En juillet 2025, le podcast « No Rivals » a analysé en détail les performances d’investissement étonnantes du Founders Fund, dirigé par Peter Thiel, ainsi que la stratégie qui se cache derrière. Né d’un réseau d’entrepreneurs appelé la « mafia PayPal », ce fonds est passé d’un capital initial de seulement 50 millions de dollars à un empire d’investissement valant plusieurs milliards de dollars, réalisant ainsi des retours parmi les plus élevés de l’histoire du capital-risque. La clé de ce succès réside dans la capacité de Thiel à repérer des opportunités ignorées par d’autres investisseurs, en découvrant des talents capables de défier les normes sociales.
La pensée stratégique et la philosophie d’investissement de Thiel
La force de Thiel ne réside pas dans sa capacité à exécuter, mais dans sa réflexion stratégique. Il est connu pour prévoir jusqu’à 20 coups d’avance dans une partie d’échecs, en déployant précisément capitaux et talents. Cette aptitude a été façonnée par ses expériences uniques à l’université. Dès ses débuts à l’université Stanford, dans le magazine conservateur « Stanford Review », il a montré un talent pour poursuivre audacieusement des conclusions que la majorité redoute.
Ken Howery, co-fondateur du Founders Fund, a été fasciné par la conférence intellectuelle de Thiel lors de leur première rencontre, qui a duré quatre heures. Lors d’un dîner au steakhouse « Sundance » à Palo Alto, Howery a finalement choisi de travailler pour un investisseur peu apprécié. De même, Luke Nosek a été attiré par la capacité de Thiel à repérer des talents. Tous deux partageaient la même vision : respecter la valeur des talents indépendants, capables de défier les normes sociales.
Le réseau d’entrepreneurs autour de PayPal
L’histoire de la « mafia PayPal » remonte à la création de PayPal. En 2000, Max Levitch, venu d’Ukraine, développait un produit crypté pour PalmPilot lorsque Thiel a décidé d’investir seulement 240 000 dollars. Cet investissement modeste a finalement généré 60 millions de dollars de profit, marquant le début d’un des épisodes entrepreneuriaux les plus spectaculaires de l’ère Internet.
Par la suite, le groupe d’entrepreneurs formé autour de PayPal — comprenant Elon Musk et Reed Hoffman — a changé la donne dans l’industrie. La lutte de pouvoir avec Moritz a été si intense qu’elle a conduit à la création du Founders Fund. Moritz, qui a fait de Sequoia Capital une légende en investissant dans Yahoo, Google, Stripe, n’a pas pu partager la vision macroéconomique et la recherche de profit de Thiel. Lors d’une réunion du conseil d’administration en 2000, Thiel a proposé de vendre à découvert ses fonds, mais Moritz a fermement empêché cette opération. La chute du marché qui a suivi aurait dû lui rapporter des profits exceptionnels, mais ce conflit a laissé des cicatrices profondes à Thiel, et a finalement motivé la naissance d’une ambition plus grande pour la mafia PayPal.
La croissance du Founders Fund et sa stratégie de différenciation
Après avoir tiré profit de l’acquisition de PayPal, Thiel a lancé plusieurs projets simultanément. Avec le hedge fund Clarium Capital, il a multiplié par 110 son capital, passant de 10 millions à 1,1 milliard de dollars en trois ans, réalisant en 2003 un profit de 65,6 % en vendant à découvert le dollar américain. Parallèlement, avec Howery, il préparait la structuration d’un fonds de capital-risque professionnel à partir d’investissements en amorçage.
En 2004, le Clarium Ventures a été lancé avec 50 millions de dollars de capital initial. Faute de fonds externes, qui n’ont apporté que 12 millions de dollars, Thiel a investi lui-même 38 millions (76 % du total). Les investisseurs institutionnels n’ont pas montré d’intérêt pour ce petit fonds, et même la fondation de Stanford s’est retirée, mais cette contrainte a permis au Founders Fund d’adopter une stratégie d’investissement plus libre.
Entre 2004 et 2006, deux investissements personnels de Thiel ont transformé le fonds en un acteur majeur. Le premier est Palantir, co-fondé en 2003, qui a reçu un investissement initial de 2 millions de dollars de la part d’In-Q-Tel, la branche d’investissement de la CIA. À la fin 2024, la valeur des actifs détenus par Palantir atteignait 30,5 milliards de dollars, avec un rendement de 18,5 fois.
