Le DOJ demande la réouverture du procès du cofondateur de Tornado Cash, Roman Storm, pour des accusations de blanchiment d’argent et de sanctions, avec une audience prévue en octobre 2026, risquant jusqu’à 40 ans de prison.
Le Département de la Justice des États-Unis se prépare à remettre Roman Storm, cofondateur de Tornado Cash, sur le banc des accusés. Concernant deux charges encore non jugées contre lui, le procureur a récemment demandé une révision du procès et suggéré de fixer l’audience entre début et mi-octobre 2026.
Selon une lettre déposée lundi auprès du juge Katherine Polk Failla, juge de la cour fédérale du district sud de New York, le DOJ indique clairement son intention de réaffirmer les charges 1 et 3 dans la plainte substituée contre Roman Storm. Le procureur prévoit que l’audience durera environ 3 semaines.
Tornado Cash est un « mélangeur non dépositaire » qui, en combinant plusieurs transactions, brouille la traçabilité des fonds pour renforcer la confidentialité des transactions sur la blockchain. Les autorités américaines accusent la plateforme d’avoir été détournée par des criminels (dont un groupe de hackers nord-coréen) pour le blanchiment d’argent, impliquant plus d’un milliard de dollars de fonds illicites.
En août dernier, le jury a reconnu Roman Storm coupable d’« opération non autorisée d’un service de transfert de fonds », mais n’a pas pu se mettre d’accord sur deux charges plus graves : « complot de blanchiment d’argent » et « violation des sanctions internationales », ce qui a conduit à une impasse dans le procès.
Bien que Roman Storm ait déjà déposé une « motion de verdict de non-culpabilité » en vertu de l’article 29 du Federal Rules of Criminal Procedure (une procédure permettant au juge de statuer directement sur la culpabilité ou l’innocence durant ou après le procès), avec une audience prévue le 9 avril, le procureur insiste fortement pour que le tribunal « fixe d’abord la date de la réouverture », afin d’éviter tout retard dû à des conflits d’agenda.
Le ministère de la Justice souligne que le procureur est prêt à commencer la révision dès ce printemps, tout en restant flexible quant au calendrier de la défense. Le procureur indique :
Pour éviter d’éventuels conflits d’agenda et retards futurs, si le tribunal le permet, le gouvernement sollicite que la date de la réouverture soit fixée autour du 5 ou du 12 octobre 2026.
Selon la lettre du procureur, Roman Storm et son équipe juridique estiment qu’il est « prématuré » de fixer une date pour la réouverture à ce stade ; cependant, ils confirment qu’en cas de besoin de nouveau procès, ils peuvent libérer trois semaines pour comparaître, à la fin septembre, début ou fin octobre, ou début décembre.
Face à l’insistance du procureur, Roman Storm a immédiatement réagi sur la plateforme sociale X, promettant de « ne jamais abandonner la lutte pour la liberté ». Il a écrit :
Ces deux charges peuvent entraîner jusqu’à 40 ans de prison fédérale, simplement parce que j’ai écrit du code open source, pour un protocole que je ne contrôle pas, et pour des transactions auxquelles je n’ai jamais touché.
Source : X/@rstormsf
Il a ajouté : « Le jury n’a jamais pu conclure que cela constituait un crime, mais les procureurs du district sud de New York ne lâchent pas l’affaire, tentant encore et encore, juste pour obtenir la condamnation qu’ils veulent. »
Roman Storm a également confié, avec frustration, que pour faire face à un procès long et coûteux, son fonds de défense juridique est déjà à sec.