Les marchés mondiaux adoptent la stratégie 'Swedish TACO' alors que les vents politiques changent

Les marchés boursiers internationaux ont rebondi fortement jeudi, se remettant d’une faiblesse initiale, les investisseurs réagissant positivement aux revers de politique aux États-Unis et à un nouvel optimisme économique. La force motrice de ce rallye s’est concentrée sur la décision du président Donald Trump de mettre de côté les plans de tarifs visant les nations européennes et d’aboutir à un accord préliminaire sur le Groenland — une démarche qui a soulagé les investisseurs mondiaux inquiets de l’escalade des tensions commerciales. Mais derrière ce rallye apparent se cache une dynamique de marché plus sophistiquée : le retour de ce que les traders appellent le cadre “Swedish TACO” — une position tactique qui récompense certains paris sur les devises et les classes d’actifs lorsque la direction de la politique américaine devient incertaine.

Le renversement de politique déclenche une fuite vers les actifs risqués

La semaine a débuté par de fortes baisses sur Wall Street, les marchés des Treasuries américaines et le dollar. La reprise de jeudi suggère que l’administration Trump a calculé que des postures commerciales agressives comportent des risques politiques — surtout avec des taux hypothécaires toujours au-dessus de 6 % et des préoccupations d’accessibilité financière pesant sur les électeurs avant les prochaines élections. En reculant face à des mesures tarifaires confrontantes à ce moment critique, les décideurs semblent déterminés à éviter une hausse des rendements à long terme ou un effondrement du marché boursier. Les marchés ont depuis longtemps compris que Trump se retire fréquemment de menaces politiques spectaculaires lorsque les conditions se resserrent, créant un schéma exploité par les traders.

Ce recalibrage a fait grimper les actions. Wall Street a progressé de 0,8 %, tandis que le Russell 2000 a atteint de nouveaux sommets historiques. Les bourses européennes ont enregistré leur meilleure séance en deux mois. L’Asie a suivi, avec le Nikkei japonais en hausse de 1,7 % et le Bovespa brésilien bondissant de 2 % pour atteindre de nouveaux pics. Le marché des devises raconte une histoire particulièrement révélatrice : l’indice du dollar américain a chuté de 0,5 %, tandis que les devises australienne, néo-zélandaise, suédoise et norvégienne se sont toutes renforcées d’environ 1 % face au dollar. L’appréciation de la couronne suédoise reflète une dynamique plus large où les traders se tournent vers des devises non-dollar, sensibles au risque, lorsque l’incertitude sur la politique américaine diminue.

Comprendre le cadre de trading “Swedish TACO”

La stratégie “Swedish TACO” — un acronyme capturant la position tactique dans les devises, actifs et opportunités de matières premières des marchés développés mineurs — représente un pari calculé sur le retour de l’appétit mondial pour le risque. Dans ce cadre, les actifs suédois et les investissements libellés en couronne gagnent en attrait à mesure que les investisseurs s’éloignent des positions refuges en dollar. L’action du marché de jeudi illustre parfaitement ce manuel : avec la détente des tensions sur le Groenland et le retrait des menaces tarifaires, les conditions favorisaient précisément ce type de rotation.

La beauté de l’approche “Swedish TACO” réside dans sa flexibilité. Lorsqu’un nuage d’incertitude plane sur la politique américaine, les traders reviennent aux positions fondamentales en dollar et en Treasuries. Lorsqu’une clarté émerge — ou que les menaces politiques s’éloignent — ils se repositionnent dans des actifs à rendement plus élevé, corrélés au risque, à travers les économies nordiques, les marchés émergents et les secteurs liés aux matières premières. La hausse de 1 % de la couronne suédoise jeudi illustre précisément cette narration.

Gains larges sur tous les classes d’actifs

La performance sectorielle des actions a révélé la profondeur de la restauration de l’appétit pour le risque. Sept des onze secteurs du S&P 500 ont enregistré des gains, tandis que quatre ont reculé. Les services de communication ont mené la hausse avec +1,6 %, tandis que l’immobilier a accusé une baisse de 1,1 %. Meta a bondi de 5,5 % grâce à un sentiment positif, alors que General Electric a chuté de 7,4 %. Cette divergence reflète une force sélective plutôt qu’une euphorie généralisée.

Les marchés obligataires ont vu les rendements des Treasuries américaines augmenter de 1 à 3 points de base, conformément à une amélioration modérée du sentiment de risque et à une légère réévaluation des attentes de croissance. En revanche, les rendements des obligations d’État japonaises ont inversé leur tendance, en baisse d’environ 5 points de base le long de la courbe. Cette divergence indique des pressions politiques variables dans les principales économies.

