Un nouveau post frappant de l’analyste Lukas Ekwueme semble intéressant pour les détenteurs d’argent, et ce n’est pas à cause des fluctuations de prix à court terme ou du battage médiatique des traders. Au contraire, l’attention se tourne vers quelque chose de beaucoup plus grand : la demande structurelle.
L’image partagée par Lukas présente l’argent comme « le catalyseur critique de la révolution solaire », et les chiffres attachés à cette affirmation sont difficiles à ignorer. La demande en argent pour le solaire photovoltaïque (PV) a discrètement augmenté au cours de la dernière décennie, devenant l’un des moteurs de consommation à long terme les plus puissants dans l’ensemble du secteur des matières premières.
Selon les données du post, la demande en argent liée au PV tournait autour de 82 millions d’onces en 2016. En 2024, ce chiffre avait bondi à environ 198 millions d’onces.
C’est une augmentation massive de 140 % en seulement huit ans.
Il s’agit d’un changement structurel dans la façon dont l’argent est consommé. Le solaire n’est plus une utilisation de niche, car il devient l’une des forces industrielles dominantes derrière la demande d’argent.
Et les projections deviennent encore plus agressives.
D’ici 2030, la demande en argent pour le PV devrait atteindre entre 320 et 450 millions d’onces par an. Cela implique une augmentation supplémentaire de 60 % à 130 % par rapport aux niveaux actuels.
À l’extrémité supérieure, le solaire pourrait à lui seul consommer près de la moitié de la production mondiale d’argent d’aujourd’hui.
C’est le genre de pression de demande que les marchés des matières premières n’absorbent pas facilement.
L’infographie explique également le problème central : l’argent est essentiel dans l’architecture des panneaux solaires en raison de sa conductivité électrique inégalée.
La pâte d’argent est utilisée dans la grille conductrice qui capte les électrons et transforme la lumière du soleil en électricité utilisable. Des efforts sont en cours pour réduire ou substituer l’argent, mais la réalité est simple : l’efficacité compte, et l’argent reste l’un des meilleurs matériaux disponibles.
Cela rend cette demande tenace. Elle ne disparaît pas simplement parce que les prix augmentent.
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Lukas ajoute un autre point clé : l’argent n’entre pas dans cette vague de demande depuis une position de surplus.
Le marché aurait connu cinq années consécutives de déficits en argent, ce qui signifie que la consommation dépasse l’offre.
De tels déficits ne se résolvent pas tranquillement. Ils épuisent les stocks au fil du temps, et une fois que les réserves en surface se resserrent, la pression sur les prix tend à s’accumuler rapidement.
C’est là que l’argent devient différent de beaucoup d’autres matières premières. Il s’agit de savoir combien d’inventaire accessible reste lorsque la demande explose.
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Le post met également en évidence quelque chose d’important : l’argent est de plus en plus traité comme une ressource stratégique.
Les applications militaires croissent, l’utilisation industrielle s’accélère, et les gouvernements prêtent une attention accrue aux chaînes d’approvisionnement liées aux métaux critiques.
Lorsqu’une matière première devient stratégique, elle cesse d’être simplement un intrant industriel et commence à se trader comme une nécessité.
Cela peut remodeler la façon dont les capitaux circulent dans le secteur.
La conclusion générale du post de Lukas Ekwueme est claire : la demande solaire devient trop importante pour être ignorée, et l’offre d’argent ne croît pas assez rapidement pour y répondre confortablement.
Si la demande en PV continue de croître vers la gamme de 320–450 Moz, le marché pourrait faire face à une réalité inconfortable : l’argent pourrait être structurellement en sous-approvisionnement pendant des années.
C’est ainsi que commencent les squeezes.
Pas avec du battage médiatique, mais avec des mathématiques.