Les tensions en géopolitique transforment les systèmes de paiement en outils de pression politique. Ce problème a obligé une méthode de paiement contrôlée par l’Europe à devenir une nécessité. À cette fin, le membre du conseil de la Banque centrale européenne Piero Cipollone a soutenu que l’euro numérique proposé n’est rien d’autre que de l’argent public sous forme numérique.
Le responsable de la BCE affirme qu’il complétera la monnaie physique tout en réparant un système de paiement qui est sur le point de s’effondrer.
Selon Cipollone, avec la croissance du commerce électronique, l’utilisation de l’argent liquide diminue dans toute la zone euro. En 2024 seulement, l’argent liquide représentait seulement 24 % de la valeur des transactions quotidiennes. C’est aussi une baisse intéressante par rapport à 40 %, il y a seulement cinq ans.
Dernièrement, les événements mondiaux ont montré que les outils financiers peuvent être transformés en armes et ces tensions renforcent la nécessité d’un système de paiement de détail entièrement sous contrôle européen.
L’Europe se prépare pour l’avenir avec l’euro numérique, conçu pour soutenir l’économie et le système de paiements, déclare le membre du Conseil exécutif Piero Cipollone à @el_pais. La montée des tensions géopolitiques renforce l’argument en faveur d’un moyen de paiement numérique européen… pic.twitter.com/VrfhEEyxXB
— Banque centrale européenne (@ecb) 28 janvier 2026
Cipollone indique que ce système doit s’appuyer sur la technologie et l’infrastructure européennes. Au moment de la rédaction, de nombreux pays européens dépendent encore de fournisseurs extérieurs au continent.
Cipollone a évoqué la Cour pénale internationale comme un exemple récent de ces problèmes, où certains juges ont vu leurs cartes émises aux États-Unis bloquées en raison de sanctions. Cela limitait leur capacité à payer des biens de base à travers l’Europe, car ils dépendaient de Visa et Mastercard.
Cependant, si un euro numérique était en place, ces utilisateurs auraient pu continuer à payer sans interférence.
Pour cette raison, Cipollone affirme que l’Europe ne peut pas se permettre une dépendance excessive aux plateformes de paiement étrangères.
Une statistique encore plus intéressante est que, aujourd’hui, 13 des 20 pays de la zone euro n’ont pas de système de paiement domestique propre. Ils doivent actuellement choisir entre l’argent liquide ou les cartes internationales, et ce problème rend la région vulnérable à l’influence extérieure.
Le projet vise à créer une norme ouverte unique pour tous les commerçants. Cela signifie que toute entreprise acceptant actuellement les paiements numériques devra accepter la nouvelle monnaie.
Ce statut obligatoire garantit que les gens peuvent utiliser l’actif partout, des supermarchés allemands aux petites boulangeries françaises.
L’introduction de cette couche commune aidera également les banques et les fintechs à innover. Ainsi, au lieu de construire des systèmes séparés, ils pourront utiliser l’infrastructure de la banque centrale.
Cette approche réduira les coûts pour tous les acteurs et les commerçants verront des frais plus faibles car la BCE fournit les voies sous-jacentes.
Certains critiques ont également suggéré de rendre la monnaie uniquement hors ligne. Cependant, Cipollone rejette cette idée car elle ne résout pas le problème du commerce électronique. Un tiers des paiements se font désormais en ligne et l’argent public doit être disponible là où les gens le dépensent réellement.
Les billets et pièces ne disparaîtront pas de sitôt. La banque centrale en est consciente et soutient même des lois pour protéger le droit de payer en liquide.
Cependant, l’argent physique ne peut pas être utilisé pour des transactions en ligne ou pour envoyer de l’argent à des amis. L’euro numérique résout ce problème en offrant une expérience semblable à celle de l’argent liquide sur un smartphone.
Dans le nouveau système, la valeur de cet euro numérique sera toujours constante et une unité vaudra toujours une pièce d’euro physique. Ce n’est pas non plus un actif cryptographique car il est soutenu et géré par une institution centrale.
Ainsi, la valeur restera stable même en période de volatilité du marché.
Le calendrier de ce projet devient plus clair et les législateurs européens prévoient de finaliser les lois nécessaires cette année.
JUST IN : 🇪🇺 Le Conseil de l’UE a approuvé la proposition pour un Euro Numérique, permettant à la BCE d’aller de l’avant avec une monnaie numérique soutenue par le gouvernement pour les paiements quotidiens. pic.twitter.com/HwnO5UMjWl
— Liste de surveillance des actifs du monde réel (@RWAwatchlist_) 24 décembre 2025
De plus, si le cadre juridique est prêt, la banque lancera un programme pilote d’ici mi-2027 avec des transactions réelles pour s’assurer que le système est stable.
Le produit devrait être déployé entièrement d’ici 2029, cette date laissant suffisamment de temps au secteur bancaire pour préparer ses systèmes.