Le rêve de Nankin de Zhu Yuanzhang et la impasse de Zhu Di : pourquoi un empereur apparu après cinq siècles a du mal à se débarrasser de l'ombre mongole

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Lorsqu’on discute des dirigeants les plus talentueux militairement de la dynastie Ming, en dehors de l’empereur fondateur Zhu Yuanzhang, il faut également mentionner son quatrième fils Zhu Di. Mais ce qui est intéressant, c’est que l’ordre établi par Zhu Yuanzhang lui-même est devenu la plus grande contrainte pour Zhu Di. Zhu Yuanzhang ayant choisi Nanjing comme capitale semblait une décision prudente, mais elle a en réalité semé les graines de la future campagne du nord de Zhu Di. Lorsqu’il décida finalement de déplacer la capitale à Pékin, c’était une tentative de briser l’héritage politique de Zhu Yuanzhang — un choix qui allait profondément changer l’avenir de la dynastie Ming.

La crise de pouvoir d’un empereur : comment dépasser l’héritage politique de Zhu Yuanzhang

Zhu Di n’a pas hérité du trône par succession légitime, mais l’a pris par la force lors de la sanglante rébellion du Jingnan. Son petit-fils, l’empereur Jianwen Zhu Yunwen, aurait dû lui succéder, mais Zhu Di a renversé cette succession par la force militaire. Cela signifiait que la légitimité de Zhu Di était déjà contestée — il devait donc prouver sa légitimité par d’autres moyens.

Le centre politique que Zhu Yuanzhang avait établi à Nanjing incarnait sa vision : faire du bassin du Yangzi le cœur de l’empire, défendre le nord contre les restes des Mongols. Dans ce contexte, Nanjing n’était pas seulement un centre politique, mais aussi le symbole de la légitimité de Zhu Yuanzhang. Si Zhu Di déplaçait la capitale sans précaution, il risquait de défier directement cette décision — ce qui aurait provoqué un tollé dans l’administration et l’opinion publique de l’époque.

Zhu Di, rusé, s’est inspiré de l’histoire de l’empereur Xiaowen de la dynastie Wei du Nord, qui avait déplacé la capitale de Da Tong à Luoyang pour promouvoir la sinisation. Mais cette décision avait rencontré une forte opposition des conservateurs. Face à cette résistance, Xiaowen avait lancé une campagne militaire vers le sud sous prétexte de « conquête du sud », mobilisant des dizaines de milliers d’hommes. Lors d’une tempête, la morale des troupes s’était effondrée, et à l’arrivée à Luoyang, de nombreux ministres avaient demandé d’arrêter la campagne, proposant à la place Luoyang comme nouvelle capitale — Xiaowen avait accepté. Ce prétexte avait permis de contourner l’opposition politique.

Zhu Di a appris cette leçon : avant de déplacer la capitale, il faut accumuler une légitimité politique par des actions militaires. Il a donc décidé de faire de la campagne contre les Mongols sa priorité, en multipliant les victoires pour préparer le transfert à Pékin. Ce n’était pas seulement une expansion militaire, mais une stratégie politique soigneusement conçue.

La vérité sur cinq campagnes du Nord : vaincre les Mongols, mais ne pas pouvoir vaincre l’histoire

La première campagne de Zhu Di vers le Nord a commencé par un incident apparemment simple : un envoyé envoyé au nord a été tué par les forces de l’Ilkhanat. Furieux, Zhu Di a promu Qi Fu comme commandant en chef, et a mobilisé une armée d’un million pour attaquer les Tatars. À l’époque, la steppe mongole était divisée : les Tatars représentaient la force orthodoxe de l’Ilkhanat, dirigée par des descendants de Gengis Khan, contrôlant l’est de la steppe ; les Wuzhu, une branche mongole montante, s’étaient développés en une puissance forte, contrôlant l’ouest, et se disputaient la légitimité de l’Ilkhanat.

