Midnight, réseau zéro-connaissance axé sur la confidentialité, lancera le mainnet Kūkolu fin mars 2026 avec un modèle opérationnel « fédéré », où Google Cloud, MoneyGram, Pairpoint (joint-venture entre Vodafone et Sumitomo Corporation) ainsi qu’eToro géreront les nœuds initiaux.
Midnight ne se positionne pas comme une « crypto de confidentialité », mais comme une infrastructure de divulgation sélective, permettant aux organisations de prouver leur conformité KYC/AML, leur éligibilité ou de finaliser des paiements sans divulguer les données clients sur la blockchain.
Au lancement, le réseau sera exploité par un groupe d’opérateurs désignés pour assurer stabilité et disponibilité, avant de passer à un modèle décentralisé plus large, bien qu’aucune date précise pour cette transition n’ait encore été fixée.
En plus de grands noms comme Google Cloud et MoneyGram, le fournisseur de services validateurs Blockdaemon participe également, aux côtés d’AlphaTON et Shielded Technologies. Le nombre total de nœuds prévu pour la phase initiale est d’environ 10, mais la liste complète n’a pas encore été publiée.
Selon une étude d’Aleo citée par Midnight, le volume de stablecoins détenus par des organisations s’élève à 1 220 000 000 000 USD, mais seulement 0,0013 % de ces transactions utilisent une infrastructure à confidentialité. On prévoit que ce taux pourrait atteindre 0,08 à 1 % lorsque les outils de conformité seront finalisés, ce qui représenterait 1 à 12,5 milliards USD par mois transférés via des « privacy rails ».
Selon une enquête du Pew Research Center, 81 % des personnes interrogées craignent la manière dont les entreprises utilisent leurs données, et 62 % pensent qu’il est impossible de vivre au quotidien sans collecte d’informations — renforçant l’argument en faveur d’une infrastructure sécurisée mais conforme.
Midnight considère le modèle fédéré comme un compromis délibéré : privilégier la fiabilité opérationnelle pour les entreprises plutôt que de viser une décentralisation totale dès le départ. Cependant, certains observateurs estiment que le succès dépendra de la publication d’une feuille de route claire vers la décentralisation, des critères d’intégration des validateurs, et surtout des applications concrètes déployées après le mainnet.
La fin mars marquera le début officiel. Par la suite, le rythme de décentralisation, le nombre d’applications en production et le degré d’utilisation de la divulgation sélective dans les processus de conformité réels détermineront si Midnight devient une infrastructure de conformité pour les actifs numériques ou reste une simple plateforme de test avec de grands noms.