Après avoir subi des revers dans des procès clés contre les États du Nevada, du Massachusetts et du Maryland, Kalshi a remporté une victoire cette semaine dans le Tennessee concernant l’avenir des marchés de prédiction liés au sport. Un juge fédéral du district dans cet État du sud a accordé jeudi la demande de Kalshi pour une injonction préliminaire dans sa plainte contre les régulateurs du Tennessee. Bien que cette victoire ne constitue pas un verdict en soi, elle montre que le juge pense que Kalshi a de bonnes chances de succès sur le fond de l’affaire. Cette affaire, telle que présentée par Kalshi, soutient que les paris sportifs de la société ne sont pas des paris sportifs relevant de la compétence des régulateurs d’État, mais plutôt des contrats d’événements sous la juridiction de la CFTC fédérale.
Le résultat favorable au Tennessee pour Kalshi s’oppose directement aux décisions récentes des juges du Maryland, du Massachusetts et du Nevada, qui estiment que les régulateurs d’État ont probablement compétence sur les marchés de prédiction liés au sport. Le Nevada est sur le point de devenir le premier État américain à interdire temporairement les marchés sportifs de Kalshi pendant que le procès suit son cours. Alors, pourquoi certains juges prennent-ils rapidement parti pour les États, alors que d’autres adoptent une position tout aussi ferme en faveur des marchés de prédiction ? La divergence pourrait moins relever de la partisanerie (le problème n’est pas nécessairement partisan), et davantage de la stratégie juridique. Jusqu’à présent, les États qui ont obtenu des victoires contre Kalshi et ses concurrents ont soutenu, du moins en partie, que le Congrès n’avait jamais eu l’intention de donner à la CFTC un mandat suffisamment large pour réglementer les paris sportifs, ou de retirer aux États leur autorité sur ces paris. Ces arguments ont été mis en avant dans des procès intentés par le Massachusetts, le Maryland et le Nevada contre des plateformes de marchés de prédiction.
Pour les États, l’argument principal doit toujours être l’absence d’intention du Congrès. Commencer par l’argument des « swaps » est une erreur non forcée, surtout puisque les décisions du Massachusetts et du Maryland ont dit qu’il était sans importance de savoir si les contrats d’événements sportifs pouvaient satisfaire la définition technique de « swap ». https://t.co/C92iOxaBuL
— Daniel Wallach (@WALLACHLEGAL) 20 février 2026
L’affaire du Tennessee, quant à elle, s’est concentrée sur un argument juridique plus restreint : les marchés de prédiction liés au sport peuvent-ils être considérés comme des « swaps » relevant de la compétence de la CFTC ? Cet argument a été rejeté jeudi, et il avait également été perdu l’année dernière dans le procès du New Jersey contre Kalshi. Daniel Wallach, expert juridique spécialisé dans les marchés de prédiction, a déclaré cette semaine que mettre en avant l’argument des swaps devant les tribunaux est devenu une « erreur non forcée » pour les régulateurs d’État. Wallach a confié à Decrypt qu’il pense que ces questions de stratégie dépendent aussi des ressources disponibles. Le Tennessee et le New Jersey ont fait appel à des conseils internes pour élaborer et défendre leurs dossiers, alors que le Nevada — l’un des cas où l’État a le plus réussi à s’attaquer aux marchés de prédiction — a engagé des conseils extérieurs, qui ont élaboré et défendu avec succès l’argument de l’intention du Congrès. « C’est à courte vue », a déclaré Wallach. « [Le Tennessee] n’a pas abordé certains points que les conseils extérieurs du Nevada auraient écrasés. » La situation est devenue de plus en plus compliquée ces dernières semaines, alors que différents États prennent des chemins divergents. Plus tôt cette semaine, le responsable de la CFTC a défendu l’autorité exclusive de l’agence sur les marchés de prédiction — pour être rapidement contredit par un gouverneur de son propre parti. En fin de compte, compte tenu des conclusions divergentes que plusieurs tribunaux fédéraux pourraient bientôt tirer sur le sujet, il est probable que la Cour suprême finisse par trancher.