
Les comités des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis ont organisé mercredi une audition sur « l’avenir de la tokenisation et des valeurs mobilières : modernisation des marchés de capitaux ». Parallèlement, le président de la SEC, Paul Atkins, a annoncé que l’agence allait prochainement solliciter l’avis du public sur une série de sujets, dont une « exemption innovante » proposée, qui pourrait servir de sandbox réglementaire pour les actifs en chaîne. Les législateurs montrent des divergences marquées quant à l’équilibre entre modernisation réglementaire et protection des investisseurs.
Au cours des derniers mois, la SEC a lancé une série d’actions politiques liées à la tokenisation. En décembre dernier, la SEC a autorisé la DTCC (Depository Trust & Clearing Corporation) à tokeniser certains actifs à haute liquidité sur une blockchain préapprouvée, pour une période de trois ans. Récemment, la SEC a également approuvé une modification réglementaire permettant à Nasdaq de soutenir la négociation d’actions tokenisées, tandis que la Bourse de New York (NYSE) a annoncé développer une plateforme de négociation 24/7 supportant la négociation de valeurs mobilières tokenisées et le règlement en chaîne.
Dans ce contexte, l’« exemption innovante » proposée par Atkins suscite beaucoup d’attention — ce mécanisme permettrait aux acteurs d’expérimenter des solutions de tokenisation sous certaines conditions, semblable à un sandbox réglementaire, visant à offrir un espace de test réglementé pour l’innovation financière en chaîne.
Andy Barr (Républicain, Kentucky) : Soutien clair, déclarant « sans aucun doute, la tokenisation des valeurs mobilières arrive, nous devons moderniser tout en maintenant les standards de protection des investisseurs et en assurant que les États-Unis restent à la pointe ».
Brad Sherman (Démocrate, Californie) : Questionne l’absence d’un processus législatif pour l’exemption, craignant la création d’un « marché à deux niveaux » permettant aux valeurs mobilières tokenisées d’échapper aux réglementations fondamentales.
Maxine Waters (Démocrate, Californie) : Pense que la tokenisation peut améliorer l’efficacité et élargir la participation mondiale, mais met en garde contre l’utilisation de la technologie à des fins prédatrices, en se référant à la crise financière de 2008. Elle souligne aussi que Trump aurait des conflits d’intérêts dans le domaine des cryptomonnaies — Bloomberg estime qu’il aurait tiré environ 1,4 milliard de dollars de ses investissements en cryptomonnaies.
Kenneth Bentsen Jr., président de la Securities Industry and Financial Markets Association (SIFMA), représentant des institutions financières traditionnelles, a déclaré lors de l’audition que l’industrie soutient « le développement dans le cadre juridique et réglementaire existant », tout en continuant de faire pression sur la SEC pour qu’elle privilégie la consultation publique plutôt que l’octroi direct d’exemptions pour faire avancer la réforme.
Summer Mersinger, directrice exécutive de la Blockchain Association, a souligné l’urgence réglementaire : « Si nous ne pouvons pas établir un cadre clair, l’innovation dans ce domaine continuera, mais se produira à l’étranger, et les États-Unis seront en retard. »
Ces deux positions représentent deux voix principales dans l’industrie : le secteur financier traditionnel prône une approche prudente et progressive, tandis que l’écosystème crypto insiste sur la rapidité et la certitude.
L’« exemption innovante » est un mécanisme proposé par le président de la SEC, Atkins, permettant aux acteurs d’expérimenter des solutions de valeurs mobilières tokenisées basées sur la blockchain sous certaines conditions. Semblable à un sandbox réglementaire, elle vise à offrir un espace d’expérimentation réglementé, différencié du cadre complet des lois sur les valeurs mobilières en vigueur.
Les préoccupations majeures incluent : la création potentielle d’un « marché à deux niveaux » permettant aux valeurs mobilières tokenisées d’échapper à la réglementation essentielle ; le manque de légitimité démocratique de l’octroi d’exemptions sans processus législatif ; et l’histoire financière montrant que des innovations technologiques ont été utilisées à des fins prédatrices. Certains députés démocrates s’inquiètent aussi des conflits d’intérêts de certains responsables gouvernementaux — Bloomberg estime que Trump aurait réalisé environ 1,4 milliard de dollars de profits issus de ses investissements en cryptomonnaies.
La Blockchain Association indique qu’un manque de cadre réglementaire clair pourrait pousser l’innovation en matière de tokenisation à l’étranger, faisant perdre aux États-Unis leur avantage stratégique dans le domaine des infrastructures financières en chaîne. De leur côté, la SIFMA insiste sur le fait que tout cadre réglementaire pour la tokenisation doit reposer sur une consultation publique transparente, afin d’assurer la stabilité à long terme du marché.