Je viens de remarquer quelque chose qui mérite notre attention. La situation en Iran ne concerne plus seulement les prix du pétrole, et c’est en fait la partie la plus importante pour les marchés en ce moment.



Tout le monde surveille le brut, mais les vrais dégâts se produisent dans ce dont personne ne parle jusqu’à ce que cela touche leur portefeuille. Nous parlons des routes maritimes, des approvisionnements en gaz, des fertilisants, du carburant d’aviation, des produits chimiques. L’infrastructure physique du commerce mondial. C’est là que la pression économique réelle s’accumule.

Les chiffres le montrent déjà. Le trafic des navires à travers Hormuz s’est pratiquement effondré en début mars, tombant dans les chiffres un seul chiffre. Ce n’est pas une petite baisse, c’est une disruption quasi totale du mouvement des biens physiques passant par l’un des points névralgiques mondiaux. L’Organisation maritime internationale a signalé des attaques répétées contre des navires commerciaux depuis fin février. Des équipages sont tués. Les armateurs se retirent.

Voici où cela devient intéressant pour la dynamique inflationniste. Les données commerciales de mars de la Chine montrent que les exportations ont fortement ralenti tandis que les importations ont explosé. Ce n’est pas une bonne combinaison. Cela indique une hausse des coûts d’entrée et un affaiblissement de la demande en même temps. Le FMI signale déjà une croissance plus faible avec une inflation plus persistante, alors que la guerre influence les prix mondiaux et les canaux de transport. Ce sont ces données d’inflation qui comptent plus que les gros titres.

Ensuite, nous avons les chiffres de l’indice des prix à la production (IPP) aux États-Unis. L’IPP de mars s’est élevé à 0,5 % mois après mois, en dessous des 1,1 % du consensus. L’IPP de base n’a augmenté que de 0,1 %, bien en dessous des 0,5 % attendus. Les chiffres annuels sont également plus faibles, avec un total à 4,0 % et la base à 3,8 %. On pourrait penser que c’est un soulagement, non ? Mais ce n’est que la surface. Le risque d’inflation structurelle sous-jacent continue de se construire.

Le gaz naturel est la prochaine couche que personne n’évalue encore vraiment. La CNUCED note qu’une part importante des flux mondiaux de GNL passe par Hormuz. Les importateurs asiatiques constatent déjà une arrivée plus faible de gaz. La production d’ammoniac en Inde est menacée car les préoccupations concernant le GNL affectent déjà l’économie. Cela se répercute directement sur les coûts des fertilisants, des produits chimiques, des prix de l’électricité. Un tiers du commerce mondial de fertilisants par voie maritime passe par ce détroit. C’est une part massive. Même sans effondrement total, la tension sur l’ammoniac et l’urée crée une perturbation de second ordre.

L’aviation ajoute une autre dimension. Les compagnies aériennes redirigent leurs vols autour des zones de conflit, brûlant plus de carburant, allongeant les trajets, resserrant l’utilisation de la flotte. Le secteur aéroportuaire européen avertit d’éventuelles pénuries de carburant pour avions dans les semaines à venir si les flux restent perturbés. Qantas réduit déjà ses vols et augmente ses tarifs. Ce n’est plus de la spéculation, c’est une véritable tension opérationnelle.

Les produits pétrochimiques sont honnêtement le point de pression sous-estimé ici. Ils sont présents dans l’emballage, les plastiques, les textiles, les biens de consommation, tout. La Corée du Sud vient d’interdire la spéculation sur les produits pétrochimiques. Les gouvernements ne rationnent pas préventivement sans voir un risque réel. Une fois que le naphtha et l’éthylène se resserrent, les fabricants en aval font face à une pression plus large.

Le conflit commence à ressembler à un choc systémique plutôt qu’à un simple choc de marché. Le pétrole pourrait baisser avec la nouvelle d’un cessez-le-feu, tandis que les fertilisants, produits chimiques et aliments continuent de subir les effets retardés de l’approvisionnement. Les routes maritimes pourraient rouvrir en apparence, tandis que les assureurs continuent de les considérer comme dangereuses. Ce décalage explique pourquoi la prochaine phase de perturbation pourrait sembler plus persistante que le choc initial.

Pour la crypto, cela change la perspective. Une hausse limitée du pétrole sera absorbée si la liquidité reste abondante. Une perturbation prolongée dans le transport, le carburant, les intrants et le financement transfrontalier crée un environnement différent. Des conditions financières plus strictes, une appétence au risque plus faible, une volatilité accrue des monnaies émergentes. C’est généralement là que le capital devient plus sélectif.

Bitcoin surperforme déjà l’or depuis le début de l’année, ce qui indique que le capital se tourne vers des valeurs refuges à plus haut bêta. Si le stress macroéconomique continue de se transmettre via les canaux d’inflation plutôt que par une destruction totale de la demande, Bitcoin passe d’un actif de risque périphérique à une couverture plus centrale. La structure des prix reste solide malgré le bruit du cessez-le-feu, ce qui suggère une résilience.

Mais le complexe des altcoins a généralement du mal lorsque la liquidité mondiale se resserre et que les perspectives de croissance se détériorent. C’est cette divergence qu’il faut surveiller. Le vrai point de pression pourrait ne pas être le brut seul, mais des volumes commerciaux plus faibles et une liquidité plus tendue qui se répercutent sur tout le système. C’est là que le positionnement en crypto devient plus important que ce que suggèrent les gros titres.
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