Les étudiants diplômés de l’Université de Taiwan et l’Académie chinoise des sciences sociales ont collecté des données publiques du ministère de la Justice, analysé vingt-trois affaires pénales liées aux énergies renouvelables et publié une thèse. Ils ont organisé les incidents criminels dans le secteur des énergies renouvelables à Taiwan. Le rapport indique que le terme « blattes de l’électricité verte » utilisé par les médias et le parquet ne désigne pas uniquement les acteurs du secteur énergétique, mais englobe un réseau criminel structurel composé de fonctionnaires de base, de mafieux et de quelques spéculateurs. La thèse conclut également sur les moyens de réformer un environnement vert de mauvaise qualité, afin de réduire les dommages que les « blattes de l’électricité verte » causent au développement énergétique de Taiwan.
« Les blattes de l’électricité verte » prolifèrent massivement grâce à une énergie propre et verte
Les infrastructures d’énergie renouvelable présentent des avantages en termes de faible émission de carbone, de renouvelabilité et de coûts à long terme. Elles sont considérées comme une infrastructure clé pour atteindre la neutralité carbone mondiale. Cependant, cette forte demande a également créé un espace criminel émergent. Selon la perspective de la « criminologie verte » dans la thèse, lorsque les politiques d’énergie propre et verte rencontrent des flux importants de capitaux, de terres et de pouvoir administratif, des crimes tels que la fraude, la corruption des fonctionnaires, la corruption et l’intimidation par la mafia prospèrent. Les intérêts énormes deviennent la nourriture des blattes de l’électricité verte, qu’ils nourrissent abondamment. La construction d’infrastructures vertes à Taiwan est gravement en retard, ce qui affecte les droits de tous les citoyens.
Les trois principales méthodes criminelles des blattes de l’électricité verte
Les blattes de l’électricité verte ont trois modes principaux de criminalité. La première est la « fraude à l’investissement », souvent menée par des « startups » prétendant être dans le secteur des énergies renouvelables, diffusant de fausses informations pour tromper les investisseurs ou obtenir des subventions. Ces affaires sont généralement traitées comme des crimes financiers ou commerciaux. La deuxième concerne la « corruption », incluant la détournement de pouvoir par des fonctionnaires et la corruption impliquant des relations entre officiels et entreprises. Il est important de noter que la majorité des impliqués sont des « fonctionnaires de base » et que la criminalité est fortement concentrée au niveau des « villages et communes », ce qui indique que la corruption ne provient pas des hautes sphères, mais du niveau local. La troisième concerne l’intimidation par la mafia, qui bloque directement les routes et les terres pour extorquer des frais de protection ou voler l’argent des victimes par la violence.
Les développeurs d’énergie ne sont pas les auteurs, mais plutôt les cibles de chantages par la mafia et les intérêts locaux
La recherche renverse l’idée courante selon laquelle « les développeurs d’énergie sont les agresseurs ». Dans la majorité des cas, ce sont plutôt ces entreprises qui sont victimes de chantages de la part de factions locales, de fonctionnaires ou de mafieux. Elles sont contraintes de payer des commissions, des dons ou de faire transiter des bénéfices par des intermédiaires pour obtenir des facilités d’utilisation des terres, des approbations administratives ou un accès au réseau électrique. Cela reflète la faiblesse de la gouvernance locale, le jeu politique de factions et la criminalité organisée, qui deviennent un terreau fertile pour la prolifération des « blattes de l’électricité verte ».
D’un point de vue structurel, la recherche identifie deux incitations institutionnelles clés. La première est la « distribution et régulation de l’utilisation des terres », car l’énergie renouvelable nécessite de vastes terres dispersées, notamment dans les zones rurales ou peu peuplées, où les gouvernements locaux et les fonctionnaires de base détiennent un contrôle élevé, devenant ainsi des cibles de chantage. La seconde est le système de « subventions tarifaires pour l’injection dans le réseau » (FIT). Bien que ce tarif stable et subventionné stimule l’investissement, il transforme également les permis de développement en « concessions » monnayables, attirant ainsi de nombreux « blattes » de l’électricité verte pour s’en partager les bénéfices.
Ces crimes environnementaux causent non seulement des pertes financières, mais érodent également la confiance publique, alimentent le mécontentement social envers l’énergie renouvelable, et deviennent même un outil pour certains partis politiques pour attaquer l’inefficacité des politiques de transition énergétique. Cela intensifie les oppositions entre le parti au pouvoir, l’opposition et la société civile. Ce chaos, sous prétexte de « vert », dissimule en réalité une fraude et une corruption, affaiblissant la légitimité des politiques de développement des énergies vertes, décourageant les développeurs légitimes et empêchant Taiwan de poursuivre un développement durable des énergies renouvelables.
Comment éliminer les « petites blattes » de l’électricité verte ?
Pour éliminer ces « petites blattes », le rapport recommande de rendre toutes les informations sur l’électricité verte accessibles en ligne, de reprendre le contrôle local et de centraliser la gestion au niveau national. Il propose de créer un système en ligne où tous les fonds seraient rendus publics et transparents pour permettre une surveillance par la société. La bonne intention de l’énergie propre et verte est entachée par des failles dans le système et la gouvernance. Seule une amélioration du cadre juridique, la construction de mécanismes de transparence et de concurrence équitable peuvent empêcher la prolifération continue des « blattes de l’électricité verte » et préserver le développement énergétique de Taiwan.