La crise de la sécurité sociale 2035 : à quoi pourrait ressembler le système de retraite américain dans moins d'une décennie

L’horloge tourne pour la sécurité sociale en 2035. À moins de neuf ans, les États-Unis font face à un tournant critique dans leur filet de sécurité retraite le plus fondamental. Ce qui était autrefois un système stable se trouve désormais à un point d’inflexion, sous la pression de changements démographiques et de réalités de financement qui exigent une attention politique urgente.

Le problème n’est pas mystérieux. Les Américains vivent plus longtemps, la population en âge de travailler diminue, et le ratio entre les personnes percevant des prestations et celles cotisant à ce système se détériore rapidement. D’ici 2035, plus de 78 millions d’Américains âgés de 65 ans et plus percevront des prestations — contre environ 58 millions aujourd’hui. Parallèlement, moins de travailleurs contribueront par des cotisations sociales pour soutenir ces paiements. Cette compression mathématique crée ce que les experts appellent une trajectoire insoutenable.

Pourquoi la sécurité sociale en 2035 est à un moment critique

Le problème fondamental est démographique. Lors de la conception de la sécurité sociale, le ratio entre travailleurs et retraités était fortement en faveur des travailleurs. Cela s’est inversé. Chaque retraité reçoit désormais le soutien d’un nombre beaucoup plus faible de contribuables en âge de travailler qu’auparavant.

Les contributions actuelles en taxes sur l’emploi ne couvriront qu’environ 78 % des prestations prévues d’ici 2035. Cet écart de 22 % représente une bombe à retardement — à moins que le Congrès n’intervienne, le fonds de réserve qui soutient les prestations de sécurité sociale fera face à un déficit sévère. La question n’est pas de savoir si quelque chose changera, mais quoi et qui en portera le poids.

Le scénario catastrophe : une réduction de 25 % des prestations

Si les décideurs échouent à agir avant 2034-35, les conséquences seraient graves. Les prestations de sécurité sociale pourraient être réduites de plus de 25 % dans l’ensemble. Pour des millions de retraités, ce n’est pas une théorie — c’est une réalité existentielle.

Considérons que la sécurité sociale fournit au moins la moitié de tous les revenus pour 50 % des couples âgés mariés et 70 % des personnes âgées vivant seules. Une réduction de 25 % des prestations obligerait à une baisse équivalente du niveau de vie de ces populations vulnérables. Le choc financier se répercuterait dans tous les foyers du pays, forçant des décisions difficiles concernant la nourriture, les médicaments, le logement et les besoins essentiels.

La réalité sombre est qu’une telle réduction s’est déjà produite lors de crises économiques, et les experts avertissent qu’elle pourrait se reproduire sans intervention.

La question : le Congrès peut-il sauver la sécurité sociale en 2035 ? Solutions politiques en discussion

La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent. La mauvaise, c’est qu’elles sont toutes contestées. Les décideurs s’accordent largement sur la nécessité d’agir, mais ils divergent fortement sur la méthode. Plusieurs pistes ont été proposées par des groupes bipartites.

Augmentation des taxes sur l’emploi : la solution de financement que personne ne veut

Une approche simple : augmenter la taxe sur la masse salariale qui finance la sécurité sociale. Actuellement, les travailleurs paient 6,2 % en cotisations sociales, avec un employeur qui en verse autant (les travailleurs indépendants paient la totalité, soit 12,4 %).

Pour combler le déficit, ce taux devrait augmenter. Plus le Congrès attend — surtout si l’attente se prolonge jusqu’en 2034-35 — plus l’augmentation devra être forte. Une hausse de 2 à 3 points de pourcentage suffirait à générer suffisamment de recettes pour maintenir les prestations à leur niveau actuel indéfiniment.

L’obstacle ? La résistance politique. La majorité des travailleurs s’opposent à une hausse d’impôts, même s’ils souhaitent maintenir leurs prestations actuelles. Cette contradiction place les solutions basées sur la fiscalité dans une position précaire. Cependant, les décideurs pourraient structurer différemment ces augmentations — en transférant une part plus importante du coût aux employeurs pour dissimuler l’impact visible pour les salariés — rendant ces hausses potentiellement plus réalisables qu’il n’y paraît.

Augmenter le plafond de revenus soumis à cotisation : taxer les revenus plus élevés

Une autre option côté recettes cible les hauts revenus. Actuellement, seules les rémunérations jusqu’à la base de contribution et de prestations (en 2025, 176 100 dollars) sont soumises aux cotisations sociales. Au-delà, ces revenus échappent à la taxation pour la sécurité sociale.

Augmenter ce plafond (ou le supprimer complètement) signifierait que les professionnels à hauts revenus, les cadres et les propriétaires d’entreprises paieraient des cotisations sur l’ensemble de leurs gains, et pas seulement sur les premiers 176 100 dollars. Cette approche génère des recettes tout en laissant indemnes les travailleurs à revenu moyen.

