L'Inde relie la monnaie numérique de la banque centrale (CBDC) des pays BRICS pour défier le dollar américain ! Trump menace de riposter avec une taxe douanière de 100%
L’Inde se prépare à ce que la proposition officielle de la banque centrale d’intégrer « l’interconnexion CBDC des BRICS » devienne un point central du sommet de 2026, dans le but de simplifier le commerce transfrontalier et les paiements touristiques via une passerelle de monnaie numérique, en évitant les frais élevés du réseau SWIFT. La e-Rupee indienne a déjà accumulé plus de 7 millions d’utilisateurs, et les 9 pays des BRICS sont tous en phase pilote. Cependant, cette initiative est perçue comme une stratégie de « dédollarisation », Trump ayant déjà menacé d’imposer des droits de douane punitifs à 100 %, ce qui intensifie la rivalité géopolitique.
L’Inde organise le sommet 2026 pour promouvoir une passerelle CBDC transfrontalière
Selon Reuters, alors que le sommet des BRICS de 2026 approche en Inde, la banque centrale indienne a officiellement soumis une recommandation au gouvernement pour inclure « la connexion des banques centrales des membres des BRICS via leur CBDC » dans l’ordre du jour principal. Cette proposition vise à utiliser l’interopérabilité des monnaies numériques pour simplifier le règlement des échanges transfrontaliers et les paiements touristiques entre les pays membres, rendant les flux financiers plus rapides et moins coûteux.
Si cette proposition recueille l’accord des chefs d’État, ce sera la première fois que le groupe des BRICS poussera officiellement à la création d’un cadre unifié de connexion des monnaies numériques, marquant une étape clé dans la souveraineté des actifs numériques sur les marchés émergents. Cette initiative ne sort pas de nulle part, mais s’appuie sur un consensus atteint lors du sommet de Rio de Janeiro en 2025, où les membres ont juré d’améliorer l’interopérabilité des systèmes de paiement.
La Banque centrale indienne estime qu’en connectant les CBDC officielles des pays, il sera possible de contourner la complexité et les coûts élevés du système bancaire correspondant (Correspondent Banking). Pour les importateurs, exportateurs et même les touristes transfrontaliers, cela pourrait offrir une expérience de règlement quasi instantanée et à faible coût. Les principaux membres des BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud — ainsi que les nouveaux entrants Arabie Saoudite, Iran, Égypte et Indonésie, totalisant 9 pays, ont tous lancé des phases pilotes pour leur CBDC. Bien que non encore commercialisées à grande échelle, la mise en place de cette infrastructure technologique est devenue une priorité.
L’avantage central de cette interconnexion numérique réside dans l’efficacité et la réduction des coûts. Le paiement transfrontalier traditionnel implique plusieurs banques intermédiaires, chacune prenant une commission et nécessitant plusieurs jours pour la liquidation. La passerelle CBDC proposée par l’Inde permettrait aux banques centrales de se connecter directement, rendant la transaction presque instantanée et à très faible coût. Pour les PME et les voyageurs, cette évolution pourrait être révolutionnaire.
Défis techniques et solutions d’échange de devises
Malgré la vision ambitieuse, la mise en œuvre de la connexion des CBDC de 9 pays ou plus pose d’importants défis techniques et réglementaires. Selon des sources proches du dossier, la réticence de certains membres à adopter la plateforme technologique d’autres pourrait ralentir le processus, nécessitant un consensus élevé sur les normes techniques, la gouvernance et les accords de règlement.
La technologie du yuan numérique (e-CNY) est la plus avancée, suivie par la e-Rupee indienne, mais le développement des CBDC dans d’autres pays est inégal. La complexité réside aussi dans les différences de positions concernant la souveraineté des données, la protection de la vie privée et les pouvoirs réglementaires. La Banque centrale indienne cherche à promouvoir une norme technologique neutre, permettant à chaque pays de conserver l’indépendance de son système tout en assurant l’interopérabilité via des interfaces standardisées.
Pour pallier les déséquilibres commerciaux pouvant entraîner des problèmes de liquidité, une solution en cours de discussion est la création d’un mécanisme d’« échange de devises en bilateral » (Foreign Exchange Swap) entre banques centrales. Ce dispositif permettrait, en cas de déséquilibre marqué dans la liquidation en monnaie locale, d’ajuster les positions via des contrats d’échange, avec des règlements nets périodiques (hebdomadaires ou mensuels).