Les Tatars étaient alors sous le contrôle du grand commandant Aletai, qui soutenait le descendant de Gengis Khan, Bonyashiri, comme khan. Mais cette force était déjà contrebalancée par le soutien secret de la Ming à Wuzhu. Résultat : Qi Fu, sous-estimant l’ennemi, a été pris en embuscade, et l’armée de un million a été anéantie. La nouvelle est arrivée à Zhu Di, furieux, qui a décidé de mener lui-même la campagne.

En 1410, Zhu Di a rassemblé 500 000 troupes d’élite pour marcher vers le Nord. Ce n’était pas seulement une opération militaire, mais aussi une mobilisation nationale pour préparer la future relocalisation de la capitale. Face à cette force colossale, Aletai n’a pas pu résister : les Tatars ont été défaits, et Bonyashiri, seul avec sept de ses compagnons, a fui vers Wuzhu, où il a été tué par le chef Wuzhu, Mahamu. La troupe de Zhu Di a poursuivi jusqu’à l’Ulan-Ho — lieu de naissance de Gengis Khan, à la frontière entre la Russie et la Mongolie. Cet exploit est devenu légendaire, raconté comme « il a fallu cinq cents ans pour qu’un empereur comme Zhu Di atteigne cet endroit ».

Mais Aletai n’était pas un adversaire simple. Après sa reddition, il a habilement évalué la situation et, profitant du soutien de Zhu Di, a éliminé Mahamu, le chef Tatars, permettant à la force mongole de redevenir une puissance majeure. Zhu Di a compris que la réunification des Tatars pourrait représenter une menace pour la Ming, et a soutenu Aletai dans sa reconstitution, maintenant la rivalité entre les deux grandes forces de la steppe.

Cependant, l’expansion des Wuzhu n’a pas cessé. En 1414, Zhu Di a lancé une seconde campagne, mobilisant encore 500 000 hommes. Lors de la bataille de Kurlen, la Ming a affronté Wuzhu. Malgré de lourdes pertes des deux côtés, la supériorité militaire de la Ming était évidente : Wuzhu n’avait que 30 000 soldats, contre 500 000 pour la Ming. La défaite de Wuzhu a permis à Aletai d’étendre son influence vers l’ouest, détruisant la hiérarchie de Wuzhu. Cette fois, Zhu Di semblait avoir réglé la menace du Nord, la frontière étant relativement stabilisée.

Mais le problème de Zhu Di était qu’il savait faire la guerre, mais pas gouverner. Lors de ces cinq campagnes, bien qu’il ait détruit les forces mongoles, il n’a jamais instauré de véritable administration sur la steppe conquise — pas de garnisons, pas d’administration, uniquement une domination militaire. Dès que l’armée se retirait, les Tatars et Wuzhu se reformaient rapidement.

Les troisième, quatrième et cinquième campagnes sont devenues de plus en plus faibles. En 1422, Zhu Di a lancé une nouvelle expédition, mais Aletai, ayant appris la nouvelle, s’est enfui, et l’armée Ming n’a obtenu qu’une victoire mineure contre une tribu affiliée à Aletai. En 1423, une nouvelle campagne a été lancée, mais Wuzhu a frappé en premier, détruisant Wuzhu, tandis que la Ming n’a pas réussi à capturer ses principaux adversaires. En 1424, la dernière campagne a été encore plus désastreuse : l’armée, pressée par la rapidité de sa progression et le manque de ravitaillement, a dû se replier. Sur le chemin du retour, Zhu Di est mort, laissant derrière lui une génération de souverains qui n’ont pas su résoudre le problème mongol.

Pourquoi le piège du “Souverain protégeant la frontière” ?

