L’or a été volatile cette semaine, rappelant aux investisseurs que même l’actif refuge le plus ancien au monde ne bouge pas en ligne droite. Après avoir dépassé les 5000 $ l’once, le prix de l’or a chuté brusquement vers la zone des 4800 $, avant de se redresser à nouveau.
Aujourd’hui, l’or se négocie à nouveau au-dessus de 4900 $, montrant que les acheteurs interviennent rapidement en cas de faiblesse.
Ce recul a relancé un débat plus large qui dépasse les graphiques à court terme : l’or est-il encore sous-évalué dans le système mondial ou le marché a-t-il déjà tout intégré ?
L’analyste financier populaire Alex Mason pense que la véritable histoire se cache sous la surface.
Et selon lui, le décalage entre l’or papier et l’or physique a atteint un niveau extrême sans précédent.
Dans son dernier commentaire, Mason soutient que le marché de l’or ne concerne plus seulement la spéculation sur le prix — il s’agit du contrôle des réserves monétaires réelles.
Son point principal est simple : les marchés occidentaux négocient principalement l’or via des instruments papier, tandis que l’Est accumule discrètement la vraie chose.
L’or papier inclut les ETF, les contrats à terme et les dérivés ; des instruments qui augmentent la demande sur papier sans nécessiter de livraison physique. L’or physique, en revanche, est limité, rare, et de plus en plus absorbé par des acheteurs souverains.
Mason décrit cela comme une « guerre cachée » entre l’Est et l’Ouest.
Il rejette l’idée courante selon laquelle la Chine veut faire exploser le prix de l’or pour réaliser un profit. Au lieu de cela, il affirme que la Chine achète de l’or pour quelque chose de beaucoup plus profond : la protection monétaire.
L’or est accumulé comme une couverture contre :
Dans ce cadre, la Chine ne souhaite pas que le prix de l’or grimpe de façon incontrôlable. Une revalorisation rapide exposerait trop rapidement les tensions du système monétaire.
C’est pourquoi l’accumulation se fait discrètement, via des canaux officiels, l’absorption de l’offre domestique, et les réserves des banques centrales.
Mason souligne également une accumulation physique soutenue dans les marchés émergents, avec des pays comme la Chine et la Russie qui retirent régulièrement de l’offre du marché.
Pendant ce temps, les bureaux occidentaux continuent d’étendre la liquidité papier.
Ce déséquilibre est important car la demande en papier peut croître indéfiniment.
L’offre physique, elle, ne peut pas.
Si la pression sur la livraison augmente, les marchés papier devront finir par combler l’écart, et historiquement, cette résolution passe par une hausse des prix.
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Le deuxième argument majeur de Mason est que le contexte macroéconomique devient trop lourd pour que la suppression du prix de l’or dure encore longtemps.
Il pointe directement le bilan des États-Unis.
Avec environ 38 000 milliards de dollars de dette, les options traditionnelles deviennent limitées. Les gouvernements peuvent réduire les dépenses, augmenter les taxes, diluer les obligations ou revaloriser les actifs.
Mason affirme que l’or est le seul actif monétaire pouvant être réévalué à la hausse sans provoquer un défaut de paiement total.
C’est pourquoi les discussions sur la stabilité monétaire sont de plus en plus liées à la tolérance à des prix de l’or plus élevés, même si les décideurs ne le disent pas directement.
Par ailleurs, les incitations mondiales évoluent.
Mason note qu’il y a désormais peu de raisons pour qu’un grand bloc souverain maintienne le plafond de l’or :
Dans ce contexte, l’or devient moins un simple instrument de trading et plus un outil de réinitialisation structurelle.
Les pressions sur l’offre continuent également de se renforcer.
La production minière stagne, les taux de découverte diminuent, et les banques centrales absorbent directement le métal.
Cela crée un marché où la demande en papier peut croître indéfiniment, mais la disponibilité physique continue de diminuer.
La conclusion de Mason est claire : l’or ne peut pas être supprimé éternellement car le système ne permet pas un déséquilibre infini.
Finalement, l’or se revalorise pour restaurer la confiance.
Il insiste aussi sur un dernier point qui résonne chez de nombreux détenteurs à long terme : dans un monde de contrats et de risques de contrepartie, la possession physique est la plus importante.
« Si ce n’est pas dans votre coffre-fort », explique-t-il, « ce n’est pas vraiment à vous. » Avec les banques centrales qui accumulent discrètement des réserves, la réduction de l’offre, et le cycle de la dette mondiale qui atteint des niveaux insoutenables, le rôle de l’or évolue au-delà d’une simple couverture.
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