Les métaux précieux ont rejoint le rallye. L’or a atteint un nouveau sommet au-dessus de 4 900 $ l’once, l’argent a gagné 3 %, et le platine a bondi de 6 %. Les prix du pétrole, en revanche, ont reculé d’environ 2 %, reflétant des préoccupations de demande liées à un ralentissement des perspectives de croissance mondiale. La surperformance relative des métaux précieux par rapport au brut suggère que les investisseurs se couvrent sélectivement contre l’inflation et les risques géopolitiques tout en maintenant une position de risque ailleurs.

Pourquoi l’économie américaine reste l’ancre

Malgré les bruits persistants sur les guerres commerciales, la volatilité de l’inflation et les tensions géopolitiques, l’économie américaine continue de défier les prévisions pessimistes. Le PIB du troisième trimestre a été révisé à la hausse à 4,4 % en rythme annuel — le rythme le plus rapide en deux ans et une amélioration notable par rapport à 3,8 % au deuxième trimestre. En regardant vers l’avenir, les estimations préliminaires suggèrent une dynamique encore plus forte au quatrième trimestre, avec le modèle GDPNow de la Réserve fédérale d’Atlanta projetant une croissance annuelle de 5,4 %.

Ces chiffres robustes compliquent le récit de la politique monétaire. Les risques de croissance et d’inflation semblent inclinés à la hausse, soulevant des questions légitimes sur la récente décision de la Fed de réduire ses taux d’intérêt. Si la croissance s’accélère à 5,4 % alors que les pressions sur les prix restent tenaces, le cas pour une poursuite des baisses de taux s’affaiblit considérablement. L’acceptation par le marché du rallye de jeudi — plutôt que de vendre face à la croissance — suggère que les traders ont intégré un scénario “Goldilocks” : une croissance suffisante pour soutenir les actions, mais pas assez d’inflation pour forcer la Fed à une cycle de resserrement.

Le dilemme de la politique de la Banque du Japon

Le Japon fait face à une situation particulièrement difficile avant l’annonce de sa politique vendredi. Le yen se négocie près de ses plus bas historiques, le marché obligataire gouvernemental lutte contre la hausse des rendements à long terme, et les responsables subissent la pression d’étendre les dépenses fiscales. Pourtant, la Banque du Japon ne peut pas simplement augmenter agressivement ses taux sans risquer de déstabiliser le marché de la dette massive du pays. La tarification actuelle du marché laisse penser que les traders anticipent une hausse de 25 points de base d’ici juillet, avec seulement des augmentations modestes par la suite — probablement insuffisantes pour soutenir significativement le yen mais suffisantes pour créer une volatilité à court terme pour les détenteurs de JGB.

Ce dilemme politique reflète la tension plus large à laquelle sont confrontées les banques centrales mondiales : comment soutenir les devises nationales et gérer l’inflation sans provoquer d’instabilité financière. La BOJ optera probablement pour une approche mesurée, décevant ceux qui espèrent un soutien agressif au yen tout en limitant les dégâts sur le marché obligataire. Cette tension devrait perdurer dans les mois à venir.

Événements clés à l’horizon

Vendredi, le calendrier économique sera chargé. Le Forum économique mondial se tient à Davos, avec des interventions attendues de la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva et de la présidente de la BCE Christine Lagarde — toutes deux susceptibles de commenter l’incertitude sur la politique américaine et ses implications mondiales. Le Japon annoncera sa décision de taux d’intérêt, en publiant les chiffres d’inflation de décembre et les premières données PMI de janvier.

De l’autre côté de l’Atlantique, le Royaume-Uni publiera les ventes au détail de décembre et les premières lectures PMI de janvier, tandis que l’économiste de la Banque d’Angleterre Megan Greene s’adressera aux marchés. La zone euro publiera ses premières données PMI de janvier. Le Canada rapportera ses ventes au détail de décembre. Enfin, les États-Unis dévoileront les attentes d’inflation finales de janvier de l’Université du Michigan et les indicateurs de confiance des consommateurs.

Le message global de ces publications déterminera probablement si le rallye “Swedish TACO” de jeudi se maintient ou s’il entre dans une phase de consolidation. Des données économiques plus faibles pourraient déclencher un retour à une position défensive ; des chiffres plus solides pourraient confirmer la rotation vers le risque en cours.

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