La conflit en cours au Moyen-Orient a rapidement intensifié l’anxiété des investisseurs. À l’ouverture des marchés asiatiques, les traders ont renforcé leur demande pour des actifs refuges tels que le dollar américain, l’or et le franc suisse. Le marché est actuellement très attentif à la situation du trafic maritime dans le détroit d’Hormuz, toute interruption pouvant entraîner une volatilité des prix du pétrole à l’international. Si les prix de l’énergie continuent de monter, cela augmentera non seulement les coûts opérationnels des entreprises, mais pourrait aussi exercer une pression inflationniste sur l’économie mondiale. Comment les investisseurs devraient-ils alors ajuster leur portefeuille face à cette situation ?
Transfert de fonds vers des actifs refuges traditionnels
L’élargissement du conflit au Moyen-Orient accroît l’incertitude du marché. De nombreux établissements financiers adoptent une stratégie de « première protection » car les attaques et les représailles iraniennes dépassent leurs prévisions. Lors des récentes transactions, le dollar américain s’est renforcé, et le franc suisse a également progressé face aux principales monnaies. La demande pour ces actifs refuges reflète les inquiétudes du marché quant à la surévaluation des marchés boursiers mondiaux. Face aux risques géopolitiques, les gestionnaires réduisent leur exposition au risque, et l’or ainsi que les obligations d’État deviennent des refuges importants pour les capitaux.
Inquiétudes sur l’approvisionnement en énergie et la pression inflationniste
Le principal risque macroéconomique de ce conflit concerne la sécurité du transport dans le détroit d’Hormuz, qui transporte environ un quart du commerce mondial de pétrole brut par mer. Selon les évaluations du marché, si la navigation est perturbée, les prix du pétrole pourraient augmenter de 5 % à 10 % à court terme. La hausse des prix de l’énergie entraînera une augmentation directe des coûts de production et de logistique, provoquant une pression inflationniste mondiale. Pour les marchés émergents fortement dépendants des importations d’énergie, des prix du pétrole élevés élargiront leur déficit du compte courant et réduiront leur revenu réel, risquant de provoquer une stagflation — une situation où la croissance économique stagne tout en les prix augmentent.
Rotation sectorielle en bourse et défis pour la politique des banques centrales
Dans un contexte de conflit géopolitique et de prix élevés du pétrole, les marchés boursiers mondiaux subissent une revalorisation différenciée. Certains secteurs comme l’énergie, les métaux, la défense et les services publics résistent mieux, tandis que les secteurs dépendants de la consommation, comme la vente au détail et l’aéronautique, sont plus vulnérables à la hausse des coûts. De plus, si les prix du pétrole restent élevés à long terme, la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait se retrouver dans une position difficile pour concilier lutte contre l’inflation et soutien à l’économie. Une politique monétaire restrictive pourrait également faire fluctuer la courbe des rendements obligataires mondiaux. En somme, l’impact à long terme de ces événements géopolitiques dépendra de la véritable interruption de l’approvisionnement énergétique.
Le Bitcoin est-il une échappatoire ou un actif à haut risque ?
Après l’annonce du conflit samedi, le prix du Bitcoin est passé de 65 000 à 63 000 dollars, mais a rebondi fortement dimanche, dépassant brièvement 68 000 dollars avec une hausse de plus de 2 %, avant de redescendre à 66 000 dollars avant la clôture. Face à la demande de protection et de retrait, le Bitcoin sera-t-il cette fois une échappatoire ou un actif à haut risque ?
(Bitcoin, échappatoire en cas de conflit ? La flambée à 68K suite aux hostilités au Moyen-Orient)
La Bourse d’Abu Dhabi et le marché financier de Dubaï sont fermés deux jours
L’Autorité des marchés financiers des Émirats arabes unis a annoncé que la Bourse d’Abu Dhabi et le marché financier de Dubaï seront fermés les 2 et 3 mars pour éviter un effondrement potentiel suite aux représailles possibles après les attaques de l’Iran contre les États-Unis et Israël.
Depuis samedi matin, Dubaï et Abu Dhabi ont été la cible de centaines de missiles et de drones iraniens. Bien que la majorité des attaques aient été interceptées, ces incidents ont provoqué la panique parmi la population et représentent une menace majeure pour l’économie des Émirats, ainsi que pour leur position en tant que centre stable de finance, de logistique et de tourisme.
La capitalisation totale de la Bourse d’Abu Dhabi atteint 1,1 billion de dollars, ce qui la place au 19e rang mondial. Son poids dans l’indice MSCI des marchés émergents est de 1,4 %. Selon Bloomberg, cette fermeture n’est pas courante : en dehors des jours fériés réguliers, la Bourse d’Abu Dhabi ferme généralement uniquement lors des périodes de deuil national.
Ce texte, intitulé « La géopolitique au Moyen-Orient stimule la demande de refuges, quels sont les actifs défensifs ? », a été initialement publié par Chain News ABMedia.
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