Le second est l’investissement dans Facebook à l’été 2004. Présenté par Reed Hoffman à Mark Zuckerberg, Thiel a investi en quelques jours dans une obligation convertible de 500 000 dollars. Bien que l’objectif initial de 1,5 million d’utilisateurs n’ait pas été atteint, Thiel a opté pour la conversion en actions. Cette décision prudente lui a permis de réaliser un profit personnel de plus d’un milliard de dollars, et a généré un rendement de 3,65 milliards de dollars (46,6 fois) pour le portefeuille du Founders Fund.
L’idéal de la mafia PayPal et la « priorité aux fondateurs »
En 2005, l’arrivée de Sean Parker a définitivement orienté la stratégie du fonds. Créateur de Napster, mais échouant chez Plaxo, Parker était marginalisé par Moritz. Thiel lui a néanmoins offert un partenariat général dans le Founders Fund. Le nom du fonds a finalement été choisi sans article défini : « Founders Fund », avec une philosophie claire : ne jamais évincer les fondateurs.
Ce principe allait à l’encontre des pratiques de l’époque. Depuis les années 1970, Kleiner Perkins et Sequoia Capital avaient réussi grâce à une intervention active dans la gestion. La majorité des investisseurs considéraient qu’ils étaient les véritables maîtres, et que les fondateurs techniques devaient être remplacés par des gestionnaires professionnels. Don Valentine, légendaire fondateur de Sequoia, plaisantait en disant que les fondateurs médiocres devaient être enfermés dans la cave de Manson.
La philosophie de Thiel était radicalement différente. Il croyait fermement à la valeur des individus « souverains » et considérait que brider le talent de ceux qui transgressent les règles était une folie économique et une menace pour la civilisation. Inspiré par la « théorie du désir mimétique » du philosophe français René Girard, Thiel a appliqué ce concept à l’investissement en capital-risque. Selon lui, les entreprises qui réussissent ont toutes une position monopolistique, tandis que celles qui échouent se ressemblent toutes, incapables d’échapper à la compétition. Le Founders Fund a ainsi adopté une stratégie d’exploration de domaines inexplorés, que d’autres investisseurs évitent.
Concentration sur la haute technologie et retours exceptionnels
Alors que l’industrie du capital-risque sombrait dans une mode de copie des réseaux sociaux, Thiel adoptait une perspective différente. En 2008, lors d’une rencontre avec Elon Musk, il a proposé d’investir 5 millions de dollars dans SpaceX. Il ne s’agissait pas simplement d’une réconciliation amicale, mais d’un pari stratégique sur une entreprise alors en difficulté, avec trois échecs de lancement à son actif.
Avec Nosek comme chef de projet, le fonds a porté l’investissement à 20 millions de dollars (environ 10 % du deuxième fonds), avec une valorisation de 315 millions de dollars. Thiel a décidé d’entrer à ce niveau, malgré le scepticisme de nombreux LP qui pensaient qu’il était fou. Le résultat a été spectaculaire : en 17 ans, le Founders Fund a investi un total de 671 millions de dollars dans SpaceX, et lors du rachat de ses propres actions en décembre 2024, la valorisation atteignait 350 milliards de dollars, avec un portefeuille valorisé à 18,2 milliards de dollars, soit un rendement de 27,1 fois.
Le succès de cette « mafia PayPal » a culminé lors de la création de trois fonds entre 2007 et 2011, avec des investissements allant de 227 millions à 625 millions de dollars, générant des retours de 15 à 26,5 fois, établissant un record dans l’histoire du capital-risque. La concentration sur Facebook, Palantir et SpaceX illustre la capacité de Thiel à repérer des valeurs exceptionnelles que d’autres ont ignorées, grâce à sa pensée stratégique.
L’approche de la « priorité aux fondateurs » et l’accent mis sur la haute technologie ont fixé de nouvelles normes pour les fonds ultérieurs. L’empire d’investissements imaginé par Thiel ne se limite pas à des retours financiers, mais vise aussi à cultiver des talents capables de défier les normes sociales et de promouvoir une véritable innovation.
