La Corée ouvre l’accès aux cryptomonnaies mais reste prudente, avertissant que les stablecoins pourraient perturber les contrôles de capitaux et mettre à rude épreuve la régulation.
La banque centrale de Corée du Sud a revu sa position concernant l’investissement dans les actifs virtuels sur son territoire. Parallèlement, le pays continue d’avertir sur les risques liés aux stablecoins.
Les déclarations de hauts responsables montrent une pression croissante pour ouvrir les marchés, tout en exprimant des préoccupations concernant les contrôles de capitaux et la stabilité financière. De plus, les retards réglementaires persistent alors que les législateurs débattent de l’utilisation des stablecoins et du fonctionnement des échanges.
Dans une déclaration lundi, le gouverneur de la Banque de Corée, Lee Chang-young, a indiqué que les Sud-Coréens peuvent désormais investir dans des actifs virtuels en raison de la pression du marché. Comme mentionné dans ses propos, les autorités prévoient également un nouveau système d’enregistrement. Un tel système permettrait aux institutions nationales d’utiliser des actifs virtuels sous une surveillance plus stricte.
Les commentaires de Chang-young ont été faits lors du Forum financier asiatique à Hong Kong. Selon le chef de la Banque centrale, cette dernière démarche répond à une demande, et non à une approbation totale.
Il a également tracé une ligne claire entre les outils de paiement, précisant que les dépôts tokenisés soutiendraient principalement les paiements domestiques. De plus, les stablecoins libellés en won serviraient aux transactions internationales.
Ses opinions reflétaient une préoccupation concernant les flux transfrontaliers plutôt que la commodité pour le détail. La Corée du Sud dispose déjà d’un réseau de paiement rapide et efficace. Cela réduit le besoin de monnaies numériques de banque centrale pour le retail.
Chang-young a averti que les stablecoins en won pourraient affaiblir les contrôles des flux de capitaux. Et cette tendance pourrait s’accélérer lorsque des coins liés au won seraient associés à des stablecoins en dollar américain.
Un accès facile aux stablecoins en dollar soulève d’autres problématiques. Ces tokens sont largement utilisés et entraînent des coûts de transaction inférieurs à ceux du transfert direct de dollars américains. Par ailleurs, les fluctuations du taux de change pourraient également pousser rapidement des fonds vers des stablecoins en dollar.
Chang-young a expliqué que des mouvements de devises brusques pourraient déclencher d’importants flux de capitaux vers les stablecoins en dollar. Et cela pèse sur la surveillance, car de nombreuses entreprises non bancaires émettent ces tokens.
Chang-young a souligné que les CBDC de détail offrent des gains limités étant donné l’état avancé des infrastructures de paiement en Corée du Sud. Les plans de la banque centrale se concentrent plutôt sur les dépôts tokenisés et les CBDC en gros via des programmes pilotes, en maintenant une structure bancaire à deux niveaux.
Les points clés des déclarations de Chang-young incluent :
Chang-young a également abordé le rythme des réformes, réaffirmant que des règles plus simples pourraient stimuler l’activité économique à court terme. Il a aussi maintenu que les réformes devraient éviter une course à la baisse des standards et que la réglementation du numérique bancaire nécessite des règles plus strictes. Le chef de la Banque centrale a cité les leçons de la crise financière de 2008 pour renforcer sa position.
Pour établir un cadre juridique complet, la Commission des services financiers a rédigé la loi sur les actifs numériques de base. Un élément central du projet de loi est la responsabilité sans faute, qui tient les opérateurs responsables des pertes des utilisateurs sans preuve de négligence.
Parallèlement, le discours s’est concentré sur un renforcement des divulgations et de la protection des consommateurs. Cependant, les discussions ont ensuite été bloquées sur le contrôle des réserves, les pouvoirs d’application et la gouvernance.