Une entité offshore peu connue s’est lancée dans l’arène des fonds négociés en bourse (ETF) sur Bitcoin au comptant, avec une position de 436 millions de dollars, devenant instantanément l’un des plus grands nouveaux actionnaires institutionnels du Blackrock Ishares Bitcoin Trust (IBIT).
Selon un formulaire 13F-HR déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis le 28 janvier 2026, Laurore Ltd. a déclaré posséder 8 786 279 actions de l’IBIT au 31 décembre 2025, d’une valeur de 436 238 752 dollars à cette date. Le dépôt marque la première et unique détention déclarée par la société, rendant cette mise de fonds à la fois délibérée et fortement concentrée.
Laurore Ltd. est incorporée aux îles Vierges britanniques (BVI) et possède une adresse commerciale à Hong Kong, dans les tours de bureaux du district de Central. Au-delà, le profil de l’entreprise est mince. Pas de site web public, pas de divulgations d’investissements antérieurs, ni d’historique opérationnel visible accompagnent le dépôt. Son identifiant dans l’index central, 0002082507, ne montre qu’une seule entrée 13F et peu d’autres informations.

Le formulaire 13F indique que Laurore exerce seule la discrétion d’investissement et l’autorité de vote exclusive sur l’ensemble de la position dans l’IBIT. Aucun gestionnaire partagé. Aucun portefeuille diversifié. Juste un ETF, et un de taille considérable.
Au moment du dépôt, la valorisation reflétait le prix de clôture de l’IBIT à la fin de l’année 2025. Avec des actions négociant près de 38 dollars début 2026, la valeur de marché de la participation serait plus proche de 334 millions de dollars, impliquant une perte latente d’environ 102 millions de dollars si la position restait inchangée. Ce décalage reflète la baisse plus large du bitcoin au cours du quatrième trimestre, d’environ 23 % à 24 % en 2025.
En 2026, l’actif cryptographique principal a encore perdu 20 % face au dollar. Le contexte est crucial. Alors que le bitcoin s’est refroidi au quatrième trimestre et au début de 2026, la détention institutionnelle d’ETF au comptant a perduré. Globalement, l’IBIT compte environ 384 millions d’actions détenues par 1 690 entités, représentant une part importante des actifs sous gestion du fonds (AUM). En d’autres termes, même si l’action du prix a vacillé, les institutions ont continué à investir.
La structure de Laurore a suscité des spéculations. L’incorporation offshore aux îles Vierges britanniques, associée à une adresse à Hong Kong, ressemble à un véhicule d’accès transfrontalier classique. Les analystes et observateurs du marché ont évoqué la possibilité que de telles structures permettent à des capitaux provenant de régions avec des restrictions directes sur la cryptographie d’accéder à des produits réglementés américains.
Cependant, il n’existe aucune preuve directe liant Laurore à une quelconque échappatoire juridique spécifique, mais l’opacité a alimenté le débat sur les réseaux sociaux. Le dépôt a été signé par le directeur Zhang Hui, un nom extrêmement courant qui offre peu d’indices sur la propriété bénéficiaire. Cette anonymat, combinée à un portefeuille d’actifs unique, a conduit certains à qualifier Laurore moins de gestionnaire d’actifs traditionnel et plus de conduit d’accès au bitcoin conçu à cet effet.
Par ailleurs, la base d’actionnaires plus large de l’IBIT ressemble à un who’s who de la finance institutionnelle. Millennium Management, Jane Street, Susquehanna International Group, Citadel Advisors, ainsi que des entités liées à des souverains comme Mubadala Investment Company détiennent tous des positions importantes. En dehors des acteurs habituels, l’entrée de Laurore se distingue comme la nouvelle addition la plus significative au quatrième trimestre.
Le timing est notable. La structure du marché du bitcoin à la fin de 2025 évoquait celle de fin 2022, avec des analystes décrivant une consolidation prolongée et un sentiment prudent. Pourtant, Laurore n’a pas hésité ; elle a tout misé. Une allocation unique à neuf chiffres dans un ETF en période de déclin témoigne soit d’une forte conviction, soit d’un positionnement stratégique — peut-être les deux.
Les discussions sur les réseaux sociaux ont amplifié l’intrigue. Certains utilisateurs ont estimé que cette participation équivaut à une exposition indirecte à environ 4 984 BTC, à un prix moyen d’acquisition d’environ 87 500 dollars par pièce, en se basant sur les équivalents d’actions et la structure du fonds. D’autres y voient un signal que le capital offshore continue de rechercher une exposition réglementée au bitcoin malgré les contraintes politiques dans certaines juridictions.
En fin de compte, la position de Laurore Ltd. dans l’IBIT met en lumière deux thèmes qui façonnent l’ère des ETF : l’appétit croissant à l’échelle mondiale pour un accès réglementé au bitcoin et l’opacité persistante autour de certains flux de capitaux. Que Laurore s’avère être un détenteur à long terme ou un entrant tactique reste à voir. Pour l’instant, elle a planté un drapeau massif et indélébile dans l’un des véhicules bitcoin les plus surveillés du marché.
Laurore Ltd. est une entité incorporée aux îles Vierges britanniques, avec une adresse à Hong Kong, qui a déclaré une participation de 8,79 millions d’actions dans l’IBIT.
La société a déclaré détenir pour 436,2 millions de dollars d’actions IBIT au 31 décembre 2025.
Oui, le dépôt 13F liste l’IBIT comme son seul actif divulgué.
Parce que la structure offshore de Laurore et sa mise concentrée ont alimenté les spéculations sur un capital transfrontalier cherchant une exposition réglementée au Bitcoin.
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