Un juge fédéral a rejeté la plainte de xAI pour violation de secrets commerciaux contre OpenAI, estimant que la startup fondée par Elon Musk n’avait pas présenté de faits suffisants liant directement OpenAI à une quelconque faute alléguée. Cependant, le tribunal a accordé à xAI la permission de modifier sa plainte et de la déposer à nouveau.
Rita F. Lin, juge de district aux États-Unis, a conclu que les allégations se concentraient principalement sur les actions d’anciens employés de xAI plutôt que sur une faute spécifique d’OpenAI elle-même, qui est le seul défendeur dans l’affaire. La juge a souligné que, pour aller au-delà de la phase initiale de la plainte, le plaignant doit présenter des faits qui, s’ils sont prouvés, démontrent que le défendeur a commis l’acte illégal allégué.
xAI a initialement déposé la plainte en septembre, accusant OpenAI d’orchestrer ce qu’elle décrit comme une campagne coordonnée et illégale pour voler une technologie propriétaire en recrutant agressivement ses ingénieurs. La plainte affirmait qu’OpenAI aurait incité huit anciens employés de xAI à détourner des matériaux sensibles, notamment du code source, des méthodologies de formation et des stratégies de déploiement de centres de données. Selon le dossier, des packages de rémunération lucratifs de plusieurs millions de dollars auraient été offerts à des ingénieurs qui auraient accédé à des fichiers internes peu après avoir communiqué avec un recruteur d’OpenAI.
La juge Lin a statué que xAI n’avait pas suffisamment allégué qu’OpenAI avait dirigé, connu ou utilisé des secrets commerciaux détournés. L’ordonnance a noté que, même si une faute individuelle s’était produite, la simple possession de secrets commerciaux ne suffit pas à établir la responsabilité de l’entreprise. Le tribunal a également rejeté les revendications connexes pour concurrence déloyale au niveau de l’État, estimant qu’elles étaient préemptées par la loi sur les secrets commerciaux.
La juge a fixé au 17 mars la date limite pour que xAI soumette une plainte révisée et a interdit à la société d’ajouter de nouvelles revendications ou défendeurs sans l’approbation du tribunal. Par ailleurs, une autre affaire contre l’ancien ingénieur de xAI, Xuechen Li, reste active, sa date limite de réponse ayant été prolongée jusqu’au 6 mars, alors que les deux parties examinent des documents contestés dans le cadre d’une injonction préliminaire émise en janvier.
Experts juridiques : la haute exigence pour les revendications de secrets commerciaux
Les analystes juridiques affirment que cette décision souligne la difficulté de tenir les entreprises responsables en cas de violation de secrets commerciaux liés au mouvement des employés. Ishita Sharma, associée chez Fathom Legal, a déclaré à Decrypt que les tribunaux exigent des liens factuels concrets entre un employeur et l’usage abusif présumé d’informations propriétaires. Elle a précisé que le simple recrutement d’employés d’un concurrent ne constitue pas en soi une conduite illégale sans preuve d’incitation ou d’utilisation réelle de matériaux confidentiels.
Sharma a ajouté que si xAI décide de modifier sa plainte, elle devra probablement en réduire la portée et fournir des allégations détaillées décrivant spécifiquement l’implication directe d’OpenAI, plutôt que de se contenter d’affirmations générales sur le comportement des employés.
Dernier chapitre dans les litiges de Musk avec OpenAI
Cette décision marque une étape supplémentaire dans la relation de plus en plus conflictuelle entre Elon Musk et Sam Altman. Musk, co-fondateur d’OpenAI, est engagé dans plusieurs litiges avec son ancienne entreprise alors que la compétition dans le secteur de l’intelligence artificielle s’intensifie.
En plus de l’affaire sur les secrets commerciaux, la société d’IA de Musk et X Corp. ont précédemment déposé une plainte antitrust, alléguant qu’un accord exclusif entre Apple et OpenAI faisait de ChatGPT l’assistant IA par défaut sur iPhone, ce qui désavantageait des concurrents comme Grok. Plus récemment, Musk aurait demandé jusqu’à 134 milliards de dollars à OpenAI et Microsoft, revendiquant un droit aux gains issus de ses contributions précoces.
Avec le rejet de la plainte pour secrets commerciaux mais la possibilité de la modifier, la prochaine étape revient à xAI. La société pourra-t-elle présenter des allégations factuelles plus détaillées pour faire avancer l’affaire ou celle-ci s’arrêtera-t-elle au stade de la plainte ?