
La question de savoir si les membres de la famille royale britannique remplissent leurs obligations fiscales a longtemps fasciné le public. Contrairement aux idées reçues, la situation fiscale de la monarchie est plus nuancée qu’une simple réponse oui ou non. La transition suite au règne de 70 ans de la reine Elizabeth II, avec le roi Charles III désormais sur le trône, a relancé l’intérêt pour la façon dont la famille royale finance ses opérations et gère ses responsabilités fiscales.
Les multiples sources de revenus de la famille royale
La monarchie britannique tire un soutien financier de plusieurs sources distinctes. Le gouvernement fournit la Sovereign Grant, une allocation annuelle calculée en pourcentage des profits du Crown Estate — le portefeuille important de propriétés et de terres détenu par le monarque en exercice. Pour l’année fiscale 2021-2022, le Crown Estate a généré un revenu net de 312,7 millions de livres, dont la famille royale a reçu 86,3 millions de livres (représentant 15 % des profits des deux années précédentes, plus une allocation supplémentaire de 10 % pour les coûts de rénovation du palais de Buckingham).
Au-delà de la Sovereign Grant, la famille royale maintient des flux de revenus privés importants. Le Duché de Lancaster, détenu par le souverain en exercice depuis 1399, a généré environ 24 millions de livres pour la reine Elizabeth II l’année précédente. Après l’ascension du roi Charles III, son fils le prince William a hérité du Duché de Cornouailles, qui possède des actifs dépassant 1 milliard de livres et un revenu annuel d’environ 23 millions de livres.
De plus, la famille royale possède une richesse personnelle considérable accumulée au fil des générations, comprenant des portefeuilles d’investissement, des collections d’art, des acquisitions de bijoux et des biens hérités. La maison royale ne divulgue pas publiquement tous les détails de ces finances privées, rendant les calculs précis de la richesse difficiles pour les observateurs extérieurs.
Gestion du Crown Estate et des duchés
Le Crown Estate représente l’un des patrimoines immobiliers les plus précieux de Grande-Bretagne, dont l’origine remonte à la confiscation des terres anglaises par Guillaume le Conquérant après 1066. Au fil des siècles, ces possessions ont été agrandies par les monarques successifs, et aujourd’hui, leur valeur totale dépasse 17 milliards de livres. Ce portefeuille étendu comprend des propriétés résidentielles, des terres agricoles, des locaux commerciaux et des établissements de vente au détail, générant des revenus par le biais des loyers, des dividendes d’investissements et des recettes commerciales. Un conseil d’administration nommé par le monarque supervise la gestion quotidienne.
Le Duché de Lancaster et le Duché de Cornouailles fonctionnent comme des domaines privés distincts, séparés du Crown Estate lui-même. Les revenus proviennent principalement de terres agricoles, commerciales et résidentielles situées dans leurs territoires respectifs, fournissant des flux de revenus dédiés à leurs titulaires.
Obligations financières annuelles et dépenses
La Sovereign Grant finance les coûts opérationnels importants liés au maintien des devoirs publics de la monarchie. Les membres de la maison royale participent à environ 2 300 engagements officiels chaque année au Royaume-Uni et à l’étranger. La plus grande dépense par ordre d’importance est l’entretien des propriétés, qui a coûté 63,9 millions de livres lors des dernières années financières. D’autres coûts importants incluent la paie du personnel royal (23,7 millions de livres), les déplacements officiels (4,5 millions de livres), la rémunération supplémentaire du personnel (3,8 millions de livres), les services publics (3,2 millions de livres), les services numériques et télécommunications (3,2 millions de livres), ainsi que l’entretien ménager et l’hospitalité (1,3 million de livres).
Responsabilités fiscales : conformité volontaire depuis 1992
Malgré des idées reçues, la famille royale britannique remplit en réalité ses obligations fiscales. Selon des déclarations officielles de la famille royale, la reine Elizabeth II a volontairement commencé à payer l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les plus-values en 1992, établissant un précédent qui a été maintenu. Depuis 1993, le revenu personnel du monarque est soumis à l’imposition selon le même cadre que celui appliqué aux contribuables ordinaires. La famille royale reste responsable de la TVA et paie volontairement les taxes foncières locales.
Lorsqu’il était duc de Cornouailles, le roi Charles III a volontairement payé l’impôt sur le revenu au taux marginal maximal de 45 % sur les revenus du Duché, bien que le Duché lui-même reste exempt d’impôt sur les sociétés et d’impôt sur les plus-values. Cette conformité volontaire montre la volonté de la monarchie de contribuer financièrement au-delà des obligations légales, car ni le monarque en exercice ni les membres de sa famille immédiate ne sont soumis par la loi britannique à l’obligation de payer l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les plus-values ou la taxe d’héritage.
L’approche de la famille royale en matière de responsabilités fiscales constitue une déviation importante par rapport à leurs droits légaux, illustrant un engagement envers la responsabilité financière publique et la transparence qui a considérablement évolué au cours des dernières décennies. En choisissant de payer des impôts sur leurs revenus personnels et ceux du Duché, malgré l’absence d’obligation légale, la monarchie montre son alignement avec les attentes plus larges du public concernant la contribution financière à l’État.