Ce mécanisme s’inspire des leçons du passé. Lors de l’expansion du commerce en monnaie locale entre l’Inde et la Russie, la Russie a accumulé des milliards de roupies (Rupee) difficiles à utiliser sur le marché international, ce qui a bloqué la liquidation. L’Inde a finalement dû autoriser la Russie à investir ces fonds dans des obligations indiennes. En combinant CBDC et contrats de règlement automatisés, les BRICS espèrent optimiser cette voie de règlement en monnaie locale, évitant ainsi la stagnation des fonds et les risques de change.
Le principe est que, lorsque l’Inde exporte beaucoup plus vers la Chine qu’elle n’importe, la Chine accumule des quantités importantes de roupies numériques. Les banques centrales peuvent alors activer un accord d’échange, convertissant ces roupies numériques en yuan numérique, avec un règlement net périodique. Ce mécanisme conserve les avantages du règlement en monnaie locale tout en évitant la suraccumulation d’une seule devise.
Doute sur la dédollarisation et menace de Trump à 100% de droits de douane
Cette proposition, menée par l’Inde, est particulièrement sensible dans le contexte géopolitique mondial actuel, étant perçue comme une étape majeure vers la « dédollarisation ». Bien que la Banque centrale indienne ait insisté à plusieurs reprises sur le fait que l’objectif principal de la connexion CBDC est d’améliorer « l’efficacité des paiements » et non de renverser la position du dollar, ni d’être idéologiquement anti-américain, il est indéniable que cette démarche confère aux BRICS une plus grande résilience face aux sanctions occidentales et aux blocages financiers.
Ce « positionnement technique de couverture » intervient à un moment où l’incertitude internationale est forte. Après avoir été exclue du système SWIFT suite à la guerre en Ukraine, la Russie cherche à contourner le système occidental. La Chine, également sous menace de sanctions américaines, voit dans cette initiative une opportunité stratégique. La création d’un réseau de paiement indépendant de l’Occident devient une nécessité stratégique.
Cependant, cette démarche « visant à contourner le dollar » a déjà alerté Washington. Trump a plusieurs fois accusé le groupe des BRICS d’avoir une « tendance anti-américaine » et a menacé d’imposer des droits de douane punitifs à 100 % si ses membres tentaient d’éviter le dollar. Dans ce contexte de tension, la Banque centrale indienne a adopté un ton très prudent, insistant sur le fait que cette initiative est une « simple avancée technologique » visant à faciliter le commerce et le tourisme, et non une attaque contre le dollar, pour minimiser les frictions avec les États-Unis.
Les menaces tarifaires de Trump ne sont pas vaines. Les États-Unis ont déjà imposé de sévères sanctions financières à l’Iran, au Venezuela, et d’autres pays. L’Inde, en tant que partenaire commercial clé des États-Unis, doit jongler entre la promotion du projet CBDC des BRICS et la préservation de ses relations avec Washington. La stratégie indienne consiste à présenter cette plateforme comme ouverte, non exclusive, et à envisager à terme la participation d’autres pays.
e-Rupee, un pilier pour la CBDC face aux stablecoins
Sur le marché intérieur, le développement de la monnaie numérique souveraine indienne a connu des progrès significatifs. Depuis le lancement du pilote de la e-Rupee en décembre 2022, plus de 7 millions d’utilisateurs individuels l’ont adoptée, et la Banque centrale indienne étend activement ses cas d’usage via le paiement hors ligne, la redistribution de subventions gouvernementales (Programmability), etc. Parallèlement, la Chine poursuit ses efforts pour internationaliser le yuan numérique (e-CNY).
Ce fort accent sur la souveraineté numérique n’est pas seulement une question d’efficacité, mais aussi une réponse aux défis posés par les stablecoins et autres cryptomonnaies privées. Le vice-gouverneur de la Banque centrale indienne, T. Rabi Sankar, a récemment critiqué violemment les stablecoins, affirmant qu’ils sont intrinsèquement instables, manquent de garantie souveraine, et pourraient, en cas de diffusion à grande échelle, menacer la stabilité monétaire nationale, la politique fiscale, voire servir au blanchiment d’argent et à l’évasion réglementaire.
En revanche, la CBDC est perçue comme un moyen plus sûr, réglementé, et doté d’une valeur unique. En promouvant la connexion internationale des CBDC lors du sommet de 2026, l’Inde prépare non seulement l’intégration économique des BRICS, mais aussi la création d’un nouveau système financier numérique, piloté par les gouvernements, indépendant du système occidental, pour les pays du Sud (Global South).