Prenons un exemple pratique : une personne gagnant 80 000 dollars par an paie des cotisations sociales sur l’intégralité de ses revenus. Que le plafond soit fixé à 180 000, 300 000 ou supprimé, ses cotisations restent inchangées. Seuls ceux dont le revenu dépasse le seuil ressentiraient l’impact.

Augmenter l’âge de la retraite : demander aux jeunes travailleurs de patienter plus longtemps

Face à la résistance politique aux hausses d’impôts, relever l’âge de la retraite (FRA) apparaît comme la voie législative la plus probable. Bien que impopulaire, cette mesure est mieux perçue dans les sondages que l’augmentation des taxes.

Actuellement, l’âge de la retraite complète pour la majorité des jeunes travailleurs est de 67 ans. Des propositions circulent pour l’augmenter progressivement à 69 ans, afin de préserver davantage de fonds dans la caisse. Mais cette approche a un coût caché : elle réduit essentiellement les prestations en retardant le moment où les personnes peuvent en bénéficier.

Ce raisonnement paraît raisonnable — la longévité augmente, donc travailler plus longtemps semble logique. Mais il masque une inégalité majeure : ces gains de longévité se concentrent chez les Américains riches. Les travailleurs à faibles revenus n’ont pas vu leur espérance de vie augmenter de façon comparable, ce qui signifie qu’ils travaillent plus longtemps mais perçoivent leurs prestations sur une période plus courte. Sur le plan économique, ce sont eux qui supportent le plus lourd fardeau.

De plus, relever l’âge de la retraite supprimerait une stratégie populaire : actuellement, les travailleurs peuvent différer leur demande de prestations au-delà de l’âge de la retraite complète et obtenir des prestations mensuelles 24 % plus élevées en attendant jusqu’à 70 ans. Supprimer cette incitation frustrerait des millions de personnes qui planifient leur retraite autour de cette maximisation.

Ajuster les protections contre l’inflation : une coupure discrète des prestations

Une autre proposition consiste à modifier la façon dont la sécurité sociale ajuste ses prestations en fonction de l’inflation. Les retraités voient généralement leurs prestations augmenter chaque année en lien avec l’indice des prix à la consommation — ces ajustements (COLA) permettent de suivre l’inflation.

Pour soulager la crise de financement en 2035, les décideurs pourraient modifier la formule du COLA. Plutôt que d’appliquer des changements uniformes, le Congrès pourrait « grandfather » (préserver) les retraités actuels et n’appliquer des ajustements réduits qu’aux personnes nées après 1960.

Cette approche paraît moins radicale que la réduction directe des prestations, mais elle aboutit à des résultats similaires à terme. Les prestations qui ne suivent pas l’inflation perdent de leur valeur réelle. Quelqu’un recevant 2000 dollars par mois aujourd’hui pourrait n’en percevoir que 1800 dollars en pouvoir d’achat dans vingt ans. Les ménages dépendant fortement de ces paiements seraient confrontés à des choix entre réduire leurs dépenses ou compléter leurs revenus.

Réduire directement les prestations : l’option nucléaire

Enfin, la solution la plus directe reste sur la table : réduire simplement les paiements mensuels. Cela pourrait s’appliquer à tous les bénéficiaires, se faire progressivement par cohorte d’âge, ou cibler les retraités à revenus élevés tout en protégeant les plus pauvres.

Les réductions directes des prestations demandent le moins de finesse politique — pas de restructuration complexe, pas d’augmentation d’impôts, pas de débat sur l’âge de la retraite. Mais elles représentent aussi l’option la plus douloureuse économiquement pour les retraités vulnérables, ce qui en fait la solution la moins probable malgré sa simplicité administrative.

Ce que l’avenir réserve à votre retraite : scénarios pour la sécurité sociale en 2035

La majorité des experts pensent que le Congrès agira avant que le fonds de réserve ne soit en crise en 2034-35. La pression politique pour éviter des réductions catastrophiques serait immense. Cependant, agir si tard rendrait les changements plus brutaux et plus douloureux que si le Congrès intervenait plus tôt.

La réalité de la sécurité sociale en 2035 dépendra des choix faits dans les huit prochaines années. Si les décideurs adoptent des solutions mixtes — modestes hausses d’impôts, augmentation du plafond de revenus, relèvement progressif de l’âge de la retraite, ajustements du COLA — le système pourrait retrouver une stabilité tout en répartissant la charge de façon relativement équitable.

Un retard au-delà de 2028-29 limite considérablement les options. Une crise en 2035 nécessiterait soit des coupes soudaines et sévères, soit des hausses d’impôts sans précédent. Dans les deux cas, la douleur serait importante.

Pour les personnes dans la quarantaine ou la cinquantaine aujourd’hui, le message est clair : la sécurité sociale existera probablement en 2035, mais sous une forme incertaine. Ceux qui comptent uniquement sur ses prestations font face à un risque financier réel. Il devient essentiel de développer d’autres sources de revenus pour la retraite — pensions d’employeur, épargne personnelle, investissements ou report de la retraite. Le temps pour se préparer n’est pas infini, et chaque année de retard du Congrès réduit l’espace disponible pour ajuster la planification de la retraite des ménages.

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