Une hausse de 50 % en deux mois, passant à la neuvième place des marchés boursiers mondiaux, combien de temps le marché boursier sud-coréen pourra-t-il continuer à être aussi fou ?
Sous l’impulsion conjointe de la demande mondiale en semi-conducteurs stimulée par l’intelligence artificielle et de la réforme de la gouvernance des entreprises locales, l’indice composite de la Bourse de Corée (KOSPI) a presque atteint une hausse de 50 % cette année, devenant le marché principal le plus performant au niveau mondial, et contribuant à faire de la Bourse de Corée la neuvième plus grande bourse mondiale.
Selon une compilation de Bloomberg, au 25 février, la capitalisation boursière totale de la Corée a atteint 3,76 billions de dollars, en hausse d’environ 2,23 billions de dollars depuis le début de l’année, dépassant le marché français qui s’élève à 3,69 billions de dollars.
Le 26 février, l’indice KOSPI a poursuivi sa hausse de 3,67 %, clôturant à 6307,32 points, ayant brièvement atteint un sommet historique de 6313,27 points en séance. Cette année, la Bourse sud-coréenne a successivement surpassé la France et l’Allemagne, reflétant pleinement la réévaluation rapide de la logique d’évaluation du marché. Depuis le début de l’année, le KOSPI a enregistré une hausse cumulative d’environ 46 %, alors que l’indice CAC 40 de la France n’a augmenté que d’environ 4,5 %.
Dans un rapport publié le 14 février, Goldman Sachs indique que l’indice MSCI Corée, libellé en dollars, domine la croissance des marchés asiatiques. Face à cette forte progression, Goldman Sachs n’a pas conseillé de prendre des bénéfices, mais a plutôt relevé l’objectif de cours du KOSPI pour les 12 prochains mois à 6400 points.
Cette révision à la hausse repose sur le fait que la dynamique de récupération des bénéfices des entreprises coréennes dépasse largement les attentes, la principale force motrice étant le cycle d’expansion des dépenses en capital des géants mondiaux de la technologie, entraînant une tension sur l’offre de puces mémoire. Pour les investisseurs intéressés par les marchés émergents de la région Asie-Pacifique, la position de Goldman Sachs indique que la tendance haussière du marché coréen n’a pas encore atteint son sommet, et que la santé de la chaîne de valeur des semi-conducteurs restera une thématique clé à suivre.
Déséquilibre entre l’offre et la demande de semi-conducteurs : moteur principal
La forte hausse de la Bourse sud-coréenne cette année est fondamentalement alimentée par un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande dans le secteur des semi-conducteurs. SK Hynix a vu son cours multiplié par environ six depuis le début 2025, tandis que Samsung Electronics a presque quadruplé.
Dans leur rapport, Goldman Sachs souligne que les dépenses en capital pour le cloud computing et les centres de données à grande échelle aux États-Unis continuent de croître rapidement. Elles devraient atteindre 666 milliards de dollars en 2026, une forte révision à la hausse par rapport à l’estimation initiale de 548 milliards de dollars. Cependant, la croissance de l’offre de puces mémoire, notamment DRAM et NAND, ne peut suivre la demande, créant des écarts record entre l’offre et la demande. Cette situation confère aux fabricants de puces mémoire un pouvoir de fixation des prix accru, tout en amplifiant leurs bénéfices grâce à un effet de levier opérationnel élevé.
De plus, SK Hynix collabore avec SanDisk pour promouvoir la standardisation mondiale de la mémoire flash à haute bande passante (HBF). Les deux entreprises ont créé un groupe de travail dans le cadre de l’OCP, avec pour objectif une commercialisation en 2027. La HBF, qui empile la NAND pour équilibrer haute bande passante et grande capacité, est spécialement optimisée pour les scénarios d’inférence en intelligence artificielle, et son marché à long terme pourrait dépasser celui de la mémoire à haute bande largeur (HBM).
Goldman Sachs relève l’objectif du KOSPI à 6400 points
Le rapport de Goldman Sachs a relevé l’objectif du KOSPI pour les 12 prochains mois à 6400 points, tout en maintenant une recommandation de surpondération du marché coréen.
