
Lundi, le média d’investigation argentin « El Destape » a publié une révélation exclusive, basée sur un document récupéré par forensic à partir du téléphone de Mauricio Novelli, un lobbyiste de la cryptomonnaie. Ce document détaille un accord de paiement de 5 millions de dollars impliquant une possible promotion de la crypto-mème Libra par le président argentin Javier Milei.

(Source : « El Destape »)
Ce mémo en anglais commence par : « Chers amis, voici l’accord final convenu avec H », puis présente une structure de paiement en trois étapes :
Premier versement de 1,5 million de dollars : en tokens liquides ou en espèces
Deuxième versement de 1,5 million de dollars : lié à l’annonce publique par Milei de Hayden Davis comme conseiller pour son projet X
Troisième versement de 2 millions de dollars : selon des conditions à convenir séparément (non entièrement divulguées dans le rapport)
« El Destape » pense que la lettre « H » désigne le CEO de Kelsier Ventures, Hayden Davis, une figure centrale du projet Libra. Le document ne précise pas explicitement le bénéficiaire du paiement, mais indique que ces 5 millions de dollars semblent être destinés aux frères Milei et à plusieurs intermédiaires liés à eux, notamment Novelli, Manuel Trones Godoy et Sergio Morales.
Les enregistrements extraits du téléphone de Novelli révèlent une série de communications intenses autour de l’émission du token Libra : Milei a publié un post à ce sujet le 14 février 2025 à 19h01, tandis que Novelli et Milei ont eu plusieurs appels entre 18h54 et 19h03 ; le soir, Milei a rappelé Novelli à 19h17, la conversation durant plus de deux minutes.
Après la chute du prix de Libra cette même soirée, Novelli a successivement échangé avec le conseiller du président Damian Reidel, Julian Pe de KIP Protocol, et le conseiller senior Santiago Caputo, entre environ 22h et minuit.
Une note datée du 16 février 2025, trouvée sur le téléphone de Novelli, semble contenir un brouillon d’un communiqué de crise destiné à Milei, débutant par : « C’est la seule façon de le sauver, moi et nous. » L’analyse forensic argentine a également révélé que Milei a échangé au moins cinq messages avec Novelli à 19h01 le 14 février (au même moment où l’adresse du contrat Libra a été publiée sur la plateforme X), alors que cette adresse n’était pas encore publique, ce qui contredit sa déclaration selon laquelle il l’aurait « trouvée sur internet » après coup.
Après avoir brièvement atteint une capitalisation de 4 milliards de dollars, la valeur de Libra a chuté de plus de 90 %, avec huit portefeuilles liés au projet réalisant 107 millions de dollars de gains. Davis, CEO de Kelsier Ventures, a reconnu publiquement que son équipe avait « anticipé » le projet Libra et contrôlait un portefeuille détenant plus de 100 millions de dollars en tokens.
Milei nie toute conduite répréhensible. En juin 2025, le bureau anticorruption argentin a statué qu’il n’avait pas violé les normes éthiques publiques ; cependant, en novembre 2025, une commission du parlement argentin a jugé qu’il avait fourni une « coopération nécessaire » au projet Libra et a recommandé d’évaluer si ses actions constituaient une faute. Une enquête fédérale pénale et une action collective aux États-Unis sont toujours en cours.
Le document ne précise pas explicitement le bénéficiaire. Selon « El Destape », ces 5 millions de dollars semblent destinés aux frères Milei et à plusieurs intermédiaires liés à Hayden Davis de Kelsier Ventures, mais la répartition exacte n’est pas entièrement divulguée dans le document.
Le document a été créé le 11 février 2025, tandis que le post de Milei sur Libra a été publié le 14 février 2025, soit trois jours plus tard. L’analyse forensic montre que Milei a échangé des messages avec Novelli à la même minute de la publication, et que l’adresse du contrat n’était pas encore publique à ce moment, ce qui contredit sa déclaration selon laquelle il l’aurait « trouvée sur internet » après coup.
Il s’agit d’une enquête fédérale pénale en cours, ainsi que d’une action collective aux États-Unis. En novembre 2025, la commission du parlement argentin a recommandé d’évaluer si ses actions constituaient une faute, mais en juin 2025, le bureau anticorruption a statué qu’il n’avait pas violé les normes éthiques publiques.