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L'Inde relie la monnaie numérique de la banque centrale (CBDC) des pays BRICS pour défier le dollar américain ! Trump menace de riposter avec une taxe douanière de 100%
L’Inde se prépare à ce que la proposition officielle de la banque centrale d’intégrer « l’interconnexion CBDC des BRICS » devienne un point central du sommet de 2026, dans le but de simplifier le commerce transfrontalier et les paiements touristiques via une passerelle de monnaie numérique, en évitant les frais élevés du réseau SWIFT. La e-Rupee indienne a déjà accumulé plus de 7 millions d’utilisateurs, et les 9 pays des BRICS sont tous en phase pilote. Cependant, cette initiative est perçue comme une stratégie de « dédollarisation », Trump ayant déjà menacé d’imposer des droits de douane punitifs à 100 %, ce qui intensifie la rivalité géopolitique.
L’Inde organise le sommet 2026 pour promouvoir une passerelle CBDC transfrontalière
Selon Reuters, alors que le sommet des BRICS de 2026 approche en Inde, la banque centrale indienne a officiellement soumis une recommandation au gouvernement pour inclure « la connexion des banques centrales des membres des BRICS via leur CBDC » dans l’ordre du jour principal. Cette proposition vise à utiliser l’interopérabilité des monnaies numériques pour simplifier le règlement des échanges transfrontaliers et les paiements touristiques entre les pays membres, rendant les flux financiers plus rapides et moins coûteux.
Si cette proposition recueille l’accord des chefs d’État, ce sera la première fois que le groupe des BRICS poussera officiellement à la création d’un cadre unifié de connexion des monnaies numériques, marquant une étape clé dans la souveraineté des actifs numériques sur les marchés émergents. Cette initiative ne sort pas de nulle part, mais s’appuie sur un consensus atteint lors du sommet de Rio de Janeiro en 2025, où les membres ont juré d’améliorer l’interopérabilité des systèmes de paiement.
La Banque centrale indienne estime qu’en connectant les CBDC officielles des pays, il sera possible de contourner la complexité et les coûts élevés du système bancaire correspondant (Correspondent Banking). Pour les importateurs, exportateurs et même les touristes transfrontaliers, cela pourrait offrir une expérience de règlement quasi instantanée et à faible coût. Les principaux membres des BRICS — Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud — ainsi que les nouveaux entrants Arabie Saoudite, Iran, Égypte et Indonésie, totalisant 9 pays, ont tous lancé des phases pilotes pour leur CBDC. Bien que non encore commercialisées à grande échelle, la mise en place de cette infrastructure technologique est devenue une priorité.
L’avantage central de cette interconnexion numérique réside dans l’efficacité et la réduction des coûts. Le paiement transfrontalier traditionnel implique plusieurs banques intermédiaires, chacune prenant une commission et nécessitant plusieurs jours pour la liquidation. La passerelle CBDC proposée par l’Inde permettrait aux banques centrales de se connecter directement, rendant la transaction presque instantanée et à très faible coût. Pour les PME et les voyageurs, cette évolution pourrait être révolutionnaire.
Défis techniques et solutions d’échange de devises
Malgré la vision ambitieuse, la mise en œuvre de la connexion des CBDC de 9 pays ou plus pose d’importants défis techniques et réglementaires. Selon des sources proches du dossier, la réticence de certains membres à adopter la plateforme technologique d’autres pourrait ralentir le processus, nécessitant un consensus élevé sur les normes techniques, la gouvernance et les accords de règlement.
La technologie du yuan numérique (e-CNY) est la plus avancée, suivie par la e-Rupee indienne, mais le développement des CBDC dans d’autres pays est inégal. La complexité réside aussi dans les différences de positions concernant la souveraineté des données, la protection de la vie privée et les pouvoirs réglementaires. La Banque centrale indienne cherche à promouvoir une norme technologique neutre, permettant à chaque pays de conserver l’indépendance de son système tout en assurant l’interopérabilité via des interfaces standardisées.
Pour pallier les déséquilibres commerciaux pouvant entraîner des problèmes de liquidité, une solution en cours de discussion est la création d’un mécanisme d’« échange de devises en bilateral » (Foreign Exchange Swap) entre banques centrales. Ce dispositif permettrait, en cas de déséquilibre marqué dans la liquidation en monnaie locale, d’ajuster les positions via des contrats d’échange, avec des règlements nets périodiques (hebdomadaires ou mensuels).