Les analystes Timothy Moe et John Kwon avancent quatre arguments principaux. Premièrement, la croissance des bénéfices est exceptionnellement forte. Après une croissance de 36 % en 2025, Goldman Sachs prévoit que le bénéfice par action du marché coréen augmentera de 120 % en 2026 (contre une prévision consensuelle de +115 %). En novembre 2025, les attentes pour 2026 n’étaient que de +30 %. Deuxièmement, le secteur des matériels technologiques contribue pour environ 88 points de pourcentage à cette croissance des bénéfices en 2026, avec d’autres secteurs comme la finance et l’automobile apportant également leur contribution.
Troisièmement, l’évaluation reste attrayante. Le ratio cours/bénéfice à 12 mois du KOSPI demeure inférieur à sa moyenne historique, offrant une marge de sécurité pour la poursuite de la hausse. Quatrièmement, les politiques et les réformes continuent de libérer des dividendes. Le soutien ferme du président Yoon Suk-yeol à la Bourse, la progression des réformes de gouvernance d’entreprise, ainsi que la dynamique positive dans l’industrie de la robotique, notamment la forte hausse de Hyundai Motor, constituent un socle systémique pour la réévaluation du marché.
Flux étrangers et décote de valorisation
Concernant les flux de capitaux, lors de la semaine de publication du rapport, on observe une divergence notable : les investissements étrangers ont netment acheté pour environ 3,47 milliards de won, tandis que les institutions ont acheté pour environ 5,43 milliards de won, et les investisseurs particuliers ont fortement vendu pour environ 9,63 milliards de won. Selon Goldman Sachs, l’indicateur de risque de l’action en Corée (ERB) est remonté de la zone d’aversion au risque profonde à -0,7.
En termes de valorisation, malgré cette hausse importante, le ratio cours/bénéfice prévu pour 2026 du KOSPI reste autour de 9, ce qui présente une décote significative par rapport à l’indice MSCI mondial et à l’indice MSCI Asie-Pacifique (hors Japon). Par ailleurs, son ratio P/B et son ROE sont en bonne position dans la région Asie-Pacifique, ce qui soutient l’attractivité continue des flux étrangers par une valorisation relative favorable.
Avertissements et clauses de non-responsabilité
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Une hausse de 50 % en deux mois, passant à la neuvième place des marchés boursiers mondiaux, combien de temps le marché boursier sud-coréen pourra-t-il continuer à être aussi fou ?
Sous l’impulsion conjointe de la demande mondiale en semi-conducteurs stimulée par l’intelligence artificielle et de la réforme de la gouvernance des entreprises locales, l’indice composite de la Bourse de Corée (KOSPI) a presque atteint une hausse de 50 % cette année, devenant le marché principal le plus performant au niveau mondial, et contribuant à faire de la Bourse de Corée la neuvième plus grande bourse mondiale.
Selon une compilation de Bloomberg, au 25 février, la capitalisation boursière totale de la Corée a atteint 3,76 billions de dollars, en hausse d’environ 2,23 billions de dollars depuis le début de l’année, dépassant le marché français qui s’élève à 3,69 billions de dollars.
Le 26 février, l’indice KOSPI a poursuivi sa hausse de 3,67 %, clôturant à 6307,32 points, ayant brièvement atteint un sommet historique de 6313,27 points en séance. Cette année, la Bourse sud-coréenne a successivement surpassé la France et l’Allemagne, reflétant pleinement la réévaluation rapide de la logique d’évaluation du marché. Depuis le début de l’année, le KOSPI a enregistré une hausse cumulative d’environ 46 %, alors que l’indice CAC 40 de la France n’a augmenté que d’environ 4,5 %.
Dans un rapport publié le 14 février, Goldman Sachs indique que l’indice MSCI Corée, libellé en dollars, domine la croissance des marchés asiatiques. Face à cette forte progression, Goldman Sachs n’a pas conseillé de prendre des bénéfices, mais a plutôt relevé l’objectif de cours du KOSPI pour les 12 prochains mois à 6400 points.
Cette révision à la hausse repose sur le fait que la dynamique de récupération des bénéfices des entreprises coréennes dépasse largement les attentes, la principale force motrice étant le cycle d’expansion des dépenses en capital des géants mondiaux de la technologie, entraînant une tension sur l’offre de puces mémoire. Pour les investisseurs intéressés par les marchés émergents de la région Asie-Pacifique, la position de Goldman Sachs indique que la tendance haussière du marché coréen n’a pas encore atteint son sommet, et que la santé de la chaîne de valeur des semi-conducteurs restera une thématique clé à suivre.
