Les régulateurs canadiens en matière de cryptomonnaies ont introduit de nouvelles règles de garde cryptographique visant à protéger les investisseurs et à réduire le risque d’échecs de grande envergure. Le cadre a été créé et déployé par l’Organisation canadienne de réglementation des investissements (CIRO), et son objectif est d’établir de nouvelles normes pour le stockage et le transfert des actifs cryptographiques.
Cette démarche montre que les régulateurs s’inquiètent des risques potentiels suite à plusieurs violations à l’échelle de l’industrie qui ont affecté des milliers d’utilisateurs et causé des dommages de plusieurs millions de dollars. Les règles sont provisoires, mais elles serviront de base pour de futures réglementations.
Les échecs passés ont révélé que la réglementation canadienne en matière de cryptomonnaies était insuffisante, ce qui a conduit les régulateurs à rendre les règles plus strictes et davantage axées sur la sécurité des utilisateurs. La faillite de QuadrigaCX en 2019 a été le moment décisif pour les régulateurs cryptographiques. Ceux-ci ont particulièrement mis l’accent sur la mauvaise gouvernance et les contrôles faibles en matière de garde.
Des problèmes similaires ont émergé à l’échelle mondiale dans les juridictions permettant le trading de cryptomonnaies. Cela renforce la conviction que, maintenant que les cryptos font partie intégrante de l’économie traditionnelle, les gouvernements doivent intervenir et créer des règles plus strictes.
La garde cryptographique présente des défis uniques. Elle peut être affectée par des menaces de cybersécurité, une mauvaise gestion des clés privées, et des structures de responsabilité peu claires. Les mesures visent à restaurer la confiance dans l’industrie et, à long terme, à réduire la volatilité. Parallèlement, l’UE a publié des réglementations complètes concernant les cryptomonnaies, et le Canada, ainsi que d’autres juridictions, ont mis en œuvre leurs propres mesures.
Un cadre provisoire avec un impact immédiat
Les nouvelles réglementations de la CIRO font partie d’un Cadre provisoire de garde d’actifs numériques, et elles resteront en vigueur jusqu’à la mise en place de mesures permanentes. La CIRO a décidé de mettre en œuvre ces mesures plutôt que d’attendre un processus législatif long. Cela permet également aux régulateurs de modifier rapidement les règles si nécessaire.
Un système de dépositaires à plusieurs niveaux
Au cœur des nouvelles réglementations se trouve un système qui catégorise les dépositaires en quatre niveaux en fonction de leur solidité financière, de leur couverture d’assurance, de leurs normes de gouvernance et de leurs protections techniques. Les dépositaires de premier niveau sont autorisés à détenir jusqu’à 100 % des actifs cryptographiques des clients, les dépositaires de niveau 3 peuvent stocker jusqu’à 75 %, et ceux de niveau 4 sont plafonnés à 40 %. L’objectif est d’inciter les utilisateurs à privilégier des dépositaires plus sûrs.
Limites sur la garde interne
Il existe également une limite sur la quantité d’actifs que les clients peuvent détenir eux-mêmes. La garde interne est fixée à 20 % selon les nouvelles réglementations. Cela réduit le risque de défaillance de la plateforme ou, du moins, l’impact qu’elle pourrait avoir sur les utilisateurs.
Exigences en matière de gouvernance et de sécurité
Le cadre définit également les exigences de sécurité que doivent respecter les fournisseurs de portefeuilles. Cela inclut des audits réguliers, une couverture d’assurance, et un ensemble robuste de contrôles de cybersécurité. Les entreprises doivent démontrer une gouvernance interne solide et des efforts de reporting transparents.
Pour les investisseurs, un nouvel ensemble de normes proposé par la réglementation offre une meilleure protection et une plus grande transparence. Ces normes visent à renforcer la confiance de tous les acteurs dans le processus et dans le marché des cryptomonnaies. Il y a une forte poussée pour l’investissement institutionnel en cryptomonnaies, et des experts comme ceux de CryptoManiaks ont écrit sur le fait que les banques et les compagnies d’assurance commencent à investir dans la cryptographie.
Pour les plateformes, des réglementations supplémentaires entraîneront des coûts plus élevés. Les entreprises pourraient devoir restructurer leurs arrangements de garde, s’associer à des fournisseurs agréés, et améliorer leur infrastructure. Ces coûts sont généralement répercutés sur les utilisateurs finaux, souvent par une augmentation des frais et des abonnements.
L’investissement en cryptomonnaies est une activité mondiale, et les efforts canadiens s’inscrivent dans une tendance mondiale croissante visant à réglementer davantage l’industrie, la rendant plus sûre et plus attrayante pour les investisseurs ordinaires. Les régulateurs de l’UE et des États-Unis ont également fait des efforts pour se concentrer sur la ségrégation des actifs, la garde, et les normes de gouvernance.
La seule différence dans l’approche du Canada est que le gouvernement a choisi une démarche provisoire. C’est une différence intéressante d’un point de vue industriel, car elle permet aux agences réglementaires canadiennes d’expérimenter les règles pendant un certain temps et de les modifier rapidement en fonction des retours.
Le Canada a adopté un nouvel ensemble de mesures réglementaires pour aider à protéger les investisseurs en cryptomonnaies. Les règles se concentrent principalement sur les questions de garde et ont été adoptées en réponse à des violations passées qui ont ébranlé la confiance publique dans la cryptographie et les portefeuilles de garde. Ces règles sont provisoires et seront ultérieurement intégrées dans la législation. Des changements similaires se produisent dans le monde entier, et le Canada tente de rattraper son retard par rapport aux réglementations européennes.
La caractéristique principale de la nouvelle réglementation est l’introduction de niveaux pour le système de dépositaires. Elle limitera le nombre d’actifs qu’un dépositaire peut détenir en fonction de sa fiabilité. Les règles limiteront également le nombre d’actifs qu’un utilisateur de cryptomonnaies peut détenir en son nom.