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De la mafia PayPal à un empire d'investissement : le secret des rendements exceptionnels construits par Founders Fund
En juillet 2025, le podcast « No Rivals » a analysé en détail les performances d’investissement étonnantes du Founders Fund, dirigé par Peter Thiel, ainsi que la stratégie qui se cache derrière. Né d’un réseau d’entrepreneurs appelé la « mafia PayPal », ce fonds est passé d’un capital initial de seulement 50 millions de dollars à un empire d’investissement valant plusieurs milliards de dollars, réalisant ainsi des retours parmi les plus élevés de l’histoire du capital-risque. La clé de ce succès réside dans la capacité de Thiel à repérer des opportunités ignorées par d’autres investisseurs, en découvrant des talents capables de défier les normes sociales.
La pensée stratégique et la philosophie d’investissement de Thiel
La force de Thiel ne réside pas dans sa capacité à exécuter, mais dans sa réflexion stratégique. Il est connu pour prévoir jusqu’à 20 coups d’avance dans une partie d’échecs, en déployant précisément capitaux et talents. Cette aptitude a été façonnée par ses expériences uniques à l’université. Dès ses débuts à l’université Stanford, dans le magazine conservateur « Stanford Review », il a montré un talent pour poursuivre audacieusement des conclusions que la majorité redoute.
Ken Howery, co-fondateur du Founders Fund, a été fasciné par la conférence intellectuelle de Thiel lors de leur première rencontre, qui a duré quatre heures. Lors d’un dîner au steakhouse « Sundance » à Palo Alto, Howery a finalement choisi de travailler pour un investisseur peu apprécié. De même, Luke Nosek a été attiré par la capacité de Thiel à repérer des talents. Tous deux partageaient la même vision : respecter la valeur des talents indépendants, capables de défier les normes sociales.
Le réseau d’entrepreneurs autour de PayPal
L’histoire de la « mafia PayPal » remonte à la création de PayPal. En 2000, Max Levitch, venu d’Ukraine, développait un produit crypté pour PalmPilot lorsque Thiel a décidé d’investir seulement 240 000 dollars. Cet investissement modeste a finalement généré 60 millions de dollars de profit, marquant le début d’un des épisodes entrepreneuriaux les plus spectaculaires de l’ère Internet.
Par la suite, le groupe d’entrepreneurs formé autour de PayPal — comprenant Elon Musk et Reed Hoffman — a changé la donne dans l’industrie. La lutte de pouvoir avec Moritz a été si intense qu’elle a conduit à la création du Founders Fund. Moritz, qui a fait de Sequoia Capital une légende en investissant dans Yahoo, Google, Stripe, n’a pas pu partager la vision macroéconomique et la recherche de profit de Thiel. Lors d’une réunion du conseil d’administration en 2000, Thiel a proposé de vendre à découvert ses fonds, mais Moritz a fermement empêché cette opération. La chute du marché qui a suivi aurait dû lui rapporter des profits exceptionnels, mais ce conflit a laissé des cicatrices profondes à Thiel, et a finalement motivé la naissance d’une ambition plus grande pour la mafia PayPal.
La croissance du Founders Fund et sa stratégie de différenciation
Après avoir tiré profit de l’acquisition de PayPal, Thiel a lancé plusieurs projets simultanément. Avec le hedge fund Clarium Capital, il a multiplié par 110 son capital, passant de 10 millions à 1,1 milliard de dollars en trois ans, réalisant en 2003 un profit de 65,6 % en vendant à découvert le dollar américain. Parallèlement, avec Howery, il préparait la structuration d’un fonds de capital-risque professionnel à partir d’investissements en amorçage.
En 2004, le Clarium Ventures a été lancé avec 50 millions de dollars de capital initial. Faute de fonds externes, qui n’ont apporté que 12 millions de dollars, Thiel a investi lui-même 38 millions (76 % du total). Les investisseurs institutionnels n’ont pas montré d’intérêt pour ce petit fonds, et même la fondation de Stanford s’est retirée, mais cette contrainte a permis au Founders Fund d’adopter une stratégie d’investissement plus libre.
Entre 2004 et 2006, deux investissements personnels de Thiel ont transformé le fonds en un acteur majeur. Le premier est Palantir, co-fondé en 2003, qui a reçu un investissement initial de 2 millions de dollars de la part d’In-Q-Tel, la branche d’investissement de la CIA. À la fin 2024, la valeur des actifs détenus par Palantir atteignait 30,5 milliards de dollars, avec un rendement de 18,5 fois.
