SBI Holdings, un géant financier japonais, a annoncé cette semaine l’émission d’une obligation blockchain d’un montant de 10 milliards de yens (environ 64,5 millions de dollars américains), appelée SBI START Bonds.
La structure de cette obligation n’est pas compliquée : une durée de 3 ans, une notation de crédit A-, un taux d’intérêt annuel estimé entre 1,85 % et 2,45 %, avec des paiements semestriels, gérée par la Mizuho Bank. Ces conditions sont standard dans le marché des obligations d’entreprises au Japon, ne suscitant pas d’enthousiasme particulier chez les investisseurs à revenu fixe.
Mais elle comporte une clause inhabituelle : l’achat d’obligations donne droit à des XRP en récompense.
Concrètement, après avoir souscrit et ouvert un compte sur SBI VC Trade (la plateforme d’échange de cryptomonnaies de SBI), l’investisseur reçoit immédiatement une quantité d’XRP équivalente à son montant d’achat. Par la suite, il recevra également des distributions supplémentaires d’XRP aux dates de paiement des intérêts en 2027, 2028 et 2029. (Pour chaque 100 000 yens investis, 200 yens en XRP seront distribués.)
En d’autres termes, il s’agit d’une obligation hybride offrant à la fois des intérêts en monnaie fiduciaire et des récompenses en actifs cryptographiques.
Cette obligation sera émise et gérée via la plateforme ibet for Fin de BOOSTRY, contournant complètement le système traditionnel japonais de règlement des titres JASDEC, et sera négociée sur le marché secondaire via la plateforme START de la Bourse Numérique d’Osaka (ODX). La période de souscription s’étend du 11 au 23 mars, avec un montant minimum de 10 000 yens (environ 2 100 nouveaux dollars taïwanais), destinée aux investisseurs particuliers résidant au Japon.
Pourquoi XRP ? Revenons à 2016.
Cette année-là, SBI Holdings a investi dans Ripple Labs, acquérant environ 9 % des actions, devenant ainsi le plus grand investisseur externe de Ripple. La même année, les deux parties ont créé une coentreprise, SBI Ripple Asia, pour promouvoir les paiements transfrontaliers basés sur la blockchain en Asie. En 2019, SBI Remit a commencé à utiliser XRP comme monnaie de pont pour les transferts internationaux, l’un des premiers cas d’utilisation concrète de XRP.
En novembre 2025, Ripple a levé 500 millions de dollars lors d’un tour de financement valorisant l’entreprise à 40 milliards de dollars, la participation de SBI valant alors environ 3,6 milliards de dollars. En février 2026, SBI VC Trade est devenue la première société japonaise à obtenir une licence de « fournisseur de services de paiement électronique », lui permettant de traiter des stablecoins étrangers comme l’USDC.
De l’investissement en actions, aux paiements transfrontaliers, à la licence pour stablecoins, jusqu’à l’émission d’obligations, SBI a mis près de dix ans à intégrer XRP dans sa gamme de produits financiers.
Les obligations blockchain de SBI ne sont pas une exception isolée. Le marché japonais des tokens de titres a dépassé la phase de preuve de concept pour entrer dans une phase de croissance à petite échelle.
Parmi les autres grands exemples : en novembre 2025, le groupe Mitsubishi UFJ Financial a émis la première obligation numérique d’une banque japonaise, d’un montant également de 10 milliards de yens ; Nomura Securities a réalisé plusieurs tests de livraison et de règlement de obligations numériques, réduisant le cycle de règlement à T+1 ; le gouvernement de Tokyo a également offert une subvention maximale de 5 millions de yens pour encourager les entreprises à émettre des obligations numériques.
2026 sera une année charnière pour la régulation des actifs numériques au Japon.
La Financial Services Agency (FSA) japonaise pousse une réforme majeure : transférer la classification des actifs numériques du « Fonds de paiement » (FSA) vers la « Loi sur les transactions de produits financiers » (FSA), les requalifiant ainsi en instruments financiers plutôt qu’en moyens de paiement. Cela alignera la régulation des actifs numériques sur celle des actions et obligations.
Parallèlement, la fiscalité évolue : la taxe sur les gains en cryptomonnaies, actuellement progressive jusqu’à 55 %, sera fixée à 20 %, conformément à la taxe sur les plus-values traditionnelles. De plus, les banques seront autorisées à traiter et détenir des actifs numériques ; la digital yen (DCJPY) sera lancée en avril par Japan Post Bank et la Banque du Japon ; Mitsubishi, Sumitomo Mitsui et Mizuho expérimentent des stablecoins adossés au yen pour les paiements transfrontaliers.
En combinant ces éléments : un cadre juridique traitant les actifs numériques comme des instruments financiers, un taux fixe de 20 %, une infrastructure mature pour les tokens de titres, et le lancement imminent de la monnaie numérique de la banque centrale, le Japon construit, avec une approche prudente, l’un des écosystèmes d’actifs numériques les plus complets au monde.
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