Apparemment, Zhu Di a vaincu la menace mongole, mais en réalité, il a laissé deux grands dangers. D’abord, il n’a jamais réellement occupé ni administré les territoires conquis. Ses cinq campagnes n’ont fait qu’effacer le champ de bataille, puis il a retiré ses forces. La Mongolie n’a pas été éliminée, mais simplement réorganisée après chaque retrait. Zhu Di a remporté des victoires tactiques, mais perdu la stratégie à long terme.

Ensuite, ses successeurs n’ont pas maintenu sa pression militaire. Après sa mort, la Ming n’a plus été capable de mobiliser des dizaines de milliers d’hommes pour des campagnes régulières. La menace mongole a alors repris, avec des raids fréquents sur la frontière nord.

Le coup fatal a été la crise de Tumu. Sous l’empereur Yingzong, la Ming a perdu ses forces d’élite lors de la bataille de Tumu, perdant une grande partie de ses territoires au nord. Pékin est alors devenue une ville en première ligne, exposée directement à la menace mongole.

C’est cela, le sens de “l’empereur qui garde la porte du royaume”. En apparence, cela évoque un héros protégeant la frontière. Mais en réalité, c’est le résultat inévitable de l’échec cumulatif de la politique de Zhu Yuanzhang et Zhu Di. Lorsqu’il a choisi Nanjing comme capitale, Zhu Yuanzhang avait mis en place un système de défense — une zone tampon pour faire face à la menace du Nord. Mais Zhu Di, pour légitimer son transfert, a ignoré cet héritage et a déplacé la capitale à Pékin, exposant directement l’empereur à la menace. Ses campagnes militaires ont gagné des batailles, mais n’ont pas apporté la paix.

La satire de l’histoire : comment l’héritage de Zhu Yuanzhang est devenu le piège de Zhu Di

Zhu Yuanzhang, dans ses « Instructions ancestrales », avait clairement indiqué que la capitale devait être à Nanjing, non seulement pour des raisons géographiques, mais aussi pour assurer la stabilité de l’empire. Nanjing, avec le Yangzi derrière lui, était une position défendable, éloignée des menaces de la steppe. Dans ce cadre, Zhu Yuanzhang pouvait se concentrer sur la gouvernance intérieure, sans trop s’inquiéter des restes mongols au nord.

Mais Zhu Di a tout changé. En déplaçant la capitale à Pékin, il semblait renforcer le contrôle du Nord, mais en réalité, il a affaibli la profondeur stratégique de la défense. Pour justifier ce changement, il a dû constamment prouver qu’il pouvait gérer le Nord, en menant des campagnes militaires. Ces campagnes ont été couronnées de succès à court terme, mais n’ont jamais résolu le problème fondamental — la présence mongole n’a jamais été réellement éliminée, seulement contenue.

Au fil du temps, lorsque la puissance militaire de Zhu Di s’est affaiblie, la Mongolie a repris de l’ampleur, et la Ming a perdu la zone tampon de l’époque de Zhu Yuanzhang. La tragédie inévitable s’est produite : l’empereur doit « garder la porte du royaume », la capitale devient une ligne de front, et le centre politique se transforme en un champ de bataille.

Ce cercle vicieux, qui semble dû à l’incapacité de Zhu Di, est en réalité le résultat de la modification du système stratégique de Zhu Yuanzhang. Ce dernier avait conçu un cadre défensif durable, tandis que Zhu Di a instauré un système basé sur une pression militaire constante. Quand cette pression faiblit, tout le système s’effondre.

Ironiquement, même au sommet de sa puissance, Zhu Di n’a fait que repousser le problème, sans le résoudre. Il a échangé la victoire militaire contre la nécessité de maintenir une vigilance perpétuelle sur une capitale devenue front de guerre. De ce point de vue, l’expression « l’empereur qui garde la porte du royaume », qui évoque une image héroïque, n’est en réalité qu’une satire historique pleine de désespoir — elle reflète non pas la puissance de l’empire, mais le prix payé par la stratégie de Zhu Yuanzhang et Zhu Di.

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