Je viens de repérer quelque chose d'intéressant de la Maison Blanche qui va probablement influencer la façon dont les stablecoins évolueront dans les prochaines années. Ils ont publié une étude disant essentiellement que l'interdiction des rendements des stablecoins ne protégerait pas réellement les prêts bancaires comme le prétendent les critiques. C'est assez significatif dans le contexte du combat politique en cours.



Voici le contexte. L'année dernière, la loi GENIUS a été adoptée, obligeant les émetteurs de stablecoins à détenir des réserves complètes, ce qui est solide. Mais elle leur a aussi interdit de payer des intérêts directement aux détenteurs. Maintenant, certains législateurs poussent pour aller plus loin avec la loi CLARITY et éliminer toute solution de contournement où des tiers pourraient encore proposer des produits à rendement. Le lobby bancaire argue que si les stablecoins offrent des rendements compétitifs, les gens retireraient leurs dépôts des banques, ce qui nuirait aux prêts.

La Maison Blanche a récemment analysé les chiffres et a constaté que cet argument ne tient pas vraiment. Selon leur modèle de référence, éliminer le rendement des stablecoins ne ferait qu'augmenter les prêts bancaires d'environ 2,1 milliards de dollars. C'est en gros une hausse de 0,02 %. Par ailleurs, ils estiment la perte de bien-être des consommateurs à $800 millions, avec un ratio coût-bénéfice de 6,6, ce qui signifie que le dommage économique dépasse tout avantage en termes de prêts.

Ce qui est vraiment révélateur, c'est la répartition. Les grandes banques capteraient 76 % de ce surplus de prêts, tandis que les banques communautaires ne recevraient que 24 %, ce qui représente environ $500 millions. Même en simulant des scénarios extrêmes où la taille des stablecoins doublerait ou triplerait, et où toutes les réserves seraient en cash plutôt qu’en obligations du Trésor, l’augmentation des prêts ne dépasserait toujours pas $531 milliards, soit 4,4 %. Et cela en supposant que la Fed abandonne tout son cadre monétaire, ce qui est évidemment improbable.

La conclusion que tire la Maison Blanche est assez claire : l’argument en faveur de la restriction des rendements des stablecoins est faible. Ils présentent cela comme une question de bien-être des consommateurs, pas comme une protection des banques. Interdire les rendements réduirait le choix et la compétitivité, tout en apportant presque rien en termes d’augmentation des prêts.

Ce timing est aussi important. Les stablecoins sont actuellement la partie la plus contestée du débat crypto. Les partisans voient le rendement comme une alternative légitime aux taux de dépôt bancaires déplorables, tout en maintenant l’attractivité du dollar numérique. Les banques et leurs alliés craignent une fuite des dépôts. Mais cette analyse suggère que cette crainte est largement exagérée.

La vraie question maintenant est de savoir ce que le Congrès va faire avec cela. Va-t-il maintenir les restrictions actuelles, les renforcer, ou laisser la concurrence du marché structurer ces produits ? La Maison Blanche a clairement défendu la troisième option. Reste à voir si les législateurs suivront, mais au moins, les données montrent que restreindre les rendements des stablecoins n’a pas d’impact significatif sur les prêts comme le prétendent leurs défenseurs.
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