Leçon 3

Commencer avec Ethereum : comment les Smart Contracts ont tout transformé

Cette leçon montre comment les Smart Contracts intègrent des règles dans le code, ce qui permet l’apparition d’applications comme DeFi et NFT, et transforme Web3 d’un simple réseau d’actifs en un véritable réseau d’applications.

I. Les actifs seuls ne suffisent pas — l’essentiel réside dans l’utilisation des actifs

Dans la leçon précédente, nous avons présenté le système de comptes de Web3 : les utilisateurs contrôlent leurs actifs grâce à une clé privée, et les portefeuilles servent essentiellement d’outils de signature.

Mais si Web3 se limite à la simple détention d’actifs, son intérêt reste en réalité assez restreint.

La question essentielle est donc : que peut-on faire d’autre avec des actifs, au-delà de leur transfert ?

Dans la conception de Bitcoin, les fonctionnalités sont relativement simples :

  • Transferts
  • Réserve de valeur

Bitcoin résout la question de la propriété des actifs numériques, mais n’offre pas de capacités d’interaction avancées. Ce qui a véritablement permis à Web3 de passer à l’étape suivante, c’est l’apparition d’Ethereum.

II. Ethereum a accompli une avancée décisive : inscrire les règles sur la blockchain

Source : page du smart contract du stablecoin Tether

L’innovation majeure d’Ethereum se résume en une phrase : inscrire des programmes dans la blockchain. Ces programmes sont appelés smart contracts.

Mais il est important de préciser : les smart contracts ne sont pas réellement “intelligents” — il s’agit de code déterministe exécuté sur la blockchain.

Leur force ne réside pas dans l’intelligence, mais dans les points suivants :

  • Vérifiables (tout le monde peut consulter le code)
  • Exécutables (exécutés collectivement par les nœuds du réseau)
  • Indépendants d’une entité unique (pas de serveur centralisé)

La logique de base peut se résumer ainsi : si certaines conditions sont réunies → les règles prédéfinies s’exécutent automatiquement

Par exemple :

  • Si A envoie des fonds au contrat
  • Alors le contrat envoie automatiquement un token spécifique à A

Ce processus ne nécessite pas :

  • D’intermédiaire
  • De validation manuelle
  • De garantie de crédit

En somme, c’est la première fois que l’exécution des règles passe des institutions au système lui-même.

III. Que signifient les smart contracts : des règles appliquées par des personnes aux règles appliquées automatiquement

Dans les systèmes traditionnels, les règles ne s’exécutent pas d’elles-mêmes — leur application dépend d’institutions :

  • Les banques assurent la tenue des comptes et les transferts
  • Les plateformes d’échange réalisent la confrontation des ordres
  • Les plateformes gèrent la validation et le contrôle du risque

Les règles existent, mais leur application dépend de personnes et d’organisations.

Dans un système de smart contract, un changement fondamental s’opère : règles = code = exécution en elle-même

Les règles sont inscrites directement sur la blockchain et sont automatiquement déclenchées et exécutées par le réseau blockchain.

Trois changements structurels en découlent :

  • Plus besoin de faire confiance à des intermédiaires : l’utilisateur n’a plus à s’inquiéter de la fiabilité d’une institution, mais seulement de la justesse du code.
  • Exécution automatique : une fois les conditions réunies, l’exécution est obligatoire, jamais “optionnelle”.
  • Immuabilité : une fois un contrat déployé, sa logique principale ne peut généralement pas être modifiée arbitrairement (sauf si des droits de mise à jour sont prévus).

En résumé, les smart contracts remplacent les institutions par du code et la confiance par des algorithmes.

IV. Pourquoi les smart contracts sont un tournant pour Web3

Si Bitcoin a permis la mise en blockchain des actifs,

Ethereum a permis la mise en blockchain de la logique.

La différence : la capacité fondamentale de BTC est d’enregistrer “qui possède quoi”, alors que celle d’ETH est de définir comment les actifs fonctionnent.

La blockchain est ainsi passée du statut de simple registre à celui de système d’exploitation.

Grâce aux smart contracts, Web3 dispose enfin d’une couche applicative.

Parmi les exemples :

  • Échanges décentralisés (DEX)
  • Protocoles de prêt
  • Marchés NFT
  • Actifs de jeux on-chain

Il ne s’agit plus seulement d’actifs, mais de combinaisons d’actifs, de règles et de logique comportementale.

V. Pourquoi la DeFi a émergé

La conséquence la plus directe des smart contracts est la DeFi (finance décentralisée). Dans la finance traditionnelle, les fonctions clés reposent sur des institutions :

  • Dépôts → banques
  • Prêt → banques / agences de crédit
  • Trading → plateformes d’échange
  • Produits dérivés → brokers / market makers

Dans la DeFi, ces fonctions sont totalement modularisées et contractualisées :

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Fonction financière

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Implémentation DeFi

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| —- | —- |
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Dépôts

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Contrats de pool de liquidité

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Prêt

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Logique de collatéral et de liquidation

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Trading

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Automated Market Making (AMM)

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Taux d’intérêt

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Ajustement algorithmique dynamique

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L’enjeu n’est pas simplement de passer en ligne, mais de décomposer les fonctions financières en modules de code composables. Ainsi, la DeFi ne se contente pas de copier la finance traditionnelle : elle reconstruit la structure financière grâce au code.

VI. “Code is law” : une arme à double tranchant

Les smart contracts augmentent l’efficacité, mais introduisent aussi de nouveaux risques systémiques. Dans Web3, le code fait loi — si le code échoue, la règle échoue aussi.

Les risques fréquents sont notamment :

  • Vulnérabilités des contrats (vecteurs d’attaque)
  • Défauts de conception logique (par exemple, mécanismes de liquidation défaillants)
  • Erreurs de gestion des permissions (abus d’administration)
  • Backdoors ou fonctions cachées

Contrairement aux systèmes traditionnels :

  • Il n’existe pas de filet de sécurité par intervention humaine
  • Les retours en arrière d’urgence sont complexes
  • Les erreurs sont automatiquement exécutées

VII. Les utilisateurs appellent réellement des contrats

La plupart des utilisateurs pensent simplement utiliser une app lorsqu’ils interagissent avec Web3. En réalité, ils appellent des smart contracts.

Par exemple :

  • Trader sur un DEX
  • Déposer des tokens dans la DeFi pour générer du rendement
  • Mint d’un NFT

Le processus sous-jacent est le suivant :

  1. Envoyer une requête à un contrat
  2. Signer avec une clé privée
  3. La blockchain vérifie et exécute la logique

L’interface utilisateur (UI) n’est qu’une visualisation des appels de contrat. Les utilisateurs n’utilisent pas un produit, ils interagissent avec un protocole.

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