Déséquilibre entre l’offre et la demande de semi-conducteurs : moteur principal
La forte hausse de la Bourse sud-coréenne cette année est fondamentalement alimentée par un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande dans le secteur des semi-conducteurs. SK Hynix a vu son cours multiplié par environ six depuis le début 2025, tandis que Samsung Electronics a presque quadruplé.
Dans leur rapport, Goldman Sachs souligne que les dépenses en capital pour le cloud computing et les centres de données à grande échelle aux États-Unis continuent de croître rapidement. Elles devraient atteindre 666 milliards de dollars en 2026, une forte révision à la hausse par rapport à l’estimation initiale de 548 milliards de dollars. Cependant, la croissance de l’offre de puces mémoire, notamment DRAM et NAND, ne peut suivre la demande, créant des écarts record entre l’offre et la demande. Cette situation confère aux fabricants de puces mémoire un pouvoir de fixation des prix accru, tout en amplifiant leurs bénéfices grâce à un effet de levier opérationnel élevé.
De plus, SK Hynix collabore avec SanDisk pour promouvoir la standardisation mondiale de la mémoire flash à haute bande passante (HBF). Les deux entreprises ont créé un groupe de travail dans le cadre de l’OCP, avec pour objectif une commercialisation en 2027. La HBF, qui empile la NAND pour équilibrer haute bande passante et grande capacité, est spécialement optimisée pour les scénarios d’inférence en intelligence artificielle, et son marché à long terme pourrait dépasser celui de la mémoire à haute bande largeur (HBM).
Goldman Sachs relève l’objectif du KOSPI à 6400 points
Le rapport de Goldman Sachs a relevé l’objectif du KOSPI pour les 12 prochains mois à 6400 points, tout en maintenant une recommandation de surpondération du marché coréen.
Les analystes Timothy Moe et John Kwon avancent quatre arguments principaux. Premièrement, la croissance des bénéfices est exceptionnellement forte. Après une croissance de 36 % en 2025, Goldman Sachs prévoit que le bénéfice par action du marché coréen augmentera de 120 % en 2026 (contre une prévision consensuelle de +115 %). En novembre 2025, les attentes pour 2026 n’étaient que de +30 %. Deuxièmement, le secteur des matériels technologiques contribue pour environ 88 points de pourcentage à cette croissance des bénéfices en 2026, avec d’autres secteurs comme la finance et l’automobile apportant également leur contribution.
Troisièmement, l’évaluation reste attrayante. Le ratio cours/bénéfice à 12 mois du KOSPI demeure inférieur à sa moyenne historique, offrant une marge de sécurité pour la poursuite de la hausse. Quatrièmement, les politiques et les réformes continuent de libérer des dividendes. Le soutien ferme du président Yoon Suk-yeol à la Bourse, la progression des réformes de gouvernance d’entreprise, ainsi que la dynamique positive dans l’industrie de la robotique, notamment la forte hausse de Hyundai Motor, constituent un socle systémique pour la réévaluation du marché.
Flux étrangers et décote de valorisation
Concernant les flux de capitaux, lors de la semaine de publication du rapport, on observe une divergence notable : les investissements étrangers ont netment acheté pour environ 3,47 milliards de won, tandis que les institutions ont acheté pour environ 5,43 milliards de won, et les investisseurs particuliers ont fortement vendu pour environ 9,63 milliards de won. Selon Goldman Sachs, l’indicateur de risque de l’action en Corée (ERB) est remonté de la zone d’aversion au risque profonde à -0,7.
En termes de valorisation, malgré cette hausse importante, le ratio cours/bénéfice prévu pour 2026 du KOSPI reste autour de 9, ce qui présente une décote significative par rapport à l’indice MSCI mondial et à l’indice MSCI Asie-Pacifique (hors Japon). Par ailleurs, son ratio P/B et son ROE sont en bonne position dans la région Asie-Pacifique, ce qui soutient l’attractivité continue des flux étrangers par une valorisation relative favorable.
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