Le second est l’investissement dans Facebook à l’été 2004. Présenté par Reed Hoffman à Mark Zuckerberg, Thiel a investi en quelques jours dans une obligation convertible de 500 000 dollars. Bien que l’objectif initial de 1,5 million d’utilisateurs n’ait pas été atteint, Thiel a opté pour la conversion en actions. Cette décision prudente lui a permis de réaliser un profit personnel de plus d’un milliard de dollars, et a généré un rendement de 3,65 milliards de dollars (46,6 fois) pour le portefeuille du Founders Fund.
L’idéal de la mafia PayPal et la « priorité aux fondateurs »
En 2005, l’arrivée de Sean Parker a définitivement orienté la stratégie du fonds. Créateur de Napster, mais échouant chez Plaxo, Parker était marginalisé par Moritz. Thiel lui a néanmoins offert un partenariat général dans le Founders Fund. Le nom du fonds a finalement été choisi sans article défini : « Founders Fund », avec une philosophie claire : ne jamais évincer les fondateurs.
Ce principe allait à l’encontre des pratiques de l’époque. Depuis les années 1970, Kleiner Perkins et Sequoia Capital avaient réussi grâce à une intervention active dans la gestion. La majorité des investisseurs considéraient qu’ils étaient les véritables maîtres, et que les fondateurs techniques devaient être remplacés par des gestionnaires professionnels. Don Valentine, légendaire fondateur de Sequoia, plaisantait en disant que les fondateurs médiocres devaient être enfermés dans la cave de Manson.
La philosophie de Thiel était radicalement différente. Il croyait fermement à la valeur des individus « souverains » et considérait que brider le talent de ceux qui transgressent les règles était une folie économique et une menace pour la civilisation. Inspiré par la « théorie du désir mimétique » du philosophe français René Girard, Thiel a appliqué ce concept à l’investissement en capital-risque. Selon lui, les entreprises qui réussissent ont toutes une position monopolistique, tandis que celles qui échouent se ressemblent toutes, incapables d’échapper à la compétition. Le Founders Fund a ainsi adopté une stratégie d’exploration de domaines inexplorés, que d’autres investisseurs évitent.
Concentration sur la haute technologie et retours exceptionnels
Alors que l’industrie du capital-risque sombrait dans une mode de copie des réseaux sociaux, Thiel adoptait une perspective différente. En 2008, lors d’une rencontre avec Elon Musk, il a proposé d’investir 5 millions de dollars dans SpaceX. Il ne s’agissait pas simplement d’une réconciliation amicale, mais d’un pari stratégique sur une entreprise alors en difficulté, avec trois échecs de lancement à son actif.
Avec Nosek comme chef de projet, le fonds a porté l’investissement à 20 millions de dollars (environ 10 % du deuxième fonds), avec une valorisation de 315 millions de dollars. Thiel a décidé d’entrer à ce niveau, malgré le scepticisme de nombreux LP qui pensaient qu’il était fou. Le résultat a été spectaculaire : en 17 ans, le Founders Fund a investi un total de 671 millions de dollars dans SpaceX, et lors du rachat de ses propres actions en décembre 2024, la valorisation atteignait 350 milliards de dollars, avec un portefeuille valorisé à 18,2 milliards de dollars, soit un rendement de 27,1 fois.
Le succès de cette « mafia PayPal » a culminé lors de la création de trois fonds entre 2007 et 2011, avec des investissements allant de 227 millions à 625 millions de dollars, générant des retours de 15 à 26,5 fois, établissant un record dans l’histoire du capital-risque. La concentration sur Facebook, Palantir et SpaceX illustre la capacité de Thiel à repérer des valeurs exceptionnelles que d’autres ont ignorées, grâce à sa pensée stratégique.
L’approche de la « priorité aux fondateurs » et l’accent mis sur la haute technologie ont fixé de nouvelles normes pour les fonds ultérieurs. L’empire d’investissements imaginé par Thiel ne se limite pas à des retours financiers, mais vise aussi à cultiver des talents capables de défier les normes sociales et de promouvoir une véritable innovation.