Ce mécanisme s’inspire des leçons du passé. Lors de l’expansion du commerce en monnaie locale entre l’Inde et la Russie, la Russie a accumulé des milliards de roupies (Rupee) difficiles à utiliser sur le marché international, ce qui a bloqué la liquidation. L’Inde a finalement dû autoriser la Russie à investir ces fonds dans des obligations indiennes. En combinant CBDC et contrats de règlement automatisés, les BRICS espèrent optimiser cette voie de règlement en monnaie locale, évitant ainsi la stagnation des fonds et les risques de change.
Le principe est que, lorsque l’Inde exporte beaucoup plus vers la Chine qu’elle n’importe, la Chine accumule des quantités importantes de roupies numériques. Les banques centrales peuvent alors activer un accord d’échange, convertissant ces roupies numériques en yuan numérique, avec un règlement net périodique. Ce mécanisme conserve les avantages du règlement en monnaie locale tout en évitant la suraccumulation d’une seule devise.
Doute sur la dédollarisation et menace de Trump à 100% de droits de douane
Cette proposition, menée par l’Inde, est particulièrement sensible dans le contexte géopolitique mondial actuel, étant perçue comme une étape majeure vers la « dédollarisation ». Bien que la Banque centrale indienne ait insisté à plusieurs reprises sur le fait que l’objectif principal de la connexion CBDC est d’améliorer « l’efficacité des paiements » et non de renverser la position du dollar, ni d’être idéologiquement anti-américain, il est indéniable que cette démarche confère aux BRICS une plus grande résilience face aux sanctions occidentales et aux blocages financiers.
Ce « positionnement technique de couverture » intervient à un moment où l’incertitude internationale est forte. Après avoir été exclue du système SWIFT suite à la guerre en Ukraine, la Russie cherche à contourner le système occidental. La Chine, également sous menace de sanctions américaines, voit dans cette initiative une opportunité stratégique. La création d’un réseau de paiement indépendant de l’Occident devient une nécessité stratégique.
Cependant, cette démarche « visant à contourner le dollar » a déjà alerté Washington. Trump a plusieurs fois accusé le groupe des BRICS d’avoir une « tendance anti-américaine » et a menacé d’imposer des droits de douane punitifs à 100 % si ses membres tentaient d’éviter le dollar. Dans ce contexte de tension, la Banque centrale indienne a adopté un ton très prudent, insistant sur le fait que cette initiative est une « simple avancée technologique » visant à faciliter le commerce et le tourisme, et non une attaque contre le dollar, pour minimiser les frictions avec les États-Unis.
Les menaces tarifaires de Trump ne sont pas vaines. Les États-Unis ont déjà imposé de sévères sanctions financières à l’Iran, au Venezuela, et d’autres pays. L’Inde, en tant que partenaire commercial clé des États-Unis, doit jongler entre la promotion du projet CBDC des BRICS et la préservation de ses relations avec Washington. La stratégie indienne consiste à présenter cette plateforme comme ouverte, non exclusive, et à envisager à terme la participation d’autres pays.
e-Rupee, un pilier pour la CBDC face aux stablecoins
Sur le marché intérieur, le développement de la monnaie numérique souveraine indienne a connu des progrès significatifs. Depuis le lancement du pilote de la e-Rupee en décembre 2022, plus de 7 millions d’utilisateurs individuels l’ont adoptée, et la Banque centrale indienne étend activement ses cas d’usage via le paiement hors ligne, la redistribution de subventions gouvernementales (Programmability), etc. Parallèlement, la Chine poursuit ses efforts pour internationaliser le yuan numérique (e-CNY).
Ce fort accent sur la souveraineté numérique n’est pas seulement une question d’efficacité, mais aussi une réponse aux défis posés par les stablecoins et autres cryptomonnaies privées. Le vice-gouverneur de la Banque centrale indienne, T. Rabi Sankar, a récemment critiqué violemment les stablecoins, affirmant qu’ils sont intrinsèquement instables, manquent de garantie souveraine, et pourraient, en cas de diffusion à grande échelle, menacer la stabilité monétaire nationale, la politique fiscale, voire servir au blanchiment d’argent et à l’évasion réglementaire.
En revanche, la CBDC est perçue comme un moyen plus sûr, réglementé, et doté d’une valeur unique. En promouvant la connexion internationale des CBDC lors du sommet de 2026, l’Inde prépare non seulement l’intégration économique des BRICS, mais aussi la création d’un nouveau système financier numérique, piloté par les gouvernements, indépendant du système occidental, pour les pays